Ci-dessus: combat de Fourmis. Ils sont assez fréquents chez ces Hyménoptères. Ils
peuvent être provoqués par l’enlèvement de futures ouvrières, ou par l’antagonisme
opposant deux tribus voisines qui, à force d’agrandir leurs nids respectifs, se sont
trouvées trop rapprochées. Ci-dessous: une Fourmi tuée est transportée au "cimetière”.
parfois très loin de leur point de départ. On peut
ainsi rencontrer, dans une prairie ou dans un
bois, une multitude de nids qui paraissent indépendants alors qu’ils appartiennent à la même
communauté et sont reliés les uns aux autres.
Les colonies formées de cette manière groupent
parfois plus de deux cents nids, dispersés sur une
surface atteignant deux cents mètres de rayon,
et habités par plusieurs millions d’individus.
On peut aussi trouver deux nids très rapprochés, et appartenant à des espèces différentes,
lesquelles n’entretiennent pas, le plus souvent,
des relations de bon voisinage. Solenopsis fugax,
par exemple, est une minuscule Fourmi qui s’établit tout à côté ou au-dessus de l’habitation d’une
espèce beaucoup plus grande; elle pénètre facilement chez ses voisines, pour y voler des provisions, et n’a pas à craindre d’expéditions punitives, ses propres galeries étant beaucoup trop
étroites.
Comme nous l’avons déjà dit, de nombreuses
espèces creusent des galeries souterraines pour
rejoindre leurs "troupeaux”. Le long du parcours,
sont aménagées de petites chambres de repos. Il
arrive qu’un petit groupe d’ouvrières décide de
s’établir dans l’une de ces chambres et transporte
quelques larves, fondant ainsi une "succursale”
de la fourmilière.
Les espèces qui creusent leur nid dans le sol
sont très nombreuses. Formica rufa (dite Fourmi
rouge des bois) et Formica exsecta s’établissent de
préférence dans les pinèdes et se servent des aiguilles de pin pour élever d’énormes monticules;
Formica fusca, Formica pratensis et Messor barbara sont très répandues dans les prés et dans
les champs; Lasius flavus creuse ses galeries au
voisinage des racines des plantes; Formica sanguinea et la Fourmi amazone (Polyergus rufescens) vivent aussi dans le sol mais font construire leur nid par d’autres espèces.
Les fourmilières creusées dans le bois sont de
véritables œuvres d’art; bien qu’elles n’observent pas davantage que les premières un schéma
préétabli, elles présentent une grande uniformité
imposée par la constitution anatomique de la
plante. En creusant, les Fourmis respectent en
effet l’épaisseur des vaisseaux ligneux, et suivent
le sens des fibres. Les minuscules Leptothorax se
contentent de creuser, dans l’écorce épaisse des
vieux troncs, de petites chambres reliées les unes
aux autres.
Toutes les Fourmis "sculpteurs” possèdent de
fortes mandibules capables de tailler le bois le plus
dur et de le découper au point d’en faire de la
dentelle. Parmi les plus habiles à ce travail, il
faut citer les espèces: Camponotus ligniperda répandue en Europe jusqu’à la Sibérie et, en Amérique, jusqu’aux régions les plus septentrionales,
Camponotus herculeanus, Fourmi géante des régions montagneuses, Lasius fuliginosus, et Myrmica scabrinodis.
Au lieu de percer le bois pour y creuser des
chambres et des galeries séparées par de fines
parois de tissu végétal, l’espèce Lasius fuliginosus
préfère élever des cloisons dans de vastes cavités
naturelles ou préalablement creusées. Ses représentants sont munis de glandes mandibulaires et
métathoraciques sécrétant une substance collante
avec laquelle ils soudent les éclats de bois de manière à obtenir des feuilles ayant la consistance
du papyrus. Ces feuilles, disposées et fixées suivant une technique savante, permettront de diviser la cavité en un grand nombre de chambres
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