’Liparus coronatus”, Coléoptère de la famille des Curculionidés; sa tête porte un prolongement plus ou moins long
auquel on donne le nom de rostre.
-,
appelé rostre. De nombreuses espèces ont une
notable importance du point de vue agricole en
raison du préjudice qu’elles portent aux plantes
cultivées dont elles se nourrissent.
La plus grande famille de tout le règne animal
est celle des Curculionidés ou Charançons qui
comprend, répandues dans le monde entier, près
de 40 000 espèces dont les dimensions varient de
deux millimètres à sept ou huit centimètres environ. Ils vivent tous aux dépens des plantes;
aussi leur importance dans l’économie humaine
est-elle énorme.
Habituellement, leur rostre est très visible. Ils
ont une livrée des plus variables, mais leurs couleurs dominantes sont généralement neutres: gris,
jaune soufre, noir, marron, etc.
Les Rhynchitinés comptent parmi les plus intéressants des Curculionidés: longs de quatre à
dix millimètres environ, la plupart sont ornés
de teintes vives où dominent les couleurs métalliques et le rouge vif; ils sont caractérisés par
des antennes droites (Curculionidés orthocères)
alors qu’elles sont angulaires chez d’autres représentants de la famille.
Avec quelques Scarabéidés, ces Coléoptères
sont les seuls à construire un ”nid-buffet” rempli
de réserves alimentaires destinées à leurs larves.
A cet effet, ils utilisent des feuilles d’arbres qu’ils
enroulent en forme de cigare.
Une même espèce peut employer indifféremment différentes essences d’arbres (noisetier, bouleau, peuplier, érable etc.), mais la partie purement mécanique de la construction reste toujours
plus ou moins identique.
Dans le cas le plus simple, la feuille est roulée
sans qu’aucune section y soit pratiquée et une
seule feuille est utilisée pour la construction.
Dans ce cas — celui du Charançon du bouleau
(Byctiscus betulae) — la femelle commence par
faire un pli sur la feuille choisie; elle le confectionne soit en longueur, soit en largeur. Elle
replie le bord de la feuille à l’aide de ses pattes
lorsque celle-ci est particulièrement souple, et,
avec ses mandibules, elle fore une série de trous
alignés les uns derrière les autres, de façon que
la sève qui sort de ces orifices serve de colle et
facilite l’adhérence. Avant de commencer leur
travail, ces Curculionidés prennent soin de déchirer le pétiole, si bien que la feuille privée de
sève se fane rapidement, ce qui facilite la tâche
de l’insecte. Si la feuille est velue, l’insecte agglutine les poils au moyen de sécrétions glandulaires. L’accomplissement du travail demande
plusieurs heures, parfois toute la journée. A la
fin, parfois même au cours de son travail d’enroulement, la femelle dépose de trois à cinq œufs
par cigare. La feuille commence à pourrir; au
premier souffle du vent, elle tombe sur le sol; mais
les larves enfermées dans leur abri pourront
s’y nourrir; elles n’en sortiront que pour s’enfoncer
dans le sol où elles se nymphoseront.
Comme nous l’avons écrit plus haut, c’est là
le cas le plus simple. Dans d’autres, le nid est
formé de plusieurs feuilles; dans certains cas
encore, plusieurs femelles travaillent ensemble au
même cigare sans qu’il y ait là, cependant, de
véritable association.
Il s’agit en effet de rencontres purement occasionnelles, et le fait de trouver le travail déjà commencé stimule les nouvelles venues à le compléter
pour y déposer à leur tour leurs propres œufs.
Quelques Rhynchitinés enroulent les feuilles
d’une autre manière: la femelle, en présence de
la feuille, commence par la sectionner suivant un
tracé qui est toujours le même; elle suit un rayon
perpendiculaire à la nervure médiane et, arrivée à
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