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qu’ils comportent sont adaptés aux variations des conditions environnementales
qu'elles soient lentes ou brutales (stress). Depuis Pline, la littérature abonde de
constats d'agonie des systèmes lagunaires à travers des descriptions apocalyptiques de
crises dystrophiques (malaïgues), d'assèchements, de surproductions spontanées.
Cependant, les écosystèmes paraliques ont persisté malgré toutes ces vicissitudes.
Ce caractère apparemment instable des écosystèmes paraliques masque de
toute évidence une grande stabilité à long terme. Celle-ci se manifeste par exemple
dans le remplissage sédimentaire de certains bassins par la pérennité, pendant
plusieurs milliers d'années, d'associations paraliques malgré des variations
environnementales considérables (MEDHIOUB et al. 1987). Cette stabilité à long
terme rend la notion de menace, du moins à court terme, difficile à appréhender.
1. L'évolution naturelle des écosystèmes paraliques.
De par leur position intermédiaire entre le domaine marin et le domaine
continental, la destinée de tous les bassins paraliques est, à terme, le comblement par
des dépôts sédimentaires, détritiques, bio-détritiques et éventuellement
évaporitiques. En outre, dans les conditions actuelles (persistance des apports
détritiques, niveau marin constant (marée faible) les graus (du latin gradvs, passage)
ont une tendance naturelle à se colmater.
Il en résulte, à cause de la diminution de la tranche d'eau et des échanges
avec la mer, une tendance naturelle de ces systèmes vers un confinement global
croissant et l'extension des zones IV, V et VI. Les zones moins confinées tendent à se
restreindre progressivement au voisinage immédiat de la communication et même à
s'étendre au delà du trait de côte vers le domaine marin ouvert. Ainsi, la pression de
la géodynamique continentale tend inéluctablement à réduire les bassins paraliques
tant en superficie qu'en profondeur, tout en y accroissant le confinement. On assiste
ainsi à une continentalisation progressive des aires et bassins paraliques.
Toutefois ces phénomènes sont plus ou moins rapides : par exemple
l'évolution précédemment décrite est plus rapide dans le cas des lagunes (sensu
stricto), qui se forment dans des environnements de sédimentation littorale active
que dans celui des bahiras.
Il est clair que les changements globaux (eustatiques et climatiques), dont
l'importance éventuelle a été récemment démontrée, sont susceptibles de remettre
en cause à plus ou moins long terme le statut géographique et, en conséquence,
biologique des aires paraliques. Nous n'entrerons pas ici dans une prospective dont
les données restent conjecturales.
2. Les agressions et les menaces à l'encontre des écosystèmes paraliques.
On peut schématiquement distinguer :
-les menaces d'origine externe, liées à des activités périphériques.
-les menaces d'origine interne, liées à la valorisation des systèmes
paraliques eux-mêmes;
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