Fourmis attaquant un Lombric.
comme tous les Insectes, les Fourmis ont des
moyens de régulation thermique extrêmement limités ou nuis; mais, comme certaines peuvent
élaborer du glycérol, substance qui abaisse le point
de congélation de l’hémolymphe, l’organisme peut
ainsi survivre en dépit de l’abaissement de la
température ambiante. Le même phénomène s’observe d’ailleurs chez plusieurs représentants d’autres ordres. Il n’en reste pas moins que l’habitat
des Fourmis réside essentiellement dans les régions chaudes et tempérées; elles y prolifèrent
d’une manière stupéfiante et donnent naissance à
une grande variété de formes.
La famille des Formicidés peut être divisée
en plusieurs sous-familles: Formicinés, Dolichodérinés, Myrmicinés, etc., certains auteurs considérant même chacune d’elles comme une véritable
famille. Nous ne nous attarderons pas sur cette
classification qui est fournie par le tableau de la
page 176; il nous semble préférable de décrire les
mœurs des formes les plus intéressantes au fur
et à mesure qu’elles se présenteront.
Malgré ses dimensions très réduites, la Fourmi
est un Insecte reconnaissable à première vue, sans
risques de confusion. Les trois parties de son
corps, nettement distinctes les unes des autres,
ont une conformation très caractéristique. La tête,
fortement triangulaire, est surmontée de deux fines antennes articulées; le thorax est court et
porte trois paires de petites pattes très agiles;
l’abdomen est relié au thorax par un pétiole, c’està-dire un pédoncule mobile comprenant un ou
deux articles (deux chez les Myrmicinés).
Bien que l’aspect général soit assez constant,
les espèces diffèrent les unes des autres, non seulement par la couleur — qui peut être jaunâtre,
brune, rouge, marron, gris cendré ou noire — mais
encore par plusieurs autres particularités, comme
la qualité du tégument, lisse et brillant ou irrégulier, la présence ou l’absence d’aiguillon, et
surtout, les dimensions qui, toutes proportions gardées, varient considérablement. Il existe des tribus
pygmées dont les ouvrières dépassent à peine
1 mm. (Leptanillidés), et des tribus géantes dont
les indiyidus atteignent facilement 13 mm. (Eciton,
parmi les Dorylinés).
De plus, à l’intérieur d’une même espèce, on
observe un polymorphisme très marqué, concernant la structure externe aussi bien que la physiologie, et correspondant à la répartition des
tâches et des fonctions. Une société de Fourmis
est généralement divisée en trois castes: celle des
femelles fécondes, celle des mâles féconds, et celle
des femelles stériles. Ces dernières forment la
masse laborieuse des "ouvrières”, et sont chargées
de la construction et de l’entretien du nid, de
l’élevage des larves et de l’approvisionnement.
Elles ont une taille plus réduite que les membres
des autres castes, une tête plus développée et de
robustes mandibules. Chez certains individus, de
taille plus imposante, ces mandibules se développent considérablement et deviennent des pinces
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