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Nous n'insisterons jamais assez sur l'intérêt écologique et économique de ces
zones confinées dans la productivité biologique des écosystèmes paraliques et des
zones démersales adjacentes. Elles doivent être sauvegardées à tout prix si l'on veut
maintenir la pêche côtière et les cultures marines.
On assiste depuis quelques années à l'édification d'un chapelet de ports de
plaisance le long des côtes du golfe du Lion au niveau de toutes les lagunes
appartenant au domaine public maritime. De manière générale, les structures
portuaires de plaisance sont installées au voisinage immédiat des passes ou
directement sur elles. L'aménagement du bassin portuaire se fait soit du coté lagune
par surcreusement des zones sableuses de zone II ou III, soit du côté mer par
endiguement en sortie de grau. Dans le premier cas, ceci aboutit à la disparition ou à
la réduction des zones II et III au profit d'une zone de confinement bathymétrique,
par stratification des eaux, réceptrice et conservatrice de matière organique. Dans
l'autre cas, le sas constitué par le bassin portuaire crée un confinement additionnel et
l'ensemble du système lagunaire naturel subit une translation en direction de la
mer, la lagune bascule totalement en zone IV et V. Toutefois le bassin portuaire, qui
devrait ainsi se trouver en zone II-III, ne peut être colonisé par les peuplements
correspondants à cause de l'activité portuaire et sous l'effet du piégeage de matière
organique. Notons que l'édification de digues plus ou moins perpendiculaires au
rivage perturbe généralement la dérive, modifie les transits sédimentaires le long de
la côte (érosion, sédimentation). En outre, par le ralentissement de la dérive périlittorale, la présence d'endiguements contribue à diminuer les échanges entre les
lagunes et le large et ainsi à l'augmentation globale du confinement à la fois , dans le
bassin portuaire et dans le système lagunaire qui y débouche. Force est donc de
constater que ce type d'agression vient une fois encore ajouter à la continentalisation
des systèmes paraliques.
b. Les menaces d'origine interne.
Les menaces d'origine interne regroupent les agressions potentielles liées,
soit à la valorisation des ressources paraliques soit à la préservation mal comprise
ou mal gérée d'une espèce, d'un peuplement ou d'un écosystème.
• La valorisation des ressources biologiques
Dans les milieux paraliques elle est limitée à la pêche, à l'aquaculture et à
l'introduction d'espèces exotiques.
- La pêche n'est qu'une pêche de type artisanal. Il n'y a pas, à notre
connaissance, d'exemple qui illustre une quelconque dégradation d'une partie ou de
la totalité d'un écosystème paralique. Dans ce domaine en effet, il n'existe pas de
technique de pêche industrielle mécanisée généralement destructrice d'espèces
(overfishing) ou de biotopes (chalutage). Seule l'installation de pêcheries fixes
traditionnelles (bordigues) sur certaines communications de lagunes avec la mer
entraînent un ralentissement des échanges et donc une augmentation du degré
global de confinement- qui peut amener la quasi-totalité du plan d'eau en zone IV et
V. On notera toutefois et incidemment que quelques rares bassins de type bahira
conservent des zones II et III étendues.
L aquaculture. Le développement de l'aquaculture au cours de ces dix
dernières années a concerné préférentiellement les aires paraliques qui offrent, de
manière générale et évidente, de fortes potentialités. Tous les types d'aquaculture,
allant de 1 extensif à 1 intensif, intéressant un grand nombre d'espèces, y ont été
introduits. Après une phase de développement empirique et souvent anarchique, la
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