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Une politique de protection suppose la mise en oeuvre d'actions
spatialement ajustées aux différents milieux concernés, en tenant compte à la fois
de leurs particularités structurales et fonctionnelles et des menaces dont ils sont
l'objet.
Pour appréhender les milieux littoraux et marins au travers d'une
indispensable typologie, le concept de biocénose a paru le plus adéquat dans le cadre
du présent ouvrage. Il convient cependant, au préabable, d'en apprécier tant la
portée que les limites, afin de clarifier les bases conceptuelles sur lesquelles doit
s'appuyer une gestion rationnelle des systèmes écologiques.
Le terme de biocénose a été créé en 1877 par un spécialiste de la biologie
marine, Karl MÔBIUS, dans le cadre d'une étude à la fois écologique et économique
sur les bancs d'huitres. PÉRÈS (1961), reprenant pratiquement les termes de
MÔBIUS, définit une biocénose comme un "groupement d'êtres vivants
correspondant par sa composition, par le nombre des espèces et des individus, à
certaines conditions moyennes du milieu, groupement d'êtres qui sont liés par une
dépendance réciproque et se maintiennent en se reproduisant dans un certain
endroit de façon permanente". Dans ses considérations, MÔBIUS soulignait l'étroite
dépendance des espèces d'une biocénose vis-à-vis des fluctuations des conditions
physiques du milieu, l'importance des relations interspécifiques et leur rôle
régulateur, les perturbations qu'introduisent le cas échéant des prélèvements
excessifs, lorsque les capacités de reconstitution des populations se trouvent
dépassées. Indiscutablement, la biocénose est aux yeux de MÔBIUS une entité
fonctionnelle, adaptée aux conditions "moyennes" d'un milieu particulier, ainsi
qu'à leurs fluctuations, du moins dans certaines limites.
Au fil des décennies, sous l'influence de divers chercheurs, il devint de plus
en plus évident que les communautés biotiques, les biocénoses, forment avec leur
environnement physique et chimique un tout indissociable. Divers termes furent
proposés pour désigner ces "entités" qui, comme le rappelle LINDEMAN (1942),
désignaient "the ecological System composed of the biocoenosis + biotop", concept
qui correspond tout-à-fait à ce qu'entendait TANSLEY (1935) en proposant le terme
"ecosystem", unité écologique fondamentale dont LINDEMAN (1942) propose une
définition plus élaborée que celle de TANSLEY : "The ecosystem may be formally
defined as the System composed of physical-chimical-biological processes active
within a space-time unit of any magnitude, Le., the biotic community plus its
abiotic environment". TANSLEY lui même n'utilisa ni le terme "biocénose" ni
celui de 'biotope" en définissant son concept d'écosystème, et c'est donc à
LINDEMAN que l'on doit d'avoir précisé les relations entre ces trois concepts. Tout
utilisateur de ces termes qui se veut respectueux de la pensée de MÔBIUS, de celle
de TANSLEY et de celle de LINDEMAN doit donc ne pas les dissocier : délimiter un
écosystème, c est délimiter un espace aux caractéristiques physiques et chimiques
particulières, et c est en même temps distinguer une biocénose adaptée par sa
composition à ces caractéristiques, et formant avec le biotope une entité
fonctionnelle indissociable, distincte des entités voisines caractérisées par des
assemblages d'espèces différents.
Dans le domaine de 1 océanographie biologique, le concept de biocénose, né
en mer pourrait-on dire, a pris tout naturellement place, en particulier dans les
conceptions de l'école d'Endoume (PÉRÈS et PICARD, 1964 ; PERES, 1961). Dans son
Une politique de protection suppose la mise en oeuvre d'actions
spatialement ajustées aux différents milieux concernés, en tenant compte à la fois
de leurs particularités structurales et fonctionnelles et des menaces dont ils sont
l'objet.
Pour appréhender les milieux littoraux et marins au travers d'une
indispensable typologie, le concept de biocénose a paru le plus adéquat dans le cadre
du présent ouvrage. Il convient cependant, au préabable, d'en apprécier tant la
portée que les limites, afin de clarifier les bases conceptuelles sur lesquelles doit
s'appuyer une gestion rationnelle des systèmes écologiques.
Le terme de biocénose a été créé en 1877 par un spécialiste de la biologie
marine, Karl MÔBIUS, dans le cadre d'une étude à la fois écologique et économique
sur les bancs d'huitres. PÉRÈS (1961), reprenant pratiquement les termes de
MÔBIUS, définit une biocénose comme un "groupement d'êtres vivants
correspondant par sa composition, par le nombre des espèces et des individus, à
certaines conditions moyennes du milieu, groupement d'êtres qui sont liés par une
dépendance réciproque et se maintiennent en se reproduisant dans un certain
endroit de façon permanente". Dans ses considérations, MÔBIUS soulignait l'étroite
dépendance des espèces d'une biocénose vis-à-vis des fluctuations des conditions
physiques du milieu, l'importance des relations interspécifiques et leur rôle
régulateur, les perturbations qu'introduisent le cas échéant des prélèvements
excessifs, lorsque les capacités de reconstitution des populations se trouvent
dépassées. Indiscutablement, la biocénose est aux yeux de MÔBIUS une entité
fonctionnelle, adaptée aux conditions "moyennes" d'un milieu particulier, ainsi
qu'à leurs fluctuations, du moins dans certaines limites.
Au fil des décennies, sous l'influence de divers chercheurs, il devint de plus
en plus évident que les communautés biotiques, les biocénoses, forment avec leur
environnement physique et chimique un tout indissociable. Divers termes furent
proposés pour désigner ces "entités" qui, comme le rappelle LINDEMAN (1942),
désignaient "the ecological System composed of the biocoenosis + biotop", concept
qui correspond tout-à-fait à ce qu'entendait TANSLEY (1935) en proposant le terme
"ecosystem", unité écologique fondamentale dont LINDEMAN (1942) propose une
définition plus élaborée que celle de TANSLEY : "The ecosystem may be formally
defined as the System composed of physical-chimical-biological processes active
within a space-time unit of any magnitude, Le., the biotic community plus its
abiotic environment". TANSLEY lui même n'utilisa ni le terme "biocénose" ni
celui de 'biotope" en définissant son concept d'écosystème, et c'est donc à
LINDEMAN que l'on doit d'avoir précisé les relations entre ces trois concepts. Tout
utilisateur de ces termes qui se veut respectueux de la pensée de MÔBIUS, de celle
de TANSLEY et de celle de LINDEMAN doit donc ne pas les dissocier : délimiter un
écosystème, c est délimiter un espace aux caractéristiques physiques et chimiques
particulières, et c est en même temps distinguer une biocénose adaptée par sa
composition à ces caractéristiques, et formant avec le biotope une entité
fonctionnelle indissociable, distincte des entités voisines caractérisées par des
assemblages d'espèces différents.
Dans le domaine de 1 océanographie biologique, le concept de biocénose, né
en mer pourrait-on dire, a pris tout naturellement place, en particulier dans les
conceptions de l'école d'Endoume (PÉRÈS et PICARD, 1964 ; PERES, 1961). Dans son
