A n g u ille d'Europe
ans (de 9 à 19 ans) pour les femelles,
les anguilles subissent des transformations : les yeux s’agrandissent, la
peau du dos se colore en noir, celle
du ventre en blanc argenté d’où leur
nom d’« anguilles argentées ». Elles
cessent alors de se nourrir. Des « anguilles argentées » ont vécu 4 ans en
aquarium sans prendre d’aliments,
survivant grâce à leurs réserves de
graisse. En septembre-octobre, elles
quittent les eaux où elles se trouvent
(étangs, rivières, fleuves...) pour rejoindre la mer. Puis on les perd de
vue. De janvier à mars, ayant acquis
vers la fin de leur migration leur maturité sexuelle, elles se reproduisent
dans une aire de ponte privilégie, au
large des Bermudes, la mer des Sargasses. S’agit-il des anguilles qui ont
quitté nos fleuves à l’automne précédent? Etant donné que faire de
ponte est à 4 000 km de nos côtes,
cela impliquerait des déplacements
de 30 à 100 km par jour.
Un autre problème est de savoir comment elles retrouvent leur chemin. Selon des études récentes, les anguilles,
sensibles à l’électricité comme tous les
poissons, se dirigeraient en utilisant
les faibles courants électriques produits par l’interaction des lignes de
force du magnétisme terrestre et du
taux de salinité des courants marins.
Les « anguilles argentées » pondent
en mer des Sargasses vers 400 mètres
de profondeur au-dessus des fonds
de -6 000 à -7 000 m. En mars-avril,
l'œuf éclôt donnant naissance à une
larve leptocéphale de 5 à 15 mm de
long, au corps transparent et rubané
en forme de feuille de saule. Ces leptocéphales migrent alors au nord-est
vers les côtes européennes quelles
n’atteindront qu’environ 8 à 9 mois
Larve leptocéphale
plus tard. Selon l’hypothèse la plus
souvent admise, ces larves se laisseraient entraîner par les courants favorables comme le Gulf Stream ; or,
d’après des études récentes, elles nageraient activement vers l’Europe.
Notons que les grandes leptocéphales sont absentes au sud de
33°N. Arrivées au niveau du talus
Zones de reproduction et de migration
du plateau continental européen, ces
larves se transforment en civelles ressemblant aux adultes, mais encore
incolores et plus courtes (environ
60 mm) que les leptocéphales (environ 75 mm) dont elles sont issues.
Les civelles envahissent les estuaires
du golfe de Gascogne dès la mi-octobre, de Bretagne en janvier, de la
Manche en février, de la Baltique en
mars-avril. Elles resteront en eaux
saumâtres jusqu’en été, leur dos se
pigmentant de sombre. Puis certaines remonteront les cours d’eau.
Civelle
Elles grossiront. Leur dos deviendra
brun verdâtre, leur ventre jaunâtre
d’où leur nom d’« anguilles jaunes ».
Notons que les petites écailles incrustées dans la peau ne commencent à se
former qu’au cours de leur 3e année.
Croissance : à l’éclosion, la larve leptocéphale mesure 7 mm. Elle atteindra 25 mm vers 2 mois, 45 mm vers 8
mois, 75 mm vers 1 an et demi pour
donner une civelle de 65 mm vers 3
ans. Sa taille, le premier hiver suivant
son arrivée est de 8 cm, le second hiver de 17 à 19 cm. Les anguilles argentées mâles âgées de 6 à 12 ans mesurent de 29 à 51 cm, les femelles
âgées de 9 à 19 ans de 42 à 100 cm.
Notons que les anguilles que l’on empêche de regagner la mer peuvent atteindre 25 à 50 ans. Le poids maximal
de l’anguille est de 3,5 kg.
Alimentation : les anguilles s’alimentent surtout la nuit. En eau
douce, elles se nourrissent presque
exclusivement d’invertébrés de
fond, mollusques, larves d’insectes
(chironomes, trichoptères, coléoptères...), insectes (sauterelles), ingérant plus rarement des crustacés
et, chez les grands exemplaires,
des poissons (épinoches, lamproies, chabots, lottes...). Elles ne
s’alimentent pas pendant les saisons froides où elles s’enfouissent
dans la vase pour hiverner, au moment de leur transformation de
leptocéphales eu civelles et lorsqu'elles sont devenues des anguilles argentées.
■ Pêthe
La pêche à la civelle est ouverte du
16 octobre au 15 avril. Les civelles
sont attirées la nuit au moyen de
lampes et capturées avec de grand
tamis (au maximum de 1,20 m de
large) le « piballou » charentais.
Chaque bateau ne peut en utiliser
plus de deux. Les adultes sont capturés au chalut (maillage spécial),
aux nasses, à la foène, à la vermée,
à la ligne dormante. La chair ferme, blanche, savoureuse, assez
grasse est très appréciée. L’anguille
est consommée fraîche ou fumée.
Les statistiques des pêches maritimes
françaises font état, en moyenne, de
captures annuelles de 1 800 a
2 800 tonnes entre 1974 et 1979,
seulement 380 tonnes en 1994.
