90
trottoir à Vermets de Sicile (de QUATREFAGES, 1854) la formation à Lithophyllum
lichenoides devrait être plutôt désignée sous le nom d"'encorbellement" ou de
"corniche".
Dans les cas les plus simples on n'observe qu'une dense couverture de
thalles sur une hauteur de 20 à 30 centimètres ; il n'y a alors pas de cimentation
interne. A un stade ultérieur on observe un bourrelet saillant qui se développe en
largeur, pouvant évoluer en une corniche en porte-à-faux de 1 à 2 m de largeur
dont la surface supérieure est en général légèrement déprimée par rapport au bord
externe. Parfois deux corniches opposées, de part et d'autre d'une crique peuvent se
rejoindre et former un pont.
Bien que l'installation du peuplement soit assez rapide, il semble que
l'édification d'un encorbellement s'étale sur plusieurs siècles, voire des millénaires
et nécessite des conditions de stabilité du niveau marin qui ont été rarement
réalisées dans l'histoire récente de la Méditerranée (LABOREL et al., 1983).
Structure interne : on observe trois couches successives sur les
encorbellements bien développés dont l'épaisseur relative varie en fonction des
conditions physiques et biologiques ainsi que de l'histoire géologique de la région
considérée.
- Une couche externe poreuse de couleur rose violacé, formée de coussinets
algaux vivants C1), cette couche ne mesure en général que quelques centimètres
d'épaisseur et est surtout développée sur la partie la plus externe de la corniche et
sur sa surface supérieure. La croissance des thalles a été estimée à 2 à 3 centimètres
par an (BOUDOURESQUE et al., 1972).
- Une zone indurée (2) d'épaisseur variable, résultat d'un dépôt de
sédiments fins entre les branches des thalles avec formation d'un ciment calcaire
microcristallin très dur (micrite). Cette zone montre une structure en couches
concentriques séparées par des discontinuités dont la cause, pas entièrement
comprise, paraît bien être météorologique (LABOREL et al., 1983). En effet, sur les
côtes de Corse et de Provence, des conditions anticycloniques stables peuvent
entraîner une baisse de niveau marin de 30 à 40 centimètres pendant un à deux
mois d'affilée (la dernière en date étant celle de Janvier-Février 1989). Si de telles
émersions se produisent en période hivernale, elles ne semblent pas avoir d'effet
sur les peuplements de Lithophyllum, si, par contre, elles ont lieu en été, le
dessèchement et la chaleur conjugués peuvent tuer les thalles et causer une
discontinuité dans la structure de l'encorbellement.
- La surface inférieure de la corniche (3) est morte et recouverte
d assemblages animaux (BELLAN-SANTINI, 1966) et végétaux sciaphiles
(FELDMANN, 1937 ; BOUDOURESQUE, 1971b). Parmi les constituants animaux on
note divers types d organismes destructeurs (éponges du genre Cliona, dattes de
mer du genre Lithophaga...') qui perforent la roche, créant des cavités et affaiblissant
la construction.
trottoir à Vermets de Sicile (de QUATREFAGES, 1854) la formation à Lithophyllum
lichenoides devrait être plutôt désignée sous le nom d"'encorbellement" ou de
"corniche".
Dans les cas les plus simples on n'observe qu'une dense couverture de
thalles sur une hauteur de 20 à 30 centimètres ; il n'y a alors pas de cimentation
interne. A un stade ultérieur on observe un bourrelet saillant qui se développe en
largeur, pouvant évoluer en une corniche en porte-à-faux de 1 à 2 m de largeur
dont la surface supérieure est en général légèrement déprimée par rapport au bord
externe. Parfois deux corniches opposées, de part et d'autre d'une crique peuvent se
rejoindre et former un pont.
Bien que l'installation du peuplement soit assez rapide, il semble que
l'édification d'un encorbellement s'étale sur plusieurs siècles, voire des millénaires
et nécessite des conditions de stabilité du niveau marin qui ont été rarement
réalisées dans l'histoire récente de la Méditerranée (LABOREL et al., 1983).
Structure interne : on observe trois couches successives sur les
encorbellements bien développés dont l'épaisseur relative varie en fonction des
conditions physiques et biologiques ainsi que de l'histoire géologique de la région
considérée.
- Une couche externe poreuse de couleur rose violacé, formée de coussinets
algaux vivants C1), cette couche ne mesure en général que quelques centimètres
d'épaisseur et est surtout développée sur la partie la plus externe de la corniche et
sur sa surface supérieure. La croissance des thalles a été estimée à 2 à 3 centimètres
par an (BOUDOURESQUE et al., 1972).
- Une zone indurée (2) d'épaisseur variable, résultat d'un dépôt de
sédiments fins entre les branches des thalles avec formation d'un ciment calcaire
microcristallin très dur (micrite). Cette zone montre une structure en couches
concentriques séparées par des discontinuités dont la cause, pas entièrement
comprise, paraît bien être météorologique (LABOREL et al., 1983). En effet, sur les
côtes de Corse et de Provence, des conditions anticycloniques stables peuvent
entraîner une baisse de niveau marin de 30 à 40 centimètres pendant un à deux
mois d'affilée (la dernière en date étant celle de Janvier-Février 1989). Si de telles
émersions se produisent en période hivernale, elles ne semblent pas avoir d'effet
sur les peuplements de Lithophyllum, si, par contre, elles ont lieu en été, le
dessèchement et la chaleur conjugués peuvent tuer les thalles et causer une
discontinuité dans la structure de l'encorbellement.
- La surface inférieure de la corniche (3) est morte et recouverte
d assemblages animaux (BELLAN-SANTINI, 1966) et végétaux sciaphiles
(FELDMANN, 1937 ; BOUDOURESQUE, 1971b). Parmi les constituants animaux on
note divers types d organismes destructeurs (éponges du genre Cliona, dattes de
mer du genre Lithophaga...') qui perforent la roche, créant des cavités et affaiblissant
la construction.
