anale située au même niveau que
celle de la deuxième dorsale (en arrière chez le grand requin blanc).
■ Biologie
Mœurs : le requin-taupe commun
est une espèce pélagique vivant entre
deux eaux. Il a toutefois été observé
en surface par mer calme ou pêché à
la ligne à proximité du fond. Il effectue des migrations saisonnières :
l'hiver il est pris vers -200 à - 240 m
de profondeur au large du plateau
continental ; de la fin du printemps,
époque de la reproduction, à la fin
de l’été il est capturé à moins de
200 m de profondeur. Ainsi, dans le
golfe de Gascogne, les professionnels
le suivent en mai-juin dans ses déplacements vers la côte. De même,
chaque année, en mai-juin, le requin-taupe commun vient dans les
parages des îles anglo-normandes où
les Granvillais le pêchent aux palangres flottantes. Au nord de l’Écosse, les observations ont mis en
évidence, vers le mois de mai, une
pénétration du requin-taupe en mer
du Nord où son abondance maximale se situe au mois d’août. Ensuite il reflue vers l’est pour rejoindre
les Açores. Aux îles Féroé, l'hiver, il
est capturé vers -300 m. A partir de
mai jusqu’en septembre-octobre,
parfois même jusqu’en novembre, il
est pêché sur les bancs dans les eaux
moins profondes. Il existe également
d’autres migrations encore mal
connues. Ainsi un exemplaire marqué en juin 1973 au voisinage de
Jersey a été repris en juillet 1975,
1 260 km plus loin vers la côte
ouest du Danemark. Un autre
marqué en septembre 1973 à Falmouth (Cornouailles anglaise) a
été recapturé en avril 1975,
880 km au sud, à 20 milles au
nord de Saint-Sébastien (Espagne).
Notons que le requin-taupe commun, une fois pris à l’hameçon,
n offre que très peu de résistance,
ne sautant pas pour essayer de
s échapper comme peut le faire le
requin-taupe bleu.
Reproduction : la femelle de cette
espèce doit acquérir sa maturité
sexuelle vers 150 cm, c’est-à-dire au
cours de sa quatrième année. Elle est
vivipare. L’accouplement a probablement lieu à l’automne (septembre-octobre). La gestation durerait à peu près 8 mois. Il y a de 1 à 5
petits (le plus souvent 3 ou 4) qui
sont libres dans la matrice. Il n’existe
plus de connections placentaires
après les quelques premières semaines ; lorsque le vitellus est épuisé,
le jeune, mesurant alors 6 cm, se
nourrit des œufs non fécondés. La
naissance a heu à partir de mai-juin
dans les eaux du plateau continental
de toute l’aire de répartition de l’espèce. La taille à la naissance est de
50 à 70 cm.
Croissance : les mâles et les femelles
ont des croissances sensiblement
identiques. Au cours de leur première année ils atteignent une taille
moyenne de 93 cm. A 5 ans ils mesurent 163 cm, à 10 ans 214 cm, à
15 ans 243 cm, à 20 ans 258 cm. La
longévité de l’espèce doit être considérable car sa longueur peut aller
jusqu’à 4 m. Les individus de plus
de 3 m ne sont pas rares.
Croissance du requin-taupe
Alimentation : le requin-taupe commun a été souvent observé en surface à la poursuite des bancs de poissons pélagiques dont il se nourrit
(maquereaux, harengs, sardines...).
Toutefois, les estomacs contiennent
également des poissons vivant plus
ou moins sur le fond (aiguillât,
roussette, morue, merlu, merlan,
tacaud, brosme, saint-pierre, poissons plats...). Notons qu’un exemplaire pris dans un fjord du Groenland avait mangé du saumon et de
l’omble chevalier. En plus des poissons il se nourrit parfois de céphalopodes (encornets).
B Pêche
Certains pêcheurs cherchent spécialement à le capturer avec des palangres. Ce sont des lignes longues
d’environ 1 500 m présentant chacune 84 hameçons. Cette pêche
s’effectue soit au-dessus des grands
fonds (>400 m) vers 200-250 m de
profondeur, soit sur le plateau
continental au tiers de la sonde.
Les Granvillais emploient des palangres flottantes. La boette utilisée
est de préférence le maquereau,
mais également l’orphie, le chinchard, le hareng, la sardine... Les
lieux de pêche français se situent
l’hiver aux Açores, de l’Espagne à
l’Irlande, au printemps plus près de
la côte et dans la région des îles anglo-normandes.
Les statistiques des pêches maritimes
françaises font état de captures annuelles de 300 à 800 tonnes
entre 1974 et 1979, en augmentation les dernières années. Les prises
françaises, en 1979, représentaient
plus de la moitié des captures européennes. Elles sont d’environ 800
tonnes en 1994.
