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courant atlantique : les eaux de surface sont toujours pauvres en éléments nutritifs.
Il faut plutôt mettre en cause l'accroissement des activités industrielles, agricoles et
urbaines. Grâce aux récentes campagnes océanographiques "Medatlante", on a
obtenu des mesures en eaux profondes qui ont confirmé cette augmentation des
concentrations en phosphate (BÉTHOUX et COPIN-MONTÉGUT, 1988). On a même
pu en déduire un rythme d'augmentation des rejets telluriques de 3 % par an (Fig.
1) ce qui correspond à un doublement des apports en 25 ans seulement. L'impact
écologique se constate déjà : occurrence de plus en plus fréquente des marées rouges
et, de manière plus diffuse, une probable augmentation de la productivité de la
Méditerranée. Davantage de phytoplancton signifie, à l'autre bout de chaîne
trophique, davantage de poissons et...de meilleurs pêches.
Mais, comme dans tout écosystème, les choses ne sont pas si simples et
reposent sur des équilibres fragiles : dans le cycle marin du carbone, la majeur partie
de la matière organique créée en surface coule dans les eaux profondes, une fraction
déposant sur les fonds. Lors de son séjour en profondeur, elle subit une réaction
chimique de dégradation, puis de reminéralisation (transformation en minéral), qui
nécessite une consommation d'oxygène. Or, le stock d'oxygène des eaux profondes
est limité par la quantité d'oxygène dissous que les eaux de surface emportent avec
elles lors de leur plongée hivernale. Dans l'hypothèse d'une croissance continue, à
la fois des apports en sels nutritifs et de la photosynthèse, le plus probable est donc, à
terme, une déficience en oxygène des eaux profondes (BÉTHOUX, 1989), à échéance
de 30 à 50 ans tout au plus avec pour conséquences une disparition de la faune
benthique et son remplacement par des micro-organismes anaérobies.
d) Les substances toxiques
Presque un quart de la pollution totale de la Méditerranée se trouve dans sa
partie nord-ouest - et donc concerne le eaux françaises - d'après des estimations
fournies par la Banque mondiale. Due aux rejets agricoles, urbains et industriels
faits, soit directement dans la mer, soit dans les fleuves qui s'y jettent, la pollution
tellurique joue un rôle important dans ce taux et pose un problème crucial dans
cette partie du bassin méditerranéen. Ayant essentiellement pour origine la France,
l'Italie et l'Espagne, elle provient de leurs littoraux et des bassins-versants des
fleuves qui y aboutissent. Quant à l'Adriatique, elle totaliserait à elle seule 35 % de
la pollution totale de la Méditerranée. La source en serait en grande partie l'Italie.
En ex-Yougoslavie, la situation est tout aussi déplorable : les baies situées à
proximité des deux villes côtières de Split et de Rijeka sont les deux zones les plus
polluées de l'Adriatique.
Les hydrocarbures
Les hydrocarbures - pétrole brut, produits raffinés, gaz naturel liquéfié - sont
° jet essent^ du trafic de ces produits. Selon les données de la Banque Mondiale,
35 % du total mondial du pétrole, brut ou raffiné, transite par la Méditerranée, ce
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