"Conversation” de Fourmis. Les Fourmis peuvent communiquer entre
pu constater que les actes qu’elles entreprennent ne sont pas le fait
de véritables discussions.
elles en faisant vibrer leurs antennes. On a
du hasard ou du seul instinct, mais le fruit
très puissantes: les possesseurs de semblables pinces, plus robustes et mieux armés, sont considérés
comme les membres d’une caste particulière, celle
des "soldats”. Dans certains groupes, il existe des
formes intermédiaires entre les ouvrières et les
soldats.
Les mâles sont plus longs et plus élancés que
les ouvrières, mais leur tête est plus petite. Les
femelles fécondes, ou "reines”, ressemblent aux
ouvrières, mais leur abdomen est plus volumineux. Les mâles et les femelles de presque toutes
les espèces sont munis de deux paires d’ailes membraneuses, iridescentes, relativement grandes, et
présentant peu de nervures.
Les femelles, fécondes et infécondes, disposent
d’une arme redoutable constituée par leurs robustes mandibules; quand elles attaquent un ennemi,
elles peuvent lui infliger de profondes blessures
qu’elles arrosent d’acide formique en recourbant
leur abdomen vers l’avant; ce liquide, sécrété par
des glandes abdominales, a une action extrêmement irritante. Chez l’Homme, l’acide formique
provoque une sensation douloureuse, comparable
à la ”brûlure” causée par les orties.
Cependant, les seules Fourmis capables d’injecter directement leur acide formique sont les
formes appartenant aux sous-familles des Myrmicinés et des Ponérinés; la pointe de leur abdomen
porte en effet un aiguillon communiquant avec
les glandes qui sécrètent cette substance. Chez
les Myrmicinés, les Fourmis du genre Crematogaster, très agressives, sont particulièrement
promptes à dresser leur aiguillon.
Les Dolichodérinés ne possèdent qu’un aiguillon rudimentaire, mais dégagent une odeur très
forte servant à éloigner leurs ennemis; c’est à
cette sous-famille qu’appartiennent les Fourmis
du genre Liometopum, parfois appelées "Fourmis-putois” ou "Fourmis puantes”, très répandues
dans nos régions.
La farine ou les fruits visités par ces Fourmis
prennent souvent un goût caractéristique très désagréable, car l’acide formique répandu sur tout
le corps de l’animal imprègne les denrées de son
odeur âcre et pénétrante.
Les Ponérinés et les Myrmicinés sont munis
d’un organe stridulatoire constitué par une pointe
mobile se déplaçant sur une bande striée correspondant aux derniers anneaux abdominaux; en
dehors de ces Fourmis, toutes les autres sont
des Insectes muets. Il est cependant indubitable
qu’elles communiquent entre elles avec la plus
grande rapidité et la plus grande précision.
C’est qu’en effet, les antennes, siège de l’activité sensorielle de tous les Insectes, atteignent
chez elles le plus haut degré de perfection. Chaque soie est en rapport avec l’une des innombrables terminaisons nerveuses qui enregistrent et
transmettent les sensations. Les vibrations de ces
antennes si bien équipées composent un langage
mimique des plus complets dont les Fourmis se
servent pour tenir des "conversations”; de multi179
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