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qui représente une densité exceptionnelle de fréquentation dans cette mer fermée et
de petites dimensions.
En effet, la tendance actuelle est à la diminution du nombre des naviresciternes et à l'augmentation de celui des transporteurs de produits raffinés. Or, ces
produits, non seulement sont plus volatils, plus solubles et plus toxiques, mais ils
sont transportés dans des conteneurs relativement fragiles, sur des navires plus
facilement submersibles. La Banque mondiale rapporte que "certains experts
considèrent que de tels déversement pourraient constituer à l'avenir un danger
encore plus grand que les marées noires."
Les risques de marée noire sont donc indéniables. Intensité du trafic,
vieillissement de la flotte, pavillons de complaisance, personnel peu formé : il est
même étonnant qu'il n'y ait pas plus d'accidents comparables à celui du Haven,
survenu en 1991 dans le golfe de Gênes ! Par ailleurs, le ballastage volontaire
effectué en haute mer par les grands pétroliers est responsable de déversements non
négligeables. C'est naturellement une action pirate que rien ne peut excuser, mais
que le faible nombre des ports équipés explique en partie : en 1983, sur 52 ports
pétroliers répartis sur l'ensemble du littoral méditerranéen, 36 n'étaient pas
équipés!
On estime qu'environ les trois quarts des 650 000 tonnes de pétrole
déversées chaque année en Méditerranée le sont par des navires, soit environ dixsept fois le tonnage échappé de l'Exon Valdez en Alaska. Le reste provient des
fleuves, des raffineries et, pour une large part, de l'atmosphère. Environ un tiers
atteint le littoral et s'y dépose : les rochers sont enrobés de mazout gluant, les galets
des plages sont amalgamés. Ainsi, en 1985, les documents du Plan d'action pour la
Méditerranée rapportent "qu'un huitième à un quart de la pollution mondiale due
aux hydrocarbures aboutit en Méditerranée", avec une concentration des
hydrocarbures flottants en mer Ionienne et au large des côtes de l'Afrique du Nord.
Plus pernicieuse, car moins visible, est la pollution par les hydrocarbures
polybenzéniques cancérigènes. Des analyses l'ont mise en évidence dans de
nombreux organismes marins, surtout planctoniques. Il semblerait que ces
molécules suivent les chaînes alimentaires classiques. Quant aux hydrocarbures
chlorés (DDT, HCH, PCB), des traces en sont trouvées à tous les niveaux. Eux aussi
sont intégrés par les organismes vivants et se transmettent en suivant la chaîne
biologique.
Les métaux lourds
Usines et raffineries de pétrole installées sur le littoral produisent des
quantités importantes d'effluents toxiques - en majorité des métaux lourds - qui
sont rejetés à la mer. A cette pollution in situ s'ajoutent les polluants charriés par
les fleuves.
"Chaque année, environ 120 000 tonnes d'huiles minérales, 12 000 tonnes de
phénol, 6 000 tonnes de détergents, 100 tonnes de mercure, 2 400 tonnes de chrome,
21 000 tonnes de zinc, 32 000 tonnes de phosphore et 800 000 tonnes d'azote
pénètrent en Méditerranée, provenant de sources anthropogènes", selon les sources
du Plan d'action pour la Méditerranée de 1985.
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