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mise en évidence d'une organisation biologique zonale du domaine paralique
méditerranéen a permis de sélectionner avec pertinence les sites d'implantation de
l'aquaculture en fonction des espèces choisies et des technologies employées. Ainsi,
on peut assigner à chaque type d'aquaculture une place fonctionnelle définie dans
l'écosystème. Toute installation aquacole aura donc sur le milieu une action qui
dépendra de sa situation au sein de l'organisation biologique du système.
Les principaux élevages de type intensif sont d'une part la conchyliculture en
suspension et d'autre part le grossissement des poissons en cages flottantes.
L'élevage intensif de poissons en cages flottantes (concernant aujourd'hui
essentiellement le loup et la daurade) se sert du milieu uniquement comme support
et n'utilise en rien les potentialités naturelle du système. De ce fait, ce type d'élevage
intéresse les zones les plus proches du domaine marin, renouvelées régulièrement
en eau de mer de bonne qualité, c'est à dire les zones I et IL Ces zones sont
caractérisées par un hydrodynamisme actif qui disperse la matière organique (fèces,
granulés non consommés issue des cages et facilite sa minéralisation lorsque la
dimension des fermes aquacoles est en rapport avec la superficie du milieu
d'accueil.
Actuellement, le développement souvent inconsidéré de l'aquaculture
aboutit au surdimensionnement des unités de production ou bien à la
multiplication, de celles-ci sur un même site, dépassant ainsi la capacité d'accueil du
milieu. La multiplication des cages dans un milieu paralique ralentit la
courantologie interne et intensifie les rejets organiques qui s'accumulent sous et au
voisinage des structures. Cette pluie organique entraîne rapidement la disparition
des herbiers à phanérogames, (Zostera marina, Cymodocea nodosa') ou à Caulerpa
proliféra et des peuplements de la macrofaune benthique caractéristique des zones I
et IL Les fonds sont alors colonisés par des espèces indicatrices de pollution
organique telles que Capitella capitata et dominés par une meiofaune composée
essentiellement de nématodes. Les fonds se recouvrent progressivement d'un voile
bactérien blanchâtre. Le développement des élevages intensifs en cage touche déjà de
nombreuses lagunes et l'impact sur les zones I et II du domaine paralique est
aujourd'hui non négligeable. Précisons que certains élevages sont implantés en
zone II et que bien entendu leur impact est encore plus important voire dramatique
compte tenu du caractère plus confiné de cette zone et des risques de dystrophie.
La conchyliculture en suspension concerne presque exclusivement les
moules (Mytilus galloprovinvialis') et les huîtres. (Ostrea edulis, Crassostrea gigas).
Ces espèces filtreuses de zone III se nourrissent uniquement à partir des populations
planctoniques naturelles notamment phytoplanctoniques dont la production
maximale se situe dans les zones IV et V. La transformation du milieu au voisinage
des structures d'élevage (tables, radeaux, filières) est semblable à celle que provoque
les cages à poissons mais évidemment le milieu, plus confiné, tend encore
davantage à accumuler la matière organique. Dans les cas extrêmes, soit sous l'effet
de la surcharge soit du fait de l'ancienneté de l'implantation d'une structure à un
endroit donné, apparaissent des dystrophies de fond sous les structures d'élevage.
Ainsi, la conchyliculture et surtout son extension inconsidérée sont une menace
réelle pour les biocénoses de zone III qui représentent certainement à la fois le centre
d'équilibre du système paralique et la zone de plus haut intérêt économique.
L'extension outrancière des zones aquacoles, souvent sous la pression du
tourisme estival, est une menace directe pour les zones peu confinées des systèmes
paraliques (I, II, III) qui risquent de se réduire au profit des zones les plus confinées
avec de surcroît une pollution organique considérable et une tendance chronique à
la dystrophie. Ce risque sera accru si le développement de l'élevage intensif de
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