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Selon les données du P. N. U. E. (1991), les métaux lourds s'accumulent dans
les eaux profondes et les sédiments - polluants susceptibles de remonter
ultérieurement - mais aussi dans les organismes marins, et à des concentrations
suffisamment élevées pour être toxiques : des dérivés de l'arsenic peuvent inhiber
la croissance des algues à de très faibles concentrations. Le mercure est présent dans
le poisson sous forme de méthylmercure, les concentrations les plus élevées étant
signalées dans les gros poissons, comme l'espadon ou le thon : des analyses ont mis
en évidence que les thons de la Méditerranée occidentale contiennent presque deux
fois plus de mercure que les thons de la Méditerranée orientale et de l'Atlantique.
Par ailleurs, dans la baie de Kastela, sur la côte yougoslave, les taux de mercure sont
de 30 à 100 fois plus élevés que ceux que l'on a en moyenne en Méditerranée. Le
mercure menacerait les pêcheurs et les forts consommateurs de poisson de la
région, qui pourraient courir un risque d'empoisonnement par ce métal.
Tous les experts sont d'accord pour reconnaître l'importance de la pollution
atmosphérique : plus du tiers de la pollution arriverait ainsi par les airs. Le Groupe
d'experts pour les aspects scientifiques de la pollution des mers (GESAMP, 1990)
estime, sur la base de données portant sur la période 1981-1984, que les retombées
atmosphériques ont amené dans la Méditerranée "annuellement, 5 000 à 30 000
tonnes de plomb, 4 000 à 25 000 tonnes de zinc, 200 à 1 000 tonnes de chrome et 20 à
100 tonnes de mercure". Les documents de la Banque Mondiale font état, quant à
eux, du fait que le chrome et le mercure aboutissent dans la Méditerranée autant par
les airs que par les fleuves, tandis que 90 % du plomb atteignant l'ouest
méditerranéen seraient apportés par les vents.
B) CONCLUSION
On a longtemps cru aux propriétés purificatrices sans limites de
l'environnement côtier. En ce temps-là, on croyait pouvoir sans crainte l'utiliser
comme poubelle du monde, déverser dans les eaux littorales tous les déchets,
toxiques ou non, radioactifs ou pétroliers, aussi bien dans les estuaires qu'à
proximité des côtes. Depuis vingt ans déjà, cette illusion a disparu. L'océan, luimême, n'est plus considéré officiellement comme un réservoir infini. On a enfin
réalisé les limites de sa taille comme celles de son pouvoir. Ces limites ne sont pas
loin d être atteintes pour plusieurs zones côtières (baies, anses, ports, estuaires,
lagunes...) où se déversent les rejets domestiques et industriels, riches en apports de
sels nutritifs et de matières organiques diverses, excédents de fertilisants utilisés en
milieu rural et emportés par le ruissellement.
Sur le littoral Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA) c'est un flux de pollution
de près de six millions d habitants qui se déverse tous les étés dans la Méditerranée
entre les Saintes-Marie-de-la-Mer et Menton (MANCHE et VICENTE, 1986).
La capacité d épuration représente 1/3 des besoins, si bien qu'est rejetée dans
le milieu sans traitement la pollution de deux habitants sur trois et pour la partie
épurée il est nécessaire de noter que celle-ci n’est jamais totale.
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