Fourmis noires: C’Lasius niger”) avec une colonie de Pucerons. Ceux-ci ont été surnommés, à juste titre, les "Vaches
des Fourmis”. Ils se laissent ”traire” par celles-ci, qui les stimulent en les caressant de leurs antennes; ils fournissent un liquide douceâtre dont les Fourmis sont très friandes.
pies observations et expériences ont prouvé que
les actions collectives entreprises après ces colloques n’étaient pas seulement dictées par l’instinct,
mais organisées après de véritables discussions.
Les antennes enregistrent d’ailleurs toutes les
sensations, avec une particulière acuité: elles
"voient” quand l’animal se trouve dans l’obscurité
et ne peut plus se servir de ses yeux, et "perçoivent” la présence des obstacles comme le ferait
un radar; elles sont encore le siège de l’olfaction,
extrêmement sensible chez les Fourmis. Ainsi,
l’odeur de l’acide formique, qui nous paraît être
toujours la même, avec de simples variations d’intensité, est au contraire très diversifiée pour l’odorat des intéressées; elle change non seulement
d’une espèce à l’autre, mais encore d’une tribu
à l’autre. En devenant un Insecte parfait, chaque
adulte acquiert une odeur qu’on pourrait qualifier
de "familiale”; grâce à cette odeur caractéristique,
il peut reconnaître ses proches parents, éviter les
étrangers et, surtout, retrouver le chemin de son
nid en suivant la piste odorante tracée par un
précédent passage. Une simple expérience permet
de constater l’importance de l’odorat dans le sens
de l’orientation des Fourmis: une longue file de
Fourmis, momentanément interrompue, reprend sa
route sans la moindre hésitation et sans la moindre déviation, dès qu’on libère le passage; par
contre, si l’on efface toute trace d’odeur (en lavant
le terrain, par exemple), les Fourmis se montrent
désorientées, hésitent et tâtonnent visiblement,
et ne retrouvent leur chemin qu’avec difficulté.
Une Fourmi privée de ses antennes est perdue
pour la vie sociale: incapable de reconnaître ses
compagnes, de communiquer avec elles, de se
défendre et de se procurer sa nourriture, elle ne
tarde pas à succomber.
Dans la république de type matriarcal où vivent ces Hyménoptères, chaque individu s’acquitte
d’une tâche bien précise, suivant une tendance
naturelle étroitement liée à son état. Chacun s’occupe uniquement de sa spécialité et ne vient en
aide à son voisin qu’en cas de nécessité. Ainsi,
les ouvrières qui sont trop accaparées par leurs
tâches domestiques et qui n’ont pas le temps de
chercher leur nourriture, sont nourries par leurs
compagnes; celles qui, fatiguées ou blessées, ne
peuvent rejoindre le nid, sont- secourues et transportées par les plus robustes,
En ce qui concerne la nourriture, les Fourmis
montrent une grande faculté d’adaptation; tout
ce que la nature peut leur offrir leur convient,
et elles s’accommodent aussi bien des Insectes et
de leurs œufs que de la viande, fraîche ou putréfiée, des fruits, des graines; elles montrent cependant une prédilection pour tout ce qui est sucré,
comme le nectar des fleurs ou les sécrétions de
certains Insectes.
Signalons pourtant que certaines Fourmis se
montrent de préférence carnivores, alors que d’autres sont végétariennes. Parmi les premières, il
faut citer les Fourmis nomades du genre Eciton
qui se nourrissent d’insectes et de parasites des
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