données sur les sédiments correspondant à ces assemblages, traitées indépendament
par des mêmes techniques d'analyse, permettent de discriminer les biotopes de
façon tout-à-fait concordante.
Le caractère "opérationnel" des concepts associés de biocénose et de biotope
ne fait ainsi aucun doute, en tout cas dans le domaine benthique. La démarche est
d'ailleurs analogue à celle de l'écologie végétale, lorsque celle-ci définit des
groupements d'espèces à profils écologiques analogues, chaque groupement étant
révélateur des conditions physiques et chimiques particulières à son biotope
(comme le rappelle LOISEL dans ce volume). A diverses reprises, PÉRÈS et PICARD
ont fermement précisé que leur vision de la bionomie benthique marine découlait
directement de la démarche phyto-sociologique de l'Ecole zuricho-montpelliéraine,
démarche qu'ils ont su, avec l'Ecole d'Endoume, adapter progressivement au
milieu marin. C'est d'ailleurs à un botaniste, Roger MOLINIER (1960) que l'on doit
la première tentative de synthèse raisonnée entre le concept d'association végétale,
appliqué pour l'occasion à des peuplements d'algues et le concept de biocénose tel
qu'utilisé, à propos de communautés benthiques, essentiellement par des
zoologistes. On retrouve à nouveau des convergences, quelque dix ans plus tard,
entre zoologistes et botanistes - en dépit de différences terminologiques - lorsqu'on
compare les travaux de BELLAN-SANTINI (1969) et de BOUDOURESQUE (1970).
PÉRÈS (1961) était toutefois hostile à l'utilisation du terme "association" en
bionomie benthique, en raison de son sens très précis en phytosociologie, en raison
aussi de son utilisation dans des sens très divers par bien des botanistes et des
zoologistes. Mais au-delà de ces problèmes terminologiques, il est clair qu'en
écologie terrestre aussi bien que benthique, le concept d'ensemble d'espèces à
composition spécifique révélant une adaptation à un biotope particulier est
solidement établi et apporte en quelque sorte un fondement concret au concept de
biocénose.
En revanche, l'utilisation du concept de biocénose rencontre un certain
nombre de difficultés quand on considère le milieu pélagique, ce que souligne
TRAVERS dans le présent volume. Pour lui, en effet, la faible autonomie du
plancton vis-à vis des mouvements de l'eau ne permet pas aux organismes de
maintenir "une structure très organisée, comme celle d'une véritable biocénose".
Les difficultés tiennent en outre au fait qu'il existe en réalité toute une gradation
depuis les organismes totalement passifs jusqu'à ceux qui sont parfaitement
autonomes vis à vis des déplacements de la masse d'eau. En vérité, il n'y a pas là un
argument définitif contre l'emploi du concept de biocénose : que l'on considère le
domaine benthique ou les milieux terrestres, il y a toujours des animaux dont le
champ d'activité enveloppe plusieurs biocénoses, alors que d'autres sont en
permanence inféodés à telle ou telle biocénose particulière. TRAVERS considère
donc comme plus adéquat d'utiliser le terme "assemblage", qui ne présuppose pas
l'existence d'une organisation fonctionnelle fortement interactive. Il suit en cela la
proposition de PÉRÈS (1982) qui, voulant dépasser les querelles terminologiques
souvent devenues querelles d'écoles, suggéra l'utilisation généralisée du terme
"assemblage", aussi bien pour le domaine benthique que pour le domaine
pélagique, en écrivant : "In spite of the fact that the terms community or
biocoenosis are well defined with regard to the benthal and this can be used for
analysing the distribution of benthic organisms, it has been preferred to adopt here a
more general and objective term for both the benthal and the pélagial namelj that
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