144
poissons suit la même évolution anarchique et incontrôlée que celle de la
conchyliculture depuis une quarantaine d'années. Malheureusement, il n'existe
encore aucune législation bien établie qui régissent le statut des lagunes et leur mise
en valeur.
Dans une optique d'optimisation des productions aquacoles, il est souvent
fait appel à l'introduction dans les milieux paraliques français (et européens)
d'espèces exotiques en provenance de provinces biogéographiques diverses,
généralement indo-pacifiques et le plus souvent japonaises. Cette démarche, qui
initialement était orientée vers un transfert de technologies en provenance d'un
pays à la longue tradition aquacole, a vite évolué vers le transfert global de
l'ensemble technologie-espèce, puis vers le transfert des espèces seules, une fois les
technologies assimilées. Il ne nous appartient pas de juger des motivations qui ont
poussé à de tels transferts mais il est indispensable de souligner ici les risques
encourus par nos écosystèmes indigènes dans de telles expériences à but purement
économique. Quelles que soient les précautions prises actuellement, le transfert
d'une espèce exotique à vocation économique dans nos milieux paraliques tempérés
risque de s'accompagner du transfert concomitant d'espèces associées, parasites,
commensales ou non. Ce transfert clandestin, à l'état larvaire ou sporulé pour les
formes macroscopiques, est susceptible de se traduire dans nos biotopes par une
colonisation proliférante, difficilement contrôlable d'une ou plusieurs espèces qui
risque d'aboutir à un déséquilibre des biocénoses indigènes, par compétition
interspécifique (spatiale, trophique, génésique, etc.). Nous citerons en exemple le
développement accidentel mais explosif de Sargassum muticum et Ondaria
pinnatifida dans 1' Étang de Thau. Ces algues brunes colonisent tous les substrats
durs immergés, y compris les structures conchylicoles qu'elles isolent du reste du
bassin avec toutes les conséquences d'une augmentation drastique du confinement
au sein du système conchylicole.
Pour être totalement objectifs, nous préciserons que ces tranfert d'espèces
sont également favorisés accidentellement par les transports maritimes.
• La préservation des systèmes paraliques.
Depuis quelques années on observe une certaine prise de conscience
individuelle et collective de la nécessité de préserver aussi rapidement que possible
les environnements naturels (au sens de sauvages). Les milieux paraliques, de par
leur valeur économique et culturelle et leur exposition privilégiée aux diverses
agressions, dans leur majorité d'origine anthropique, ont suscité très tôt l'intérêt de
l'actualité. C'est ainsi qu'ont été définies et instituées des aires de protection visant à
la conservation d'une espèce, d'une biocénose ou d'un écosystème. Dans de
nombreux cas, la mise en réserve consiste à valoriser exagérément l'espèce, le
peuplement ou l'écosystème en l'isolant fonctionnellement de son contexte
environnemental. Le fait de privilégier un compartiment, qui devient démesuré par
rapport à sa place normale, déséquilibre totalement l'environnement
écosystémique. Nous évoquerons l'exemple du flamand rose préservé dans la
réserve de Camargue dont la prolifération menace de désertification (par la
prédation et 1 excès de rejets fécaux azotés et phosphorés les écosystème paraliques
du delta, et dont on doit limiter périodiquement le nombre.
poissons suit la même évolution anarchique et incontrôlée que celle de la
conchyliculture depuis une quarantaine d'années. Malheureusement, il n'existe
encore aucune législation bien établie qui régissent le statut des lagunes et leur mise
en valeur.
Dans une optique d'optimisation des productions aquacoles, il est souvent
fait appel à l'introduction dans les milieux paraliques français (et européens)
d'espèces exotiques en provenance de provinces biogéographiques diverses,
généralement indo-pacifiques et le plus souvent japonaises. Cette démarche, qui
initialement était orientée vers un transfert de technologies en provenance d'un
pays à la longue tradition aquacole, a vite évolué vers le transfert global de
l'ensemble technologie-espèce, puis vers le transfert des espèces seules, une fois les
technologies assimilées. Il ne nous appartient pas de juger des motivations qui ont
poussé à de tels transferts mais il est indispensable de souligner ici les risques
encourus par nos écosystèmes indigènes dans de telles expériences à but purement
économique. Quelles que soient les précautions prises actuellement, le transfert
d'une espèce exotique à vocation économique dans nos milieux paraliques tempérés
risque de s'accompagner du transfert concomitant d'espèces associées, parasites,
commensales ou non. Ce transfert clandestin, à l'état larvaire ou sporulé pour les
formes macroscopiques, est susceptible de se traduire dans nos biotopes par une
colonisation proliférante, difficilement contrôlable d'une ou plusieurs espèces qui
risque d'aboutir à un déséquilibre des biocénoses indigènes, par compétition
interspécifique (spatiale, trophique, génésique, etc.). Nous citerons en exemple le
développement accidentel mais explosif de Sargassum muticum et Ondaria
pinnatifida dans 1' Étang de Thau. Ces algues brunes colonisent tous les substrats
durs immergés, y compris les structures conchylicoles qu'elles isolent du reste du
bassin avec toutes les conséquences d'une augmentation drastique du confinement
au sein du système conchylicole.
Pour être totalement objectifs, nous préciserons que ces tranfert d'espèces
sont également favorisés accidentellement par les transports maritimes.
• La préservation des systèmes paraliques.
Depuis quelques années on observe une certaine prise de conscience
individuelle et collective de la nécessité de préserver aussi rapidement que possible
les environnements naturels (au sens de sauvages). Les milieux paraliques, de par
leur valeur économique et culturelle et leur exposition privilégiée aux diverses
agressions, dans leur majorité d'origine anthropique, ont suscité très tôt l'intérêt de
l'actualité. C'est ainsi qu'ont été définies et instituées des aires de protection visant à
la conservation d'une espèce, d'une biocénose ou d'un écosystème. Dans de
nombreux cas, la mise en réserve consiste à valoriser exagérément l'espèce, le
peuplement ou l'écosystème en l'isolant fonctionnellement de son contexte
environnemental. Le fait de privilégier un compartiment, qui devient démesuré par
rapport à sa place normale, déséquilibre totalement l'environnement
écosystémique. Nous évoquerons l'exemple du flamand rose préservé dans la
réserve de Camargue dont la prolifération menace de désertification (par la
prédation et 1 excès de rejets fécaux azotés et phosphorés les écosystème paraliques
du delta, et dont on doit limiter périodiquement le nombre.
