16
of organismic assemblages". PÉRÈS donnait en outre toute sa valeur générale au
terme d'assemblage en précisant : "The term refers to ail those species which live
together in an homogeneous environment". L'introduction de ce terme en langue
française a de plus l'avantage de contourner des difficultés de traduction du terme
anglais "assemblage" qui est d'utilisation courante dans la littérature anglosaxonne.
Mais TRAVERS souligne une difficulté supplémentaire, dans
l'identification des biocénoses pélagiques, liée au caractère fluide et mobile de leurs
biotopes. On peut évidemment considérer une masse d'eau particulière, avec sa
densité, sa salinité, sa composition chimique, sa température, son épaisseur, sa
profondeur, comme un biotope mobile au sein duquel une biocénose fonctionne
selon les schémas habituels de transferts de matière et d'énergie. Mais comme
l'indique TRAVERS, toute masse d'eau se mélange plus au moins avec les eaux
adjacentes et voit ses caractéristiques changer au fur et à mesure de son
déplacement. En fait, on retrouve ici l'idée, déjà exprimée par LINDEMAN, selon
laquelle un écosystème est une entité finie dans l'espace et dans le temps ; et l'on
retrouve également l'idée qu'un écosystème n'a pratiquement jamais de limites
physiques tranchées, mais s'articule avec les écosystèmes voisins par des écotones,
espaces d'intergradation réciproque, mais aussi espaces aux caractéristiques
originales auxquelles certaines espèces peuvent être strictement inféodées. Il serait
donc licite d'utiliser le concept d'écosystème, et donc celui de biocénose, pour un
volume d'eau ayant pendant une certaine durée des caractéristiques physicochimiques particulières, cette durée étant suffisante pour que se maintiennent des
populations d'organismes adaptés à ces caractéristiques et accomplissant les
fonctions fondamentales d'un écosystème : production primaire, consommation,
minéralisation et recyclage. Dans l'ensemble de son étendue et pendant sa durée
d'existence, cet écosystème pélagique doit donc pouvoir être caractérisé par un
assemblage particulier d'espèces, tout aussi bien qu'un écosystème benthique ou
terrestre.
Au plan des principes, si l'on s'en tient à une interprétation stricte des idées
de MÔBIUS, de TANSLEY, de LINDEMAN et de PÉRÈS, l'identification des
assemblages constitutifs des biocénoses littorales et marines ne devrait pas poser de
problèmes majeurs. Mais il subsiste toujours le risque de difficultés d'appréciation
des échelles d'espace et de temps pertinentes. Ainsi, est-il judicieux de traiter
comme une biocénose autonome un assemblage particulier d'espèces limité à un
volume très restreint au sein d'un vaste volume occupé par un autre assemblage,
comme une "remontée" en enclave du peuplement de la Moulière dans
l'encorbellement à Lithophyllum lichenoides ? Est-il judicieux de traiter comme
une biocénose autonome un assemblage d'espèces si transitoire qu'un
fonctionnement n'y est qu'au mieux ébauché, comme le regroupement
paucispécifique de polychètes au débouché en mer d'un grand émissaire urbain?
Il ne saurait y avoir de règle en la matière, et il ne faudrait pas qu'une
démarche typologique trop rigide conduise à négliger des éléments, certes ponctuels
ou transitoires, mais qui peuvent avoir une signification fonctionnelle lorsque l'on
ne considère plus des écosystèmes indépendants mais un niveau d'intégration
supérieur, résultat de l'interaction d'écosystèmes, au sens strict du terme, avec des
structures ponctuelles qui sont des éléments de métapopulations à fortes
of organismic assemblages". PÉRÈS donnait en outre toute sa valeur générale au
terme d'assemblage en précisant : "The term refers to ail those species which live
together in an homogeneous environment". L'introduction de ce terme en langue
française a de plus l'avantage de contourner des difficultés de traduction du terme
anglais "assemblage" qui est d'utilisation courante dans la littérature anglosaxonne.
Mais TRAVERS souligne une difficulté supplémentaire, dans
l'identification des biocénoses pélagiques, liée au caractère fluide et mobile de leurs
biotopes. On peut évidemment considérer une masse d'eau particulière, avec sa
densité, sa salinité, sa composition chimique, sa température, son épaisseur, sa
profondeur, comme un biotope mobile au sein duquel une biocénose fonctionne
selon les schémas habituels de transferts de matière et d'énergie. Mais comme
l'indique TRAVERS, toute masse d'eau se mélange plus au moins avec les eaux
adjacentes et voit ses caractéristiques changer au fur et à mesure de son
déplacement. En fait, on retrouve ici l'idée, déjà exprimée par LINDEMAN, selon
laquelle un écosystème est une entité finie dans l'espace et dans le temps ; et l'on
retrouve également l'idée qu'un écosystème n'a pratiquement jamais de limites
physiques tranchées, mais s'articule avec les écosystèmes voisins par des écotones,
espaces d'intergradation réciproque, mais aussi espaces aux caractéristiques
originales auxquelles certaines espèces peuvent être strictement inféodées. Il serait
donc licite d'utiliser le concept d'écosystème, et donc celui de biocénose, pour un
volume d'eau ayant pendant une certaine durée des caractéristiques physicochimiques particulières, cette durée étant suffisante pour que se maintiennent des
populations d'organismes adaptés à ces caractéristiques et accomplissant les
fonctions fondamentales d'un écosystème : production primaire, consommation,
minéralisation et recyclage. Dans l'ensemble de son étendue et pendant sa durée
d'existence, cet écosystème pélagique doit donc pouvoir être caractérisé par un
assemblage particulier d'espèces, tout aussi bien qu'un écosystème benthique ou
terrestre.
Au plan des principes, si l'on s'en tient à une interprétation stricte des idées
de MÔBIUS, de TANSLEY, de LINDEMAN et de PÉRÈS, l'identification des
assemblages constitutifs des biocénoses littorales et marines ne devrait pas poser de
problèmes majeurs. Mais il subsiste toujours le risque de difficultés d'appréciation
des échelles d'espace et de temps pertinentes. Ainsi, est-il judicieux de traiter
comme une biocénose autonome un assemblage particulier d'espèces limité à un
volume très restreint au sein d'un vaste volume occupé par un autre assemblage,
comme une "remontée" en enclave du peuplement de la Moulière dans
l'encorbellement à Lithophyllum lichenoides ? Est-il judicieux de traiter comme
une biocénose autonome un assemblage d'espèces si transitoire qu'un
fonctionnement n'y est qu'au mieux ébauché, comme le regroupement
paucispécifique de polychètes au débouché en mer d'un grand émissaire urbain?
Il ne saurait y avoir de règle en la matière, et il ne faudrait pas qu'une
démarche typologique trop rigide conduise à négliger des éléments, certes ponctuels
ou transitoires, mais qui peuvent avoir une signification fonctionnelle lorsque l'on
ne considère plus des écosystèmes indépendants mais un niveau d'intégration
supérieur, résultat de l'interaction d'écosystèmes, au sens strict du terme, avec des
structures ponctuelles qui sont des éléments de métapopulations à fortes
