Visions du futur
société. Voir ces phénomènes sous l’angle de la
géologie permet de les replacer dans leur
contexte : une hausse de température de 5 °C
rendrait la planète plus chaude qu’il y a plus de
cinquante millions d’années, bien avant
l’évolution de l’homme.
Les modèles conçus par ordinateur nous
donnent des idées très précises de ce qui nous
attend à chaque degré de plus. Selon diverses
études, une hausse de 2 °C constitue le seuil audelà duquel la couche de glace du Groenland
fondra de manière irréversible, entraînant une
montée du niveau de la mer de 7 m. Des villes
comme Londres, New York et Bangkok, ainsi que
la moitié du Bangladesh seront alors inondées.
Si l’Antarctique occidental commence également
à fondre vite, le littoral sera modifié partout dans
le monde. D’importantes incertitudes demeurent
sur la rapidité de ce phénomène. La plupart des
glaciologues pensent qu’il faudrait plusieurs
siècles pour que le Groenland fonde
complètement, tandis que J. Hansen,
climatologue de la NASA, estime que cela
pourrait prendre moins de temps.
Selon un modèle élaboré par le centre Hadley,
qui fait partie du Bureau météorologique
britannique, si la température augmente de 3 °C,
l’écosystème de la forêt amazonienne
commencera à se dégrader. Des feux risquent de
se déclencher dans le bassin du fleuve à la suite
d’une baisse phénoménale des précipitations,
transformant une forêt aujourd’hui encore
luxuriante en savane, voire en désert.
L’Amazonie abrite plus de la moitié des espèces
existant dans le monde, l’effondrement de son
écosystème serait un véritable désastre pour la
biodiversité, et contribuerait à une extinction
massive des espèces à l’échelle de la planète.
Selon une modélisation réalisée par des
écologistes, un tel réchauffement ferait
disparaître un million d’espèces dans le monde
avant 2050.
Il convient aussi de tirer des leçons du passé. Les
études géologiques concernant les extinctions
massives qui ont eu lieu à la fin du permien, il y
a 251 millions d’années, suggèrent qu’une hausse
soudaine des températures d’environ 6 °C, due
peut-être à des éruptions volcaniques et à une
brusque explosion du méthane des océans, a
provoqué l’anéantissement de 95 % des espèces
qui vivaient à l’époque. Comme il s’agit de la
hausse des températures la plus haute envisagée
dans les projections des scientifiques pour 2100,
elle risque peu de se produire, mais ces
prévisions n’en demeurent pas moins
préoccupantes.
Le futur reste le futur et les modélisations les
plus pessimistes peuvent ne jamais se réaliser, si
notre société se décide à ramener ses émissions
de gaz à effet de serre à des niveaux viables. La
plus grande incertitude règne car tout dépend de
décisions qui doivent être prises par des
milliards de personnes, décisions d’ordre
pratique qui relèvent du quotidien (choisir de
prendre sa voiture ou sa bicyclette par exemple),
mais qui, si elles sont adoptées par tout le
monde, détermineront le destin de notre planète
si fragile au cours de ce siècle.
société. Voir ces phénomènes sous l’angle de la
géologie permet de les replacer dans leur
contexte : une hausse de température de 5 °C
rendrait la planète plus chaude qu’il y a plus de
cinquante millions d’années, bien avant
l’évolution de l’homme.
Les modèles conçus par ordinateur nous
donnent des idées très précises de ce qui nous
attend à chaque degré de plus. Selon diverses
études, une hausse de 2 °C constitue le seuil audelà duquel la couche de glace du Groenland
fondra de manière irréversible, entraînant une
montée du niveau de la mer de 7 m. Des villes
comme Londres, New York et Bangkok, ainsi que
la moitié du Bangladesh seront alors inondées.
Si l’Antarctique occidental commence également
à fondre vite, le littoral sera modifié partout dans
le monde. D’importantes incertitudes demeurent
sur la rapidité de ce phénomène. La plupart des
glaciologues pensent qu’il faudrait plusieurs
siècles pour que le Groenland fonde
complètement, tandis que J. Hansen,
climatologue de la NASA, estime que cela
pourrait prendre moins de temps.
Selon un modèle élaboré par le centre Hadley,
qui fait partie du Bureau météorologique
britannique, si la température augmente de 3 °C,
l’écosystème de la forêt amazonienne
commencera à se dégrader. Des feux risquent de
se déclencher dans le bassin du fleuve à la suite
d’une baisse phénoménale des précipitations,
transformant une forêt aujourd’hui encore
luxuriante en savane, voire en désert.
L’Amazonie abrite plus de la moitié des espèces
existant dans le monde, l’effondrement de son
écosystème serait un véritable désastre pour la
biodiversité, et contribuerait à une extinction
massive des espèces à l’échelle de la planète.
Selon une modélisation réalisée par des
écologistes, un tel réchauffement ferait
disparaître un million d’espèces dans le monde
avant 2050.
Il convient aussi de tirer des leçons du passé. Les
études géologiques concernant les extinctions
massives qui ont eu lieu à la fin du permien, il y
a 251 millions d’années, suggèrent qu’une hausse
soudaine des températures d’environ 6 °C, due
peut-être à des éruptions volcaniques et à une
brusque explosion du méthane des océans, a
provoqué l’anéantissement de 95 % des espèces
qui vivaient à l’époque. Comme il s’agit de la
hausse des températures la plus haute envisagée
dans les projections des scientifiques pour 2100,
elle risque peu de se produire, mais ces
prévisions n’en demeurent pas moins
préoccupantes.
Le futur reste le futur et les modélisations les
plus pessimistes peuvent ne jamais se réaliser, si
notre société se décide à ramener ses émissions
de gaz à effet de serre à des niveaux viables. La
plus grande incertitude règne car tout dépend de
décisions qui doivent être prises par des
milliards de personnes, décisions d’ordre
pratique qui relèvent du quotidien (choisir de
prendre sa voiture ou sa bicyclette par exemple),
mais qui, si elles sont adoptées par tout le
monde, détermineront le destin de notre planète
si fragile au cours de ce siècle.
