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Les travaux de terrassement et de remblai ont pour conséquence un apport
massif de particules fines qui modifient, d'une part, la granulométrie des sédiments,
d'autre part, la pénétration de la lumière. Dans les horizons les plus superficiels, les
actions hydrodynamiques tendront vers un retour aux conditions initiales par
l'élimination progressive de ces particules fines, mais une tendance à l'envasement
persistera dès que l'hydrodynamisme sera réduit. La diminution de l'énergie
lumineuse atteignant le fond aura pour conséquence une réduction de la
production primaire aussi bien celle du microphytobenthos que celle des
Posidonies. Ainsi, dans le golfe de Marseille, les travaux de remblai ont eu pour
conséquence une dégradation des peuplements des sables fins infralittoraux. L'effet
le plus net est une raréfaction des crustacés péracarides benthoplanctoniques. Des
études menées à 15 ans d'intervalle, en utilisant le même mode de prélèvement,
respectivement par PICARD (1965) et EMDADI (1979) montrent que la dominance
des crustacés passe de 43% en 1961-1962 à seulement 1% en 1976-1977. Même si un
certain nombre d'espèces de mollusques a disparu, la dominance de ce groupe reste
élevée en raison de recrutements fugaces mais quantitativement importants.
L'abondance des polychètes a tendance à augmenter, mais cette augmentation est
souvent le fait de Capitella capitata, espèce prompte à s'installer après un
accroissement de la quantité de matière organique sur le fond.
La pollution des eaux côtières n'est jamais un phénomène simple dans la
mesure où les polluants sont multiples et les effets de synergie imprévisibles
(STORA, 1982). Les conséquences dues aux perturbations affectant les biocénoses
benthiques méditerranéennes de substrats meubles ont été étudiées par BELLAN et
al. (1985) qui décrivent trois étapes essentielles : une phase d'atteinte de la structure
biocénotique, une phase d'apparition d'espèces indicatrices de l'existence et de la
nature des perturbations et le développement de faciès édaphiques. Il existe de
nombreux travaux décrivant les grandes tendances de l'évolution de la biomasse, de
la densité et de la diversité des espèces, notamment en fonction d'un apport en
excès de matière organique. Outre celui très général de PEARSON et ROSENBERG
(1978), nous citerons celui de BELLAN et al. (1980) directement lié aux côtes
méditerranéennes françaises. Nous ne reviendrons pas sur ces travaux mais nous
parlerons seulement de la particularité des conditions méditerranéennes.
Pour les zones superficielles le fait marquant est l'absence d'une zone
intertidale importante. On peut ainsi penser que les fonds marins seront en partie
protégés contre une pollution accidentelle de surface, telle celle due aux
hydrocarbures. De même, les apports en sels nutritifs dissous auront tendance à être
circonscrits dans un panache bien délimité, comme celui du Rhône par exemple.
Des apports aussi importants que ceux du Rhône sur des plages à grands marnage
auraient certainement des effets spectaculaires du type des marées vertes observées
en Bretagne. En revanche, les apports sous forme particulaire finissent toujours par
sédimenter sur le fond. Si le matériel particulaire véhicule des molécules
xénobiotiques plus ou moins dégradables, elles s'accumulent dans les sédiments et
s'intégrent aux chaînes trophiques. Mais l'effet de l'hydrodynamique sera alors
capital, plus il sera fort et les sédiments grossiers, moins cette accumulation sera
élevée. Inversement, plus il sera faible et le sédiment envasé plus l'accumulation
sera importante et dangereuse pour les organismes. L'enfouissement de ces
polluants sera facilité par l'existence d'une faune d'espèces responsables de
phénomènes de bioturbation (terriers, galeries,...).
Les travaux de terrassement et de remblai ont pour conséquence un apport
massif de particules fines qui modifient, d'une part, la granulométrie des sédiments,
d'autre part, la pénétration de la lumière. Dans les horizons les plus superficiels, les
actions hydrodynamiques tendront vers un retour aux conditions initiales par
l'élimination progressive de ces particules fines, mais une tendance à l'envasement
persistera dès que l'hydrodynamisme sera réduit. La diminution de l'énergie
lumineuse atteignant le fond aura pour conséquence une réduction de la
production primaire aussi bien celle du microphytobenthos que celle des
Posidonies. Ainsi, dans le golfe de Marseille, les travaux de remblai ont eu pour
conséquence une dégradation des peuplements des sables fins infralittoraux. L'effet
le plus net est une raréfaction des crustacés péracarides benthoplanctoniques. Des
études menées à 15 ans d'intervalle, en utilisant le même mode de prélèvement,
respectivement par PICARD (1965) et EMDADI (1979) montrent que la dominance
des crustacés passe de 43% en 1961-1962 à seulement 1% en 1976-1977. Même si un
certain nombre d'espèces de mollusques a disparu, la dominance de ce groupe reste
élevée en raison de recrutements fugaces mais quantitativement importants.
L'abondance des polychètes a tendance à augmenter, mais cette augmentation est
souvent le fait de Capitella capitata, espèce prompte à s'installer après un
accroissement de la quantité de matière organique sur le fond.
La pollution des eaux côtières n'est jamais un phénomène simple dans la
mesure où les polluants sont multiples et les effets de synergie imprévisibles
(STORA, 1982). Les conséquences dues aux perturbations affectant les biocénoses
benthiques méditerranéennes de substrats meubles ont été étudiées par BELLAN et
al. (1985) qui décrivent trois étapes essentielles : une phase d'atteinte de la structure
biocénotique, une phase d'apparition d'espèces indicatrices de l'existence et de la
nature des perturbations et le développement de faciès édaphiques. Il existe de
nombreux travaux décrivant les grandes tendances de l'évolution de la biomasse, de
la densité et de la diversité des espèces, notamment en fonction d'un apport en
excès de matière organique. Outre celui très général de PEARSON et ROSENBERG
(1978), nous citerons celui de BELLAN et al. (1980) directement lié aux côtes
méditerranéennes françaises. Nous ne reviendrons pas sur ces travaux mais nous
parlerons seulement de la particularité des conditions méditerranéennes.
Pour les zones superficielles le fait marquant est l'absence d'une zone
intertidale importante. On peut ainsi penser que les fonds marins seront en partie
protégés contre une pollution accidentelle de surface, telle celle due aux
hydrocarbures. De même, les apports en sels nutritifs dissous auront tendance à être
circonscrits dans un panache bien délimité, comme celui du Rhône par exemple.
Des apports aussi importants que ceux du Rhône sur des plages à grands marnage
auraient certainement des effets spectaculaires du type des marées vertes observées
en Bretagne. En revanche, les apports sous forme particulaire finissent toujours par
sédimenter sur le fond. Si le matériel particulaire véhicule des molécules
xénobiotiques plus ou moins dégradables, elles s'accumulent dans les sédiments et
s'intégrent aux chaînes trophiques. Mais l'effet de l'hydrodynamique sera alors
capital, plus il sera fort et les sédiments grossiers, moins cette accumulation sera
élevée. Inversement, plus il sera faible et le sédiment envasé plus l'accumulation
sera importante et dangereuse pour les organismes. L'enfouissement de ces
polluants sera facilité par l'existence d'une faune d'espèces responsables de
phénomènes de bioturbation (terriers, galeries,...).
