alignées sur des plans horizontaux reliés les uns
aux autres par des galeries verticales. Cet étrange matériau de construction — qui est d’un noir
de fumée — résiste à l’eau chaude, à l’alcool et
à l’acide chlorhydrique; il n’est même pas attaqué par les moisissures et les bactéries. On peut
donc en conclure que la sécrétion glandulaire des
Lasius possède un pouvoir antibiotique fort efficace.
Certaines formes exotiques du genre Azteca
agglutinent les éclats de bois avec de la salive,
et construisent sur les branches de gros nids de
carton ressemblant à des rayons de Guêpes. Les
Polyrhachis, très communes en Malaisie, transportent sur de larges feuilles différents matériaux
avec lesquels elles construisent un nid rond, aux
parois fines et robustes.
Les Fourmis tropicales du genre Oecophylla
emploient, pour faire leurs ”nids-hamacs”, un
procédé qui mérite d’être signalé: quand la larve
est sur le point de sécréter la substance nécessaire
à tisser son cocon, elles la saisissent dans leurs
mandibules, et, la maniant comme une navette,
l’utilisent pour souder les deux bords d’une feuille
où s’installeront quelques ouvrières et quelques
larves.
Quelques espèces travaillent fort peu pour
aménager leur demeure: les Lasius emarginatus
et les Camponotus scuteïlaris se contentent d’une
crevasse de mur sommairement cloisonnée avec
de la terre et des détritus; les Leptothorax creusent quelques petites cellules, ou même une seule,
entre deux pierres ou sous un caillou.
Enfin, de nombreuses espèces ne travaillent
pas du tout et s’installent dans les galles abandonnées par un Cynipide, comme Colobopsis truncata; ou bien elles creusent à la hâte les tissus végétaux les plus tendres, comme ceux des bulbes,
des tubercules, des bourgeons, des épines, etc...
Irydomyrmex cordatus, commune en Malaisie, vit
constamment dans les tubercules de Myrmecodia
tuberosa, Rubiacée qui se développe sur le tronc
de différents arbres; à la base de la tige, se
trouve une dilatation d’environ 50 cm. où les
Fourmis peuvent s’établir sans causer le moindre
dommage à la plante. En Afrique et dans les régions tropicales du Continent américain, l’espèce
Pseudomyrma belti habite les grosses épines dilatées situées à la base d’Acacia spadicigera.
Les Fourmis sont très attachées à leur fourmilière; elles parcourront de grandes distances,
plusieurs fois par jour, et en portant de lourdes
charges, plutôt que d’abandonner leur demeure
et d’en construire une autre auprès du lieu de
récolte.
Parfois, l’endroit qu’elles ont choisi est loin
d’être propice: il est battu par les pluies violentes, trop humide ou trop ombragé, ou encore
souvent bouleversé par les outils agricoles. Elles
s’obstineront longtemps à réparer et à reconstruire avant de reconnaître que leur choix n’était
pas heureux et qu’il vaut mieux abandonner la
place.
Quelques ouvrières partent alors à la découverte et cherchent un terrain qui soit à leur
goût. Sans perdre un instant, elles y jettent les
bases de la nouvelle demeure; mais elles ont souvent beaucoup de peine à persuader leurs compagnes qui, manquant d’initiative, se refusent à
quitter leurs habitudes pour suivre les pionniers.
De long conciliabules s’engagent, à grand renfort
d’antennes. Si les plus décidées n’ont pas obtenu
gain de cause, elles saisissent les récalcitrantes
Ci-dessus: Fourmis s’affairant autour d’un cocon. Ci-dessous: les ouvrières transportent délicatement les larves dans les chambres qui leur sont destinées.
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