dans leur mandibules et les transportent de
force sur le "chantier” où tout le monde se met
à l’ouvrage.
Certaines espèces tropicales, appartenant aux
genres Anomma et Eciton, effectuent des migrations. Les Anomma, particulièrement répandues
en Afrique du sud et en Afrique occidentale,
vivent dans le sol par colonies de plusieurs millions d’individus. Quand elles ont exploité toutes
les ressources d’une région, ce qui se produit
assez vite étant donné leur voracité et la densité
de leurs populations, elles se mettent en route,
couvrant parfois de grandes distances à découvert ou en creusant des galeries souterraines.
Pour traverser les petits cours d’eau, elles s’accrochent solidement les unes aux autres par les
pattes et les mandibules, formant de longues files
très solides qui serviront de ponts. Si le cours
d’eau est trop large, les adultes s’agglomèrent
en boules dont le centre est occupé par les
oeufs, les larves et les nymphes, et se laissent
flotter, s’abandonnant au courant. Les Anomma
emploient d’ailleurs le même procédé quand leur
fourmilière est inondée.
Ces Fourmis voyageuses, encore appelées Magnans, sont des animaux redoutables qui effectuent leurs expéditions la nuit ou pendant les
journées nuageuses; elles envahissent les habitations et les étables, s’attaquant aux Hommes
comme aux animaux, déchiquetant et dévorant
leurs victimes.
Les Fourmis du genre Eciton, propres au Continent américain, du Brésil au Mexique, se nourrissent exclusivement d’insectes; elles accomplissent leurs migrations en masse, et cherchent leurs
proies dans les bois, dans les champs, et jusque
dans les habitations.
En longues colonnes compactes, les Eciton
praedator grimpent le long des murs, pénètrent
par les fenêtres et se répandent partout. Bien
qu’une pareille invasion soit impressionnante, elle
n’est nullement dangereuse et rend, au contraire,
les plus grands services: en moins de temps qu’il
n’en faut pour le dire, les Fourmis détruisent les
Cafards, les Araignées, les Puces et tous les parasites qu’elles rencontrent. Aucun insecticide ne
pourrait opérer une désinfection aussi rapide et
aussi complète.
Les fourmilières «mixtes»
Il n’est pas rare qu’une même fourmilière abrite deux espèces différentes vivant en parfaite entente. L’origine de semblables associations est
aussi variée que la durée de la cohabitation.
Chez certaines espèces (Formica truncicola et
Polyergus rufescens par exemple), la femelle est
incapable de fonder, seule, sa propre famille. Elle
choisit une tribu d’une autre espèce, particulièrement pacifique et travailleuse, s’introduit dans
la fourmilière, tue la reine légitime et s’installe
à sa place. Les ouvrières, d’abord rétives, s’adaptent vite à leur nouvelle situation, car elles supFourmi moissonneuse de l’espèce: ”Messor barbara”. Les moissonneuses, très communes dans les pays tempérés, s’occupent uniquement de récolter des graines et des fruits qu’elles entassent dans de vastes magasins. Quand la récolte est suffisante, elles la réduisent en bouillie en la
broyant et en l’imbibant de salive.
188
force sur le "chantier” où tout le monde se met
à l’ouvrage.
Certaines espèces tropicales, appartenant aux
genres Anomma et Eciton, effectuent des migrations. Les Anomma, particulièrement répandues
en Afrique du sud et en Afrique occidentale,
vivent dans le sol par colonies de plusieurs millions d’individus. Quand elles ont exploité toutes
les ressources d’une région, ce qui se produit
assez vite étant donné leur voracité et la densité
de leurs populations, elles se mettent en route,
couvrant parfois de grandes distances à découvert ou en creusant des galeries souterraines.
Pour traverser les petits cours d’eau, elles s’accrochent solidement les unes aux autres par les
pattes et les mandibules, formant de longues files
très solides qui serviront de ponts. Si le cours
d’eau est trop large, les adultes s’agglomèrent
en boules dont le centre est occupé par les
oeufs, les larves et les nymphes, et se laissent
flotter, s’abandonnant au courant. Les Anomma
emploient d’ailleurs le même procédé quand leur
fourmilière est inondée.
Ces Fourmis voyageuses, encore appelées Magnans, sont des animaux redoutables qui effectuent leurs expéditions la nuit ou pendant les
journées nuageuses; elles envahissent les habitations et les étables, s’attaquant aux Hommes
comme aux animaux, déchiquetant et dévorant
leurs victimes.
Les Fourmis du genre Eciton, propres au Continent américain, du Brésil au Mexique, se nourrissent exclusivement d’insectes; elles accomplissent leurs migrations en masse, et cherchent leurs
proies dans les bois, dans les champs, et jusque
dans les habitations.
En longues colonnes compactes, les Eciton
praedator grimpent le long des murs, pénètrent
par les fenêtres et se répandent partout. Bien
qu’une pareille invasion soit impressionnante, elle
n’est nullement dangereuse et rend, au contraire,
les plus grands services: en moins de temps qu’il
n’en faut pour le dire, les Fourmis détruisent les
Cafards, les Araignées, les Puces et tous les parasites qu’elles rencontrent. Aucun insecticide ne
pourrait opérer une désinfection aussi rapide et
aussi complète.
Les fourmilières «mixtes»
Il n’est pas rare qu’une même fourmilière abrite deux espèces différentes vivant en parfaite entente. L’origine de semblables associations est
aussi variée que la durée de la cohabitation.
Chez certaines espèces (Formica truncicola et
Polyergus rufescens par exemple), la femelle est
incapable de fonder, seule, sa propre famille. Elle
choisit une tribu d’une autre espèce, particulièrement pacifique et travailleuse, s’introduit dans
la fourmilière, tue la reine légitime et s’installe
à sa place. Les ouvrières, d’abord rétives, s’adaptent vite à leur nouvelle situation, car elles supFourmi moissonneuse de l’espèce: ”Messor barbara”. Les moissonneuses, très communes dans les pays tempérés, s’occupent uniquement de récolter des graines et des fruits qu’elles entassent dans de vastes magasins. Quand la récolte est suffisante, elles la réduisent en bouillie en la
broyant et en l’imbibant de salive.
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