Ci-dessus et ci-dessous: Deux Anthrocéridés, Papillons diurnes très répandus et très
connus; leur taille est moyenne, leurs couleurs sont éclatantes. On en trouve en
grand nombre sur les fleurs des champs et des prairies.
Un tout petit Papillon jaunâtre, ayant un centimètre d’envergure, porte le nom de Tordeuse des
grappes (Polychrosis botrana); il cause de graves
dommages aux vignes. Les chenilles de la première génération tordent les fleurs de la vigne
avec leurs fils de soie et se nourrissent des étamines et des pistils; celles de la deuxième génération, naissant de fin juin aux premiers jours de
juillet, s’enfoncent dans la chair des jeunes graines et s’en nourrissent; ce travail acharné se poursuit avec les larves de la troisième génération qui
tissent ensuite leur cocon dans les crevasses de
l’écorce de la vigne pour y passer l’hiver.
Mais la vigne subit aussi l’invasion d’une autre
espèce de la même famille: la Tordeuse du vignoble (Sparganothis pilleriana), petit Papillon ayant
une envergure de deux centimètres environ, jaune
rougeâtre avec trois bandes transversales noires
sur les ailes antérieures. Les oeufs sont petits et
aplatis, et sont pendus en files comme les tuiles
d’un toit, groupés sih la face inférieure des feuilles de vigne. Chaque femelle, de fin juin à fin
millet, en pond jusqu’à quatre cents. Les chenilles
de cette espèce enchevêtrent elles aussi les feuilles, les petites branches et les fleurs, avec des fils
de soie, en tissant ainsi des nids qui leur servent
d’abri et où elles vont se transformer en chrysalides. Pour se déplacer, les chenilles se laissent
pendre des feuilles en s’attachant à de longs fils
de soie.
Les Géléchiidés
La famille des Géléchiidés est très nombreuse
et répandue dans le monde entier; elle comporte
quatre mille espèces. Ces Papillons sont plutôt
petits et n’atteignent pas deux centimètres d’envergure. Ils ont en général une couleur uniforme
allant du blanchâtre au gris; leur activité est
nocturne et ils échappent facilement à l’attention.
Les adultes ont plusieurs autres particularités: les
ailes postérieures sont en forme de trapèze, leur
trompe est très développée, les palpes sont longs
et pointus; ils se nourrissent en général de matières sucrées. Les chenilles sont elles aussi très
ternes, petites, blanchâtres; elles causent de
graves dommages à plusieurs plantes et aux céréales, étant donné leur développement rapide et
par conséquent l’existence de plusieurs générations annuelles.
L’espèce la plus connue, à cause des ravages
qu’elle produit, est Sitotroga cerealella. Les ailes
de ce Papillon, dont l’envergure ne dépasse pas
treize millimètres, sont fines, frangées, grisâtres,
tournant au jaunâtre. Les femelles pondent au
printemps une centaine d’œufs soit dans le sillon
longitudinal des grains de blé ou d’autres céréales entassés dans un entrepôt, soit au grand air,
sur les plantes elles-mêmes, près des épis en formation, ou sur les épis de maïs. Les petites chenilles, d’un blanc laiteux, mesurent huit millimètres; elles s’enfoncent dans les graines sans briser
l’enveloppe. Si l’amidon d’une seule graine ne lui
suffit pas, la chenille passe à une autre graine en
utilisant un tuyau de soie. Lorsqu’elle est prête à
se métamorphoser, la chenille s’enveloppe dans
une graine vidée et tapissée de soie, après avoir
creusé dans sa paroi une sortie en forme de sillon
circulaire. Des cinq générations qui se succèdent,
les deux premières vivent en général en plein air,
alors que les autres effectuent leur cycle dans les
entrepôts et les granges où le blé, dévasté, dégage
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