Ci-dessus: Reine des Abeilles entourée de ses ouvrières. Plus grosse que les autres
membres de la ruche, elle a un abdomen dépassant de beaucoup l’extrémité de ses
ailes. Ci-dessous: mâles, ou Faux Bourdons, chassés de la ruche. Les mâles vivent en
parasites dans la ruche où ils sont tolérés parce que l’un l’entre eux fécondera la
reine. Aussitôt après le vol nuptial, tous les mâles inutiles sont massacrés.
liquide urticant ou toxique. Le liquide se déverse
à l’intérieur d’une gaine dans laquelle glisse le
piston des deux soies constituant l’aiguillon. Les
soies ont la pointe recourbée en crochet; l’aiguillon planté dans certains tissus lâches peut être
retiré sans dommage; mais il ne peut s’arracher
des tissus fermes, comme ceux de la peau des Vertébrés, et l’insecte se déchire les viscères en essayant de se libérer.
Comme les Vespidés, les Apidés peuvent être
solitaires ou sociaux; mais, chez les seconds, l’instinct grégaire se manifeste par toute une série de
groupements plus ou moins évolués: il existe des
formes solitaires, des groupements occasionnels ou
annuels, et enfin, de véritables sociétés permanentes et monogynes (c’est-à-dire ne comportant
qu’une seule reine ou femelle féconde) ; celles-ci
sont caractéristiques du genre Apis.
Plusieurs espèces du genre Halictus, par exemple, sont sociales; elles creusent dans le sol de
longues galeries tapissées de courtes cellules où
sont élevées les larves. Au printemps, les femelles qui ont passé l’hiver dans le même nid engendrent des femelles stériles; celles-ci aideront
leur mère à entretenir le nid. Une seule femelle
féconde reste dans l’ancien nid, les autres en construisent de nouveaux. Les mâles et de nouvelles
femelles fécondes apparaissent à la fin de la saison. Après les accouplements, le cycle recommence.
Chaque groupement présente des coutumes
bien caractéristiques. Parmi les représentants du
genre Osmia, citons l’Osmie du Coquelicot (Osmia
papaveris) dont les petits "naissent dans la pourpre”, car la mère a toujours soin de tapisser le
nid de pétales de Coquelicots. Le Xylocope violacé (Xylocopa violacea) creuse dans le bois
de longues galeries divisées en compartiments;
chacun d’eux contient un œuf et les provivisions nécessaires à la larve qui en sortira. Les
Bourdons, représentants du genre Bombus, (Bombus terrestris, Bombus lapidarius), au corps trapu
et velu, constituent des sociétés primitives, matriarcales et annuelles, se dissolvant en automne,
à la mort des mâles et des ouvrières. La reine,
unique survivante, construit seule son nid; elle
ne sera aidée que plus tard par les ouvrières, ses
filles. Les nids sont placés par terre ou dans le
sol, et ne sont pas formés de rayons, mais d’amas
irréguliers de cellules d’élevage; cas unique chez
les Aculéates, chaque cellule peut contenir de 8
à 24 œufs.
Les représentants du genre Melipona construisent des nids plus perfectionnés: ils se composent
de un ou plusieurs rayons horizontaux et sont
placés dans le sol ou suspendus à une branche;
ils sont faits d’un mélange de cire et de bois ou
de terre triturée. Enfin, chez l’Abeille-coucou
(Psithyrus campestris), la femelle pond dans les
nids des autres représentants de la famille, auxquels elle laisse le soin d’élever sa progéniture.
Les Abeilles
Parmi les Abeilles proprement dites, la plus
connue est l’Abeille domestique (Apis mellifica).
Originaire de l’Inde, où se trouvent plusieurs
autres espèces (Apis dorsata, Apis florea, Apis
indica), et douée de grandes facultés d’adaptation,
elle s’est répandue dans le monde entier et s’est
’difïérenciée pour donner un très grand nombre
de formes locales. Cependant, les races obtenues
par voie d’élevage sont peu nombreuses; les prin170
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