carrée, et elles commencent par les modifier pour
leur donner la forme voulue.
Dans la ruche abandonnée par l’essaim, apparaît une nouvelle reine qui doit, bien entendu,
affirmer sa suprématie. Aussitôt sortie de sa cellule, elle semble prise d’une véritable frénésie et,
en émettant un bourdonnement particulier, elle
s’approche des autres cellules royales et tue toutes ses concurrentes, les unes après les autres.
Dans certains cas, on assiste à deux ou trois essaimages consécutifs: ce phénomène, appelé ’ffièvre
d’essaimage” affaiblit considérablement la vieille
ruche. La nouvelle reine doit ensuite accomplir
son ”vol nuptial” au cours duquel elle sera fécondée pour toute sa vie. Mais, encore une fois, laissons Maeterlinck nous décrire le vol de la reine
suivie par les mâles: « Elle gagne des hauteurs et
une zone lumineuse que les autres Abeilles n’affrontent à aucune époque de leur vie. Au loin, autour des fleurs où flotte leur paresse, les mâles
ont aperçu l’apparition et respiré le parfum magnétique qui se répand de proche en proche jusqu’aux ruchers voisins. Aussitôt les hordes se rassemblent et plongent à sa suite dans la mer d’allégresse dont les bornes limpides se déplacent. Elle,
ivre de ses ailes, et obéissant à la magnifique loi
de l’espèce, qui choisit pour elle son amant, et veut
que le plus fort l’atteigne seul dans la solitude de
l’éther, elle monte toujours... Il faut qu’elle atteigne une région déserte que ne hantent plus les
Oiseaux, qui pourraient troubler le mystère. Elle
s’élève encore, et déjà la troupe inégale diminue
et s’égrène sous elle. Les faibles, les infirmes, les
vieillards, les malvenus, les mal nourris des cités
inactives ou misérables, renoncent à la poursuite
et disparaissent dans le vide. Il ne reste plus, en
suspens, dans l’opale infinie, qu’un petit groupe infatigable. Elle demande un dernier effort à ses
ailes, et voici que l’élu des forces incompréhensibles la rejoint, la saisit, la pénètre et, qu’emporté
d’un double élan, la spirale ascendante de leur
envol enlacé tourbillonne une seconde dans le délire hostile de l’amour ».
Le mâle meurt aussitôt après avoir rempli sa
fonction, car ses organes génitaux et une partie
de ses viscères restent dans le corps de la reine.
Mais il n’est pas la seule victime. Dès que la reine
fécondée rentre dans la ruche, tous les autres
mâles sont chassés ou massacrés. Leur extermination marque la fin du cycle annuel de la ruche
qui se prépare à passer l’hiver; les fleurs se font
de plus en plus rares, le climat devient plus rude,
et toutes les Abeilles se rassemblent à l’intérieur
de la ruche, formant une grappe au centre de
laquelle se tient la reine.
Ci-dessus: colloque de Fourmis de l’espèce ”Camponotus herculeanus”. Ci-dessous:
Fourmis rouges des bois ("Formica rufa”) aux prises avec une chenille. Certaines
espèces de Fourmis sont végétariennes, d’autres sont carnivores, mais il existe aussi
des espèces polyphages.
Les Formicidés ou Fourmis
Les Fourmis, héritières d’une civilisation très
ancienne, sont les Hyménoptères qui forment les
sociétés les plus évoluées. Les fossiles qui ont
été retrouvés et qui datent du Crétacé, sinon d’une
époque plus reculée, montrent que leurs ancêtres
vivaient déjà en communautés divisées en castes,
hébergeaient différents commensaux et élevaient
de véritables troupeaux de Pucerons.
Plusieurs milliers d’espèces de Fourmis peuplent la surface du globe, avec des concentrations
de population dépendant de la latitude et de l’altitude. Elles sont totalement absentes des régions
glaciales, mais quelques espèces appartenant à la
sous-famille des Formicinés se rencontrent jusqu’aux abords des neiges éternelles. Pourtant,
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leur donner la forme voulue.
