Visions du futur
L’eau : l’enjeu du futur
Fred Pearce
L’eau va jouer un rôle déterminant dans le
monde au xxie siècle. Nous avons toujours
construit nos maisons à proximité de fleuves,
d’oasis... Mais aujourd’hui, nous asséchons les
grands fleuves, nous épuisons les réserves d’eau
souterraines et nous sommes responsables de la
modification du climat, donc de la pluviosité.
L’eau, cette ressource essentielle, ne se trouve
plus là où nous en avons besoin, quand nous
avons besoin. À l’avenir, sa présence ou son
absence va bouleverser notre civilisation.
Si vous vous tenez sur les immenses digues qui
contiennent le fleuve Jaune en Chine, à l’endroit
où celui-ci traverse une zone inondable, vous
n’apercevrez qu’un filet d’eau. Le cours du fleuve
est dévié en amont pour irriguer les champs qui
nourrissent un demi milliard de personnes.
Rendez-vous dans des villages indiens, dont la
plupart dépendent maintenant des eaux
souterraines. Les fermiers vous expliqueront qu’il
y a vingt ans, ils puisaient l’eau des puits à l’aide
d’un seau. Maintenant, à cause du gaspillage
endémique de l’eau, ils sont obligés d’aller la
chercher à 100 mètres de profondeur et elle
contient souvent du poison,comme le fluorure.
Allez donc parler aux Syriens et aux Iraniens de
leurs anciennes galeries souterraines où coulait
l’eau des montagnes. Les sources sont
maintenant taries. Voyez ces Pakistanais qui ont
abandonné leurs champs desséchés par le soleil
non loin du fleuve Indus, complètement à sec.
Parcourez le sud de l’Espagne, où les zones
désertiques ne cessent de s’étendre ou l’Asie
centrale, où les fleuves vidés de leur eau n’ont
fait qu’assécher la mer d’Aral. Les réserves d’eau
ne s’épuisent pas : la nature purifie et recycle la
majeure partie de l’eau tous les dix jours environ
grâce à l’évaporation et aux précipitations. Mais
nous consommons trois fois plus d’eau que la
génération précédente. La nature ne peut plus
suivre le rythme que nous lui imposons.
Et maintenant, nous faisons face au
réchauffement de la planète. Habituellement, les
changements climatiques se mesurent en
fonction de la hausse des températures, mais je
parie que les changements hydrologiques auront
un impact plus fort. Selon la plupart des modèles
climatiques, les lieux humides devraient devenir
plus humides encore, tandis que les lieux secs où
les ressources en eau sont déjà une question de
L’Antarctique sans sa glace
Voici à quoi ressemble l’Antarctique sous sa calotte de glace. Si celleci venait à fondre, le continent, débarrassé de son poids, s’élèverait à
la surface.
L’eau : l’enjeu du futur
Fred Pearce
L’eau va jouer un rôle déterminant dans le
monde au xxie siècle. Nous avons toujours
construit nos maisons à proximité de fleuves,
d’oasis... Mais aujourd’hui, nous asséchons les
grands fleuves, nous épuisons les réserves d’eau
souterraines et nous sommes responsables de la
modification du climat, donc de la pluviosité.
L’eau, cette ressource essentielle, ne se trouve
plus là où nous en avons besoin, quand nous
avons besoin. À l’avenir, sa présence ou son
absence va bouleverser notre civilisation.
Si vous vous tenez sur les immenses digues qui
contiennent le fleuve Jaune en Chine, à l’endroit
où celui-ci traverse une zone inondable, vous
n’apercevrez qu’un filet d’eau. Le cours du fleuve
est dévié en amont pour irriguer les champs qui
nourrissent un demi milliard de personnes.
Rendez-vous dans des villages indiens, dont la
plupart dépendent maintenant des eaux
souterraines. Les fermiers vous expliqueront qu’il
y a vingt ans, ils puisaient l’eau des puits à l’aide
d’un seau. Maintenant, à cause du gaspillage
endémique de l’eau, ils sont obligés d’aller la
chercher à 100 mètres de profondeur et elle
contient souvent du poison,comme le fluorure.
Allez donc parler aux Syriens et aux Iraniens de
leurs anciennes galeries souterraines où coulait
l’eau des montagnes. Les sources sont
maintenant taries. Voyez ces Pakistanais qui ont
abandonné leurs champs desséchés par le soleil
non loin du fleuve Indus, complètement à sec.
Parcourez le sud de l’Espagne, où les zones
désertiques ne cessent de s’étendre ou l’Asie
centrale, où les fleuves vidés de leur eau n’ont
fait qu’assécher la mer d’Aral. Les réserves d’eau
ne s’épuisent pas : la nature purifie et recycle la
majeure partie de l’eau tous les dix jours environ
grâce à l’évaporation et aux précipitations. Mais
nous consommons trois fois plus d’eau que la
génération précédente. La nature ne peut plus
suivre le rythme que nous lui imposons.
Et maintenant, nous faisons face au
réchauffement de la planète. Habituellement, les
changements climatiques se mesurent en
fonction de la hausse des températures, mais je
parie que les changements hydrologiques auront
un impact plus fort. Selon la plupart des modèles
climatiques, les lieux humides devraient devenir
plus humides encore, tandis que les lieux secs où
les ressources en eau sont déjà une question de
L’Antarctique sans sa glace
Voici à quoi ressemble l’Antarctique sous sa calotte de glace. Si celleci venait à fondre, le continent, débarrassé de son poids, s’élèverait à
la surface.