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ans (de 9 à 19 ans) pour les femelles,
les anguilles subissent des transformations : les yeux s’agrandissent, la
peau du dos se colore en noir, celle
du ventre en blanc argenté d’où leur
nom d’« anguilles argentées ». Elles
cessent alors de se nourrir. Des « anguilles argentées » ont vécu 4 ans en
aquarium sans prendre d’aliments,
survivant grâce à leurs réserves de
graisse. En septembre-octobre, elles
quittent les eaux où elles se trouvent
(étangs, rivières, fleuves...) pour rejoindre la mer. Puis on les perd de
vue. De janvier à mars, ayant acquis
vers la fin de leur migration leur maturité sexuelle, elles se reproduisent
dans une aire de ponte privilégie, au
large des Bermudes, la mer des Sargasses. S’agit-il des anguilles qui ont
quitté nos fleuves à l’automne précédent? Etant donné que faire de
ponte est à 4 000 km de nos côtes,
cela impliquerait des déplacements
de 30 à 100 km par jour.
Un autre problème est de savoir comment elles retrouvent leur chemin. Selon des études récentes, les anguilles,
sensibles à l’électricité comme tous les
poissons, se dirigeraient en utilisant
les faibles courants électriques produits par l’interaction des lignes de
force du magnétisme terrestre et du
taux de salinité des courants marins.
Les « anguilles argentées » pondent
en mer des Sargasses vers 400 mètres
de profondeur au-dessus des fonds
de -6 000 à -7 000 m. En mars-avril,
l'œuf éclôt donnant naissance à une
larve leptocéphale de 5 à 15 mm de
long, au corps transparent et rubané
en forme de feuille de saule. Ces leptocéphales migrent alors au nord-est
vers les côtes européennes quelles
n’atteindront qu’environ 8 à 9 mois
Larve leptocéphale
plus tard. Selon l’hypothèse la plus
souvent admise, ces larves se laisseraient entraîner par les courants favorables comme le Gulf Stream ; or,
d’après des études récentes, elles nageraient activement vers l’Europe.
Notons que les grandes leptocéphales sont absentes au sud de
33°N. Arrivées au niveau du talus
Zones de reproduction et de migration
du plateau continental européen, ces
larves se transforment en civelles ressemblant aux adultes, mais encore
incolores et plus courtes (environ
60 mm) que les leptocéphales (environ 75 mm) dont elles sont issues.
Les civelles envahissent les estuaires
du golfe de Gascogne dès la mi-octobre, de Bretagne en janvier, de la
Manche en février, de la Baltique en
mars-avril. Elles resteront en eaux
saumâtres jusqu’en été, leur dos se
pigmentant de sombre. Puis certaines remonteront les cours d’eau.
Civelle
Elles grossiront. Leur dos deviendra
brun verdâtre, leur ventre jaunâtre
d’où leur nom d’« anguilles jaunes ».
Notons que les petites écailles incrustées dans la peau ne commencent à se
former qu’au cours de leur 3e année.
Croissance : à l’éclosion, la larve leptocéphale mesure 7 mm. Elle atteindra 25 mm vers 2 mois, 45 mm vers 8
mois, 75 mm vers 1 an et demi pour
donner une civelle de 65 mm vers 3
ans. Sa taille, le premier hiver suivant
son arrivée est de 8 cm, le second hiver de 17 à 19 cm. Les anguilles argentées mâles âgées de 6 à 12 ans mesurent de 29 à 51 cm, les femelles
âgées de 9 à 19 ans de 42 à 100 cm.
Notons que les anguilles que l’on empêche de regagner la mer peuvent atteindre 25 à 50 ans. Le poids maximal
de l’anguille est de 3,5 kg.
Alimentation : les anguilles s’alimentent surtout la nuit. En eau
douce, elles se nourrissent presque
exclusivement d’invertébrés de
fond, mollusques, larves d’insectes
(chironomes, trichoptères, coléoptères...), insectes (sauterelles), ingérant plus rarement des crustacés
et, chez les grands exemplaires,
des poissons (épinoches, lamproies, chabots, lottes...). Elles ne
s’alimentent pas pendant les saisons froides où elles s’enfouissent
dans la vase pour hiverner, au moment de leur transformation de
leptocéphales eu civelles et lorsqu'elles sont devenues des anguilles argentées.
■ Pêthe
La pêche à la civelle est ouverte du
16 octobre au 15 avril. Les civelles
sont attirées la nuit au moyen de
lampes et capturées avec de grand
tamis (au maximum de 1,20 m de
large) le « piballou » charentais.
Chaque bateau ne peut en utiliser
plus de deux. Les adultes sont capturés au chalut (maillage spécial),
aux nasses, à la foène, à la vermée,
à la ligne dormante. La chair ferme, blanche, savoureuse, assez
grasse est très appréciée. L’anguille
est consommée fraîche ou fumée.
Les statistiques des pêches maritimes
françaises font état, en moyenne, de
captures annuelles de 1 800 a
2 800 tonnes entre 1974 et 1979,
seulement 380 tonnes en 1994.
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