maximale en mai-juin, dans le bas estuaire de la Gironde en juin. Adulte,
elle vient au printemps vers la côte
entre 3 à 4 m de profondeur et une cinquantaine de mètres. Selon les régions,
elle n’entre dans les eaux côtières que
lorsque leur température dépasse 5° à
9 °C. L’hiver elle retourne en eaux plus
profondes. Dans le sud du golfe de
Gascogne, en février-mars elle forme
d’importantes concentrations entre -60
et -80 m. Des marquages effectués en
mer du Nord montrent que les individus les plus nordiques effectuent
chaque année 185 km pour rejoindre
leurs zones de reproductions et qu’ils
reviennent chaque année sur les mêmes
frayères. Dans le golfe de Gascogne, des
soles marquées en baie de Vilaine ont
été recapturées de l’île d’Yeu aux Glénans. La sole chassant la nuit s’ensable
ou s’envase pendant la journée, ne laissant dépasser que ses yeux et le sommet
de son dos dont la coloration s’harmonise avec celle du fond.
Reproduction : la sole acquiert sa première maturité sexuelle entre 3 et 5 ans
(en majorité à 4 ans). La reproduction a
lieu, en Méditerranée de décembre à
mars sur les fonds de -90 à -120 m,
dans le sud du golfe de Gascogne de
janvier à mars avec un maximum en février sur les fonds de -60 à -80 m, dans
Zones de reproduction de la sole commune
le nord du golfe de Gascogne et dans la
Manche de février à avril avec un maximum en mars, en mer du Nord en avril
dans les eaux côtières françaises et
belges, en mai dans les eaux côtières allemandes, en juin dans les eaux côtières
danoises. Notons que les zones de reproductions en mer du Nord et en
Manche sont situées dans les eaux côtières, celles en mer d’Irlande
(avril-mai) et dans le canal de Bristol
(février-mars) sont plus au large, celles
Sole
pole
Sole des
profondeurs
au sud du golfe de Gascogne et en
Méditerranée encore plus profondes.
Inversement les périodes de reproduction sont de plus en plus tardives
vers le nord. Selon sa taille, une femelle porte de 130 000 (34 cm) à
1 300 000 (54 cm) ovules. L’œuf pélagique à un diamètre d’environ
1,3 mm (1 à 1,6 mm). L’éclosion a
lieu après 5 à 11 jours d’incubation
(10 jours à 9° - 10 °C), la larve mesurant alors 3 à 3,7 mm de long.
Celle-ci subit la métamorphose après
une semaine ou deux à une taille de
12 à 15 mm. L’alevin s’adapte alors à
la vie benthique vers le littoral sur des
fonds de moins de 10 mètres, dans
des eaux de salinité comprise entre
33 %o et 20 %o. Il passe ses deux premières années à proximité des côtes.
Croissance : en mer du Nord, l’alevin a
une croissance très rapide de juillet à octobre, ralentie d’octobre à mai. II mesure 8 cm en septembre, 11 cm à la fin de
l’année (décembre) de sa naissance (13 à
14 cm dans le golfe de Gascogne). La
croissance de la femelle est plus rapide
que celle du mâle. Ils mesurent respectivement 33 et 29 cm à 5 ans, 38,5 et
34 cm à 10 ans, 40 et 36 cm à 15 ans.
La longévité de l’espèce serait de 27 ans
pour la femelle et de 24 ans pour le
mâle. Notons que sur les côtes néerlanPOIDS
Croissance de la sole commune
daises, il a été observé de 1957 à 1973
pour un âge donné une augmentation
de taille et de poids, en relation avec
l’exploitation intensive du stock. Les valeurs données à titre indicatif dans la figure concernent la sole du sud du golfe
de Gascogne.
Alimentation : pendant sa vie pélagique la larve se nourrit tout d’abord de
dinoflagellés et de tintinnides, puis de
larves de copépodes, ensuite de copépodes et de larves de crustacés. Adulte,
la sole se nourrit d’organismes vivant
sur le fond et principalement d’annélides polychètes, de crustacés (surtout
des amphipodes, avec parfois quelques
petites crevettes, petits crabes, mysidacés, cumacés, isopodes et pagures) et de
bivalves de petite taille (3 à 11 mm de
largeur) à coquille très mince (jeune
moule, mactre, telline, petit couteau...).
Ces coquilles sont avalées sans être
broyées et sont souvent intactes dans
l’intestin. Elle mange également de
temps à autres d’autres vers (sipunculiens, némertes), des ophiures, des poissons (callionymes), des gastéropodes,
des foraminifères. La sole s’alimente la
nuit, nageant près du fond. Etant donné sa faible vision (yeux petits et peu
mobiles), elle chasse en se servant de
son olfaction et de ses papilles sensitives
situées sous son museau.
■ Pêche
La sole est capturée surtout au chalut
de fond et un peu au tramail ou au filet
droit « à sole ». Nos captures proviennent du golfe de Gascogne, de la mer
Celtique et de la Manche et en
moindre part de la mer du Nord et de
Méditerranée.
Les statistiques des pêches maritimes
font état d’une capture annuelle de
4000 à 4400 tonnes entre 1974
et 1979, de 9000 à 9700 tonnes entre
1992 et 1994.
Sole commune
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