”Camponotus vagus”. La photographie montre deux individus ailés, donc sexués, en compagnie d’une ouvrière et de
quelques cocons. Ce sont les ouvrières qui soignent les œufs et les larves, les nourrissant, les nettoyant, et les
transportant d’un endroit à l’autre.
les ouvrières retenues au nid par leurs travaux,
les mâles qui n’ont pas la permission de sortir, et
les soldats incapables de prendre eux-même leurs
aliments à cause de leurs pinces trop développées.
Cet échange de nourriture prédigérée, ou aliment
stomodéal, a reçu le nom de « trophallaxie ».
Chez les Fourmis à miel de l’espèce Myrmecocystus melliger, répandue au Mexique, en Californie et au Colorado, de nombreuses ouvrières se
sacrifient au bien-être de la communauté et se
transforment en véritables outres de liquide sucré.
Elles commencent volontairement à se gorger de
cette précieuse substance, en particulier aux dépens des Cynipides du chêne, et regagnent péniblement la fourmilière; là, elles s’appuient aux
parois ou s’accrochent au plafond, attendant que
leurs compagnes continuent à les gorger. Leur
abdomen finit par être tendu, rond et transparent
comme une vessie. Elles passent alors tout le reste
de leur vie, immobiles, servant de réserves de
vivres pour les autres membres de la société.
Les Fourmis consacrent toutes leurs journées
à chercher de la nourriture; il faut évidemment
en accumuler de grandes quantités pour subvenir aux besoins d’une nombreuse communauté
qui ne doit manquer de rien, même si une longue
période de mauvais temps vient empêcher l’approvisionnement journalier. C’est pour faire face
aux périodes de pénurie et non pour se nourrir
pendant l’hiver, que les Fourmis entassent des
vivres dans leurs magasins. En hiver en effet,
elles s’endorment dans les chambres les plus
profondes de leur refuge pour attendre le printemps.
Quand l’une d’elles découvre une proie au
cours de ses pérégrinations, elle la saisit dans ses
robustes mandibules et s’achemine vers la fourmilière. Si le fardeau est vraiment trop lourd,
elle le pose et court réclamer l’aide de ses compagnes.
Les Fourmis ne construisent par leurs habitations suivant un plan préétabli et invariable;
elles s’adaptent au contraire aux conditions imposées par le terrain qu’elles ont choisi. Se laissant guider par l’instinct, elles se mettent à l’ouvrage, et résolvent les problèmes au fur et à
mesure qu’ils se posent. Le tracé des galeries
est laissé à l’initiative des ouvrières, et il arrive
parfois que plusieurs se rassemblent, unissant
leurs efforts pour parachever le point de jonction
de leurs galeries respectives. Si le travail provoque l’écroulement d’une voûte, ou d’un pilier
à peine terminé, elles entreprennent toutes ensemble de déblayer le terrain pour reconstruire
la partie détruite.
Généralement, elles creusent leur demeure
dans un sol intact; mais il n’est pas rare qu’elles
remettent en état le nid abandonné par un animal, en le modifiant pour l’adapter à leurs propres exigences qui sont fort complexes et fort
nombreuses; elles peuvent encore utiliser le creux
d’un tronc d’arbre, la fissure d’un mur ou des
anfractuosités de rochers. Creusant, transportant
et accumulant des matériaux de toute nature,
elles finissent par créer un ensemble comprenant:
une salle de ponte, de nombreux locaux pour les
larves et les nymphes, de vastes magasins pour
les denrées alimentaires, des ”étables” pour l’éle184
quelques cocons. Ce sont les ouvrières qui soignent les œufs et les larves, les nourrissant, les nettoyant, et les
transportant d’un endroit à l’autre.
les ouvrières retenues au nid par leurs travaux,
les mâles qui n’ont pas la permission de sortir, et
les soldats incapables de prendre eux-même leurs
aliments à cause de leurs pinces trop développées.
Cet échange de nourriture prédigérée, ou aliment
stomodéal, a reçu le nom de « trophallaxie ».
Chez les Fourmis à miel de l’espèce Myrmecocystus melliger, répandue au Mexique, en Californie et au Colorado, de nombreuses ouvrières se
sacrifient au bien-être de la communauté et se
transforment en véritables outres de liquide sucré.
Elles commencent volontairement à se gorger de
cette précieuse substance, en particulier aux dépens des Cynipides du chêne, et regagnent péniblement la fourmilière; là, elles s’appuient aux
parois ou s’accrochent au plafond, attendant que
leurs compagnes continuent à les gorger. Leur
abdomen finit par être tendu, rond et transparent
comme une vessie. Elles passent alors tout le reste
de leur vie, immobiles, servant de réserves de
vivres pour les autres membres de la société.
Les Fourmis consacrent toutes leurs journées
à chercher de la nourriture; il faut évidemment
en accumuler de grandes quantités pour subvenir aux besoins d’une nombreuse communauté
qui ne doit manquer de rien, même si une longue
période de mauvais temps vient empêcher l’approvisionnement journalier. C’est pour faire face
aux périodes de pénurie et non pour se nourrir
pendant l’hiver, que les Fourmis entassent des
vivres dans leurs magasins. En hiver en effet,
elles s’endorment dans les chambres les plus
profondes de leur refuge pour attendre le printemps.
Quand l’une d’elles découvre une proie au
cours de ses pérégrinations, elle la saisit dans ses
robustes mandibules et s’achemine vers la fourmilière. Si le fardeau est vraiment trop lourd,
elle le pose et court réclamer l’aide de ses compagnes.
Les Fourmis ne construisent par leurs habitations suivant un plan préétabli et invariable;
elles s’adaptent au contraire aux conditions imposées par le terrain qu’elles ont choisi. Se laissant guider par l’instinct, elles se mettent à l’ouvrage, et résolvent les problèmes au fur et à
mesure qu’ils se posent. Le tracé des galeries
est laissé à l’initiative des ouvrières, et il arrive
parfois que plusieurs se rassemblent, unissant
leurs efforts pour parachever le point de jonction
de leurs galeries respectives. Si le travail provoque l’écroulement d’une voûte, ou d’un pilier
à peine terminé, elles entreprennent toutes ensemble de déblayer le terrain pour reconstruire
la partie détruite.
Généralement, elles creusent leur demeure
dans un sol intact; mais il n’est pas rare qu’elles
remettent en état le nid abandonné par un animal, en le modifiant pour l’adapter à leurs propres exigences qui sont fort complexes et fort
nombreuses; elles peuvent encore utiliser le creux
d’un tronc d’arbre, la fissure d’un mur ou des
anfractuosités de rochers. Creusant, transportant
et accumulant des matériaux de toute nature,
elles finissent par créer un ensemble comprenant:
une salle de ponte, de nombreux locaux pour les
larves et les nymphes, de vastes magasins pour
les denrées alimentaires, des ”étables” pour l’éle184