Dans la ruche abandonnée par l’essaim, apparaît une nouvelle reine qui doit, bien entendu,
affirmer sa suprématie. Aussitôt sortie de sa cellule, elle semble prise d’une véritable frénésie et,
en émettant un bourdonnement particulier, elle
s’approche des autres cellules royales et tue toutes ses concurrentes, les unes après les autres.
Dans certains cas, on assiste à deux ou trois essaimages consécutifs: ce phénomène, appelé ’ffièvre
d’essaimage” affaiblit considérablement la vieille
ruche. La nouvelle reine doit ensuite accomplir
son ”vol nuptial” au cours duquel elle sera fécondée pour toute sa vie. Mais, encore une fois, laissons Maeterlinck nous décrire le vol de la reine
suivie par les mâles: « Elle gagne des hauteurs et
une zone lumineuse que les autres Abeilles n’affrontent à aucune époque de leur vie. Au loin, autour des fleurs où flotte leur paresse, les mâles
ont aperçu l’apparition et respiré le parfum magnétique qui se répand de proche en proche jusqu’aux ruchers voisins. Aussitôt les hordes se rassemblent et plongent à sa suite dans la mer d’allégresse dont les bornes limpides se déplacent. Elle,
ivre de ses ailes, et obéissant à la magnifique loi
de l’espèce, qui choisit pour elle son amant, et veut
que le plus fort l’atteigne seul dans la solitude de
l’éther, elle monte toujours... Il faut qu’elle atteigne une région déserte que ne hantent plus les
Oiseaux, qui pourraient troubler le mystère. Elle
s’élève encore, et déjà la troupe inégale diminue
et s’égrène sous elle. Les faibles, les infirmes, les
vieillards, les malvenus, les mal nourris des cités
inactives ou misérables, renoncent à la poursuite
et disparaissent dans le vide. Il ne reste plus, en
suspens, dans l’opale infinie, qu’un petit groupe infatigable. Elle demande un dernier effort à ses
ailes, et voici que l’élu des forces incompréhensibles la rejoint, la saisit, la pénètre et, qu’emporté
d’un double élan, la spirale ascendante de leur
envol enlacé tourbillonne une seconde dans le délire hostile de l’amour ».
Le mâle meurt aussitôt après avoir rempli sa
fonction, car ses organes génitaux et une partie
de ses viscères restent dans le corps de la reine.
Mais il n’est pas la seule victime. Dès que la reine
fécondée rentre dans la ruche, tous les autres
mâles sont chassés ou massacrés. Leur extermination marque la fin du cycle annuel de la ruche
qui se prépare à passer l’hiver; les fleurs se font
de plus en plus rares, le climat devient plus rude,
et toutes les Abeilles se rassemblent à l’intérieur
de la ruche, formant une grappe au centre de
laquelle se tient la reine.
Ci-dessus: colloque de Fourmis de l’espèce ”Camponotus herculeanus”. Ci-dessous:
Fourmis rouges des bois ("Formica rufa”) aux prises avec une chenille. Certaines
espèces de Fourmis sont végétariennes, d’autres sont carnivores, mais il existe aussi
des espèces polyphages.
Les Formicidés ou Fourmis
Les Fourmis, héritières d’une civilisation très
ancienne, sont les Hyménoptères qui forment les
sociétés les plus évoluées. Les fossiles qui ont
été retrouvés et qui datent du Crétacé, sinon d’une
époque plus reculée, montrent que leurs ancêtres
vivaient déjà en communautés divisées en castes,
hébergeaient différents commensaux et élevaient
de véritables troupeaux de Pucerons.
Plusieurs milliers d’espèces de Fourmis peuplent la surface du globe, avec des concentrations
de population dépendant de la latitude et de l’altitude. Elles sont totalement absentes des régions
glaciales, mais quelques espèces appartenant à la
sous-famille des Formicinés se rencontrent jusqu’aux abords des neiges éternelles. Pourtant,
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