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manuel, PÉRÈS (1961) - qui, curieusement, n'utilise pas le terme d'écosystème -
insiste sur le caractère inséparable des notions de biocénose et de biotope, celui-ci
étant défini comme une surface ou un volume dont les caractères physicochimiques dominants sont "homogènes".
La notion d'homogénéité ne va pas sans poser quelques problèmes, en
particulier d'échelle : au sein d'un espace ayant des traits dominants évidents, il
peut exister des endroits aux caractéristiques différentes, où l'on trouve des
assemblages d'espèces distincts de la biocénose adaptée à l'espace en question.
PÉRÈS (1961) désigne ces assemblages étroitement localisés par le terme "enclave",
en entendant par là "l'existence locale et pour des raisons microclimatiques, d'une
biocénose à l'intérieur d'une surface occupée par une autre biocénose". Les
exemples de situations de ce type ne manquent pas, notamment lorsque le substrat
est solide : cela pose de délicats problèmes, terminologiques certes, mais surtout
conceptuels. S'il y a imbrication spatiale d'assemblages d'espèces distincts, adaptés
chacun à des conditions abiotiques différentes, peut-on considérer, si l'on reste dans
la logique des définitions originelles, que l'on a imbrication de biocénoses et donc
d'écosystèmes différents?
Cela signifierait que chaque écosystème possède son propre système
d'interactions et donc une large autonomie fonctionnelle. Rien d'impossible à celà,
mais tout est question d'échelle : plus une enclave est petite, plus elle doit être
dépendante d'interactions avec la biocénose qui l'entoure. Comme le souligne
PICARD (1985), cela ne facilite pas la délimitation des écosystèmes. Ces difficultés ne
sont pas propres au milieu marin. En réalité, dans tous les milieux et à toutes les
échelles, les systèmes écologiques sont disposés en mosaïques : leur étude se heurte
à chaque fois au problème de la reconnaissance de limites objectives tant du point
de vue structural qu'en ce qui concerne le fonctionnement. L'idéal serait en effet, à
chaque fois, de distinguer un système écologique des systèmes adjacents par une
composition spécifique et une organisation spatiale qui lui soient propres, en ayant
en même temps la certitude que, pour l'essentiel, les processus majeurs d'entretien
du système se déroulent à l'intérieur des limites qui ont été reconnues (PICARD,
1985). On voit bien l'importance de ces questions pouvant paraître à première vue
théoriques vis-à-vis de l'organisation pratique, sur le terrain, d'une politique de
gestion des systèmes écologiques.
La délimitation des biocénoses, donc des écosystèmes, reste ainsi une
nécessité, même si l'on sait qu'elle comporte toujours une part d'arbitraire : rien ne
garantit a priori que des limites spatiales déterminées à l'aide de critères
uniquement structuraux soient ipso facto des limites fonctionnelles pertinentes.
Dans la pratique, faute de connaissances préalables sur les caractéristiques
fonctionnelles propres à un système écologique particulier, il faut néammoins se
contenter dans un premier temps de critères structuraux pour délimiter l'espace que
ce système occupe.
PÉRÈS (1961), en rapprochant le terme de biocénose de celui de
"communauté", utilisé très tôt par certains spécialistes de bionomie marine, a
développé une importante discussion sur les avantages respectifs des approches
qualitatives et quantitatives pour la distinction des "unités de peuplement du
benthos.
Les méthodes quantitatives, c'est à dire le dénombrement, par espèce, des
individus présents dans des échantillons de surface ou de volume définis,
manuel, PÉRÈS (1961) - qui, curieusement, n'utilise pas le terme d'écosystème -
insiste sur le caractère inséparable des notions de biocénose et de biotope, celui-ci
étant défini comme une surface ou un volume dont les caractères physicochimiques dominants sont "homogènes".
La notion d'homogénéité ne va pas sans poser quelques problèmes, en
particulier d'échelle : au sein d'un espace ayant des traits dominants évidents, il
peut exister des endroits aux caractéristiques différentes, où l'on trouve des
assemblages d'espèces distincts de la biocénose adaptée à l'espace en question.
PÉRÈS (1961) désigne ces assemblages étroitement localisés par le terme "enclave",
en entendant par là "l'existence locale et pour des raisons microclimatiques, d'une
biocénose à l'intérieur d'une surface occupée par une autre biocénose". Les
exemples de situations de ce type ne manquent pas, notamment lorsque le substrat
est solide : cela pose de délicats problèmes, terminologiques certes, mais surtout
conceptuels. S'il y a imbrication spatiale d'assemblages d'espèces distincts, adaptés
chacun à des conditions abiotiques différentes, peut-on considérer, si l'on reste dans
la logique des définitions originelles, que l'on a imbrication de biocénoses et donc
d'écosystèmes différents?
Cela signifierait que chaque écosystème possède son propre système
d'interactions et donc une large autonomie fonctionnelle. Rien d'impossible à celà,
mais tout est question d'échelle : plus une enclave est petite, plus elle doit être
dépendante d'interactions avec la biocénose qui l'entoure. Comme le souligne
PICARD (1985), cela ne facilite pas la délimitation des écosystèmes. Ces difficultés ne
sont pas propres au milieu marin. En réalité, dans tous les milieux et à toutes les
échelles, les systèmes écologiques sont disposés en mosaïques : leur étude se heurte
à chaque fois au problème de la reconnaissance de limites objectives tant du point
de vue structural qu'en ce qui concerne le fonctionnement. L'idéal serait en effet, à
chaque fois, de distinguer un système écologique des systèmes adjacents par une
composition spécifique et une organisation spatiale qui lui soient propres, en ayant
en même temps la certitude que, pour l'essentiel, les processus majeurs d'entretien
du système se déroulent à l'intérieur des limites qui ont été reconnues (PICARD,
1985). On voit bien l'importance de ces questions pouvant paraître à première vue
théoriques vis-à-vis de l'organisation pratique, sur le terrain, d'une politique de
gestion des systèmes écologiques.
La délimitation des biocénoses, donc des écosystèmes, reste ainsi une
nécessité, même si l'on sait qu'elle comporte toujours une part d'arbitraire : rien ne
garantit a priori que des limites spatiales déterminées à l'aide de critères
uniquement structuraux soient ipso facto des limites fonctionnelles pertinentes.
Dans la pratique, faute de connaissances préalables sur les caractéristiques
fonctionnelles propres à un système écologique particulier, il faut néammoins se
contenter dans un premier temps de critères structuraux pour délimiter l'espace que
ce système occupe.
PÉRÈS (1961), en rapprochant le terme de biocénose de celui de
"communauté", utilisé très tôt par certains spécialistes de bionomie marine, a
développé une importante discussion sur les avantages respectifs des approches
qualitatives et quantitatives pour la distinction des "unités de peuplement du
benthos.
Les méthodes quantitatives, c'est à dire le dénombrement, par espèce, des
individus présents dans des échantillons de surface ou de volume définis,
