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Deux possibilités se présentent alors selon les espèces d'algues impliquées :
1 - algues de grande taille du genre Ulva (laitue de mer). On assiste (en
Bretagne) à l'échouage de milliers de tonnes d'Ulves sur les plages où cette biomasse
se dégrade progressivement.
2 - algues microscopiques unicellulaires (phytoplancton) formant des
efflorescences importantes au point de colorer la mer. Cette production végétale est
le plus souvent mal utilisée par les herbivores et tout se traduit par une
augmentation de flux de matière organique vers les sédiments. L'excès de biomasse
non "broutée" par le zooplancton se décomposera en consommant de l'oxygène
d'où hypoxie voire anoxie du milieu entraînant la mort de la faune benthique. Les
bactéries se développent alors, épuisant l'oxygène résiduel ; les bactéries du cycle du
soufre (sulfato-réductrices) libèrent de l'hydrogène sulfuré, toxique pour l'ensemble
des êtres vivants. A cette pollution s'ajoute celle des détergents. Une ville de 100 000
habitants, non équipée de station d'épuration, rejette en moyenne deux tonnes de
détergents chaque jour ! Même si des progrès ont été faits dans certains pays,
nombreux sont encore les rejets "sauvages". Les trois quarts des détergents de
synthèse sont à base d'alkyl-benzène-sulfonate de sodium, ou "ABS". Ils forment, à
la surface de la mer, un film qui met beaucoup de temps à se dissoudre. Leur
nocivité semble provenir essentiellement de leurs propriétés tensioactives qui leur
font concentrer de nombreux agents."Même à des concentrations très faibles, ils
perturbent dangereusement les taux de l'oxygène dissous et la transmission de la
lumière ; ils inhibent ainsi la prolifération des algues planctoniques autotrophes et,
par conséquent, le pouvoir auto-épurateur du milieu marin" (CHARBONNIER,
1990).
Par son ampleur, par sa nocivité et par le train de mesures qu'elle
nécessiterait pour être stoppée, la pollution d'origine tellurique est sans doute
actuellement l'une de plus sérieuses attaques subies par la Méditerranée. Or, la
situation devrait s'aggraver! En effet, du fait de la faiblesse des brassages
horizontaux, cette pollution reste en partie localisée près des sources de rejet ; mais,
avec le phénomène inéluctable de la littoralisation, les sources vont se multiplier et
se densifier, si bien qu'à l'instar de ce que connaissent actuellement certains
littoraux, les eaux y seront polluées presque sans discontinuer. La solution est bien
sûr dans le développement de réseaux de collecte des eaux usées et dans la
multiplication des stations de traitement, mais les constats actuels de la situation
montrent qu'il y a entre cette solution et la réalité une marge qui est presque un
abîme !
Le phosphore des eaux profondes méditerranéennes
Il s'agit ici d'un problème très préoccupant car il concerne 1 état de santé des
biocénoses profondes méditerranéennes dans un avenir proche.
Examinons le cycle méditerranéen du phosphore. Deux sources possibles .
le courant superficiel atlantique d'une part, et d'autre part les apports d eau douce
qui véhiculent des rejets d'origine continentale ou "telluriques . Les données
accumulées en Méditerranée depuis les années 60 font apparaître que la
concentration en phosphate a augmenté. On peut déjà exclure la responsa i ite u
Deux possibilités se présentent alors selon les espèces d'algues impliquées :
1 - algues de grande taille du genre Ulva (laitue de mer). On assiste (en
Bretagne) à l'échouage de milliers de tonnes d'Ulves sur les plages où cette biomasse
se dégrade progressivement.
2 - algues microscopiques unicellulaires (phytoplancton) formant des
efflorescences importantes au point de colorer la mer. Cette production végétale est
le plus souvent mal utilisée par les herbivores et tout se traduit par une
augmentation de flux de matière organique vers les sédiments. L'excès de biomasse
non "broutée" par le zooplancton se décomposera en consommant de l'oxygène
d'où hypoxie voire anoxie du milieu entraînant la mort de la faune benthique. Les
bactéries se développent alors, épuisant l'oxygène résiduel ; les bactéries du cycle du
soufre (sulfato-réductrices) libèrent de l'hydrogène sulfuré, toxique pour l'ensemble
des êtres vivants. A cette pollution s'ajoute celle des détergents. Une ville de 100 000
habitants, non équipée de station d'épuration, rejette en moyenne deux tonnes de
détergents chaque jour ! Même si des progrès ont été faits dans certains pays,
nombreux sont encore les rejets "sauvages". Les trois quarts des détergents de
synthèse sont à base d'alkyl-benzène-sulfonate de sodium, ou "ABS". Ils forment, à
la surface de la mer, un film qui met beaucoup de temps à se dissoudre. Leur
nocivité semble provenir essentiellement de leurs propriétés tensioactives qui leur
font concentrer de nombreux agents."Même à des concentrations très faibles, ils
perturbent dangereusement les taux de l'oxygène dissous et la transmission de la
lumière ; ils inhibent ainsi la prolifération des algues planctoniques autotrophes et,
par conséquent, le pouvoir auto-épurateur du milieu marin" (CHARBONNIER,
1990).
Par son ampleur, par sa nocivité et par le train de mesures qu'elle
nécessiterait pour être stoppée, la pollution d'origine tellurique est sans doute
actuellement l'une de plus sérieuses attaques subies par la Méditerranée. Or, la
situation devrait s'aggraver! En effet, du fait de la faiblesse des brassages
horizontaux, cette pollution reste en partie localisée près des sources de rejet ; mais,
avec le phénomène inéluctable de la littoralisation, les sources vont se multiplier et
se densifier, si bien qu'à l'instar de ce que connaissent actuellement certains
littoraux, les eaux y seront polluées presque sans discontinuer. La solution est bien
sûr dans le développement de réseaux de collecte des eaux usées et dans la
multiplication des stations de traitement, mais les constats actuels de la situation
montrent qu'il y a entre cette solution et la réalité une marge qui est presque un
abîme !
Le phosphore des eaux profondes méditerranéennes
Il s'agit ici d'un problème très préoccupant car il concerne 1 état de santé des
biocénoses profondes méditerranéennes dans un avenir proche.
Examinons le cycle méditerranéen du phosphore. Deux sources possibles .
le courant superficiel atlantique d'une part, et d'autre part les apports d eau douce
qui véhiculent des rejets d'origine continentale ou "telluriques . Les données
accumulées en Méditerranée depuis les années 60 font apparaître que la
concentration en phosphate a augmenté. On peut déjà exclure la responsa i ite u