Requin
taupe commun
37
celle de la deuxième dorsale (en arrière chez le grand requin blanc).
■ Biologie
Mœurs : le requin-taupe commun
est une espèce pélagique vivant entre
deux eaux. Il a toutefois été observé
en surface par mer calme ou pêché à
la ligne à proximité du fond. Il effectue des migrations saisonnières :
l'hiver il est pris vers -200 à - 240 m
de profondeur au large du plateau
continental ; de la fin du printemps,
époque de la reproduction, à la fin
de l’été il est capturé à moins de
200 m de profondeur. Ainsi, dans le
golfe de Gascogne, les professionnels
le suivent en mai-juin dans ses déplacements vers la côte. De même,
chaque année, en mai-juin, le requin-taupe commun vient dans les
parages des îles anglo-normandes où
les Granvillais le pêchent aux palangres flottantes. Au nord de l’Écosse, les observations ont mis en
évidence, vers le mois de mai, une
pénétration du requin-taupe en mer
du Nord où son abondance maximale se situe au mois d’août. Ensuite il reflue vers l’est pour rejoindre
les Açores. Aux îles Féroé, l'hiver, il
est capturé vers -300 m. A partir de
mai jusqu’en septembre-octobre,
parfois même jusqu’en novembre, il
est pêché sur les bancs dans les eaux
moins profondes. Il existe également
d’autres migrations encore mal
connues. Ainsi un exemplaire marqué en juin 1973 au voisinage de
Jersey a été repris en juillet 1975,
1 260 km plus loin vers la côte
ouest du Danemark. Un autre
marqué en septembre 1973 à Falmouth (Cornouailles anglaise) a
été recapturé en avril 1975,
880 km au sud, à 20 milles au
nord de Saint-Sébastien (Espagne).
Notons que le requin-taupe commun, une fois pris à l’hameçon,
n offre que très peu de résistance,
ne sautant pas pour essayer de
s échapper comme peut le faire le
requin-taupe bleu.
Reproduction : la femelle de cette
espèce doit acquérir sa maturité
sexuelle vers 150 cm, c’est-à-dire au
cours de sa quatrième année. Elle est
vivipare. L’accouplement a probablement lieu à l’automne (septembre-octobre). La gestation durerait à peu près 8 mois. Il y a de 1 à 5
petits (le plus souvent 3 ou 4) qui
sont libres dans la matrice. Il n’existe
plus de connections placentaires
après les quelques premières semaines ; lorsque le vitellus est épuisé,
le jeune, mesurant alors 6 cm, se
nourrit des œufs non fécondés. La
naissance a heu à partir de mai-juin
dans les eaux du plateau continental
de toute l’aire de répartition de l’espèce. La taille à la naissance est de
50 à 70 cm.
Croissance : les mâles et les femelles
ont des croissances sensiblement
identiques. Au cours de leur première année ils atteignent une taille
moyenne de 93 cm. A 5 ans ils mesurent 163 cm, à 10 ans 214 cm, à
15 ans 243 cm, à 20 ans 258 cm. La
longévité de l’espèce doit être considérable car sa longueur peut aller
jusqu’à 4 m. Les individus de plus
de 3 m ne sont pas rares.
Croissance du requin-taupe
Alimentation : le requin-taupe commun a été souvent observé en surface à la poursuite des bancs de poissons pélagiques dont il se nourrit
(maquereaux, harengs, sardines...).
Toutefois, les estomacs contiennent
également des poissons vivant plus
ou moins sur le fond (aiguillât,
roussette, morue, merlu, merlan,
tacaud, brosme, saint-pierre, poissons plats...). Notons qu’un exemplaire pris dans un fjord du Groenland avait mangé du saumon et de
l’omble chevalier. En plus des poissons il se nourrit parfois de céphalopodes (encornets).
B Pêche
Certains pêcheurs cherchent spécialement à le capturer avec des palangres. Ce sont des lignes longues
d’environ 1 500 m présentant chacune 84 hameçons. Cette pêche
s’effectue soit au-dessus des grands
fonds (>400 m) vers 200-250 m de
profondeur, soit sur le plateau
continental au tiers de la sonde.
Les Granvillais emploient des palangres flottantes. La boette utilisée
est de préférence le maquereau,
mais également l’orphie, le chinchard, le hareng, la sardine... Les
lieux de pêche français se situent
l’hiver aux Açores, de l’Espagne à
l’Irlande, au printemps plus près de
la côte et dans la région des îles anglo-normandes.
Les statistiques des pêches maritimes
françaises font état de captures annuelles de 300 à 800 tonnes
entre 1974 et 1979, en augmentation les dernières années. Les prises
françaises, en 1979, représentaient
plus de la moitié des captures européennes. Elles sont d’environ 800
tonnes en 1994.
Requin
taupe commun
37
