Bar commun
du sud-ouest de la Grande-Bretagne
n’ont pas de contacts entre eux. Sur
ces côtes, les juvéniles sont sédentaires, mais à partir d’octobre les
adultes vont plus ou moins loin vers
le sud revenant au printemps pour
pondre. En Méditerranée, les bars
vivant dans les estuaires et les étangs
littoraux quittent leur habitat l’hiver
pour aller frayer en mer.
Reproduction : le bar commun acquiert sa première maturité sexuelle
au cours de sa 2e année chez le mâle
en Méditerranée (28 à 30 cm), de
sa 4e année dans le golfe de Gascogne (32 à 37 cm), de sa 4e à sa 7e
année dans les Iles Britanniques, au
cours de sa 3e année (37 à 40 cm)
chez la femelle en Méditerranée, de
sa 6e année (42 cm) dans le golfe de
Gascogne et de sa 5e à 8e année
dans les Iles Britanniques. En Méditerranée la ponte a lieu de décembre à mars avec un maximum
en janvier, dans le golfe de Gascogne de février à mai, et en Irlande
en mai et juin. Les frayères sont situées à la côte généralement à
moins de 10 m dans des anfractuosités rocheuses. Toutefois, des individus en état de ponte ont été capturés vers 40 à 50 m de profondeur
sur des fonds sableux ou graveleux.
Le mâle (parfois au nombre de 2, rarement de 3) suit les lents déplacements de la femelle, légèrement en
arrière et en dessous d’elle. Celle-ci,
juste avant la ponte, présente un
énorme gonflement abdominal qui
serait dû à l’absorption d’eau par les
ovocytes. Les ovules et la laitance
sont émis dans l’eau. La fécondation est externe. Certains auteurs
écrivent que le mâle inonderait la
femelle de laitance avant la ponte
qui aurait lieu dans un trou de rocher. La femelle se frotterait sur les
œufs, provoquant alors leur fécondation. En Méditerranée les œufs
pélagiques ont un diamètre de 1,1 à
1,2 mm, en Atlantique de 1,1 à
1,5 mm. La larve éclôt après 5 jours
d’incubation à 13 °C, 4 jours à
18 °C. A l’éclosion elle mesure
3,5 mm. Tout d’abord passive, elle
commence à nager le ventre en l’air.
Elle ne se retournera qu’après l’absorption du vitellus. Trois jours
plus tard les yeux se pigmentent.
Au 4e jour la bouche s’ouvre.
Dans les étangs littoraux méditerranéens, les premières concentrations
de bars, appelées « compagnes » en
Provence, s’effectuant à la sortie des
étangs pour aller pondre en mer apparaissent à partir de la première
lune qui suit le 1er novembre. Fin février après le frai les bars se regroupent pour regagner les étangs. C’est
le phénomène de la « repasse ».
Croissance : la croissance du bar est
très variable selon les régions et dans
un même endroit selon le milieu
(mer, étang.). Elle est très importante de mai à octobre (maximale en
août), plus faible d’octobre à mai en
Méditerranée et dans le sud du golfe
de Gascogne, presque nulle vers le
nord de son aire de répartition. La
température a un rôle prépondérant.
La première année le bar mesure, en
mer, 17 cm en Méditerranée, de 9 à
11 cm dans le golfe de Gascogne, 7 à
8 cm en Irlande. La femelle grandit
un peu plus vite que le mâle. Ainsi à
5 ans nous avons respectivement 54
et 48 cm en Méditerranée, 40 et
39 cm sur les côtes bretonnes, 35 et
33 cm en Irlande.
D’après un exemplaire de l’aquarium d’Amsterdam, la longévité du
bar serait d’une trentaine d’années.
Elle est plus courte en Méditerranée
où les individus de plus de 6 ans
sont rares. Toutefois, un spécimen
méditerranéen de 92,5 cm et 11 kg
devait avoir 14 ou 15 ans. Notons
que des bars de 16 kg y ont été signalés. En Irlande des individus de
78 cm sont âgés de 24 ans. Les valeurs données à titre indicatif dans la
figure concernent la côte atlantique.
Alimentation : les jeunes se nourrissent essentiellement de crustacés
dont les tailles et, moins nettement,
les espèces sont différentes chez les
bars de moins de 6 cm et chez ceux
de 6 à 12 cm. Ainsi, ils avalent
d’abord des larves zoés de crustacés,
puis des copépodes harpacticoides.
Sur les côtes bretonnes les mysidacés, les larves de crustacés et les copépodes ne sont ingérés que le jour.
La nuit, le régime alimentaire des
jeunes bars est surtout constitué
d’isopodes, d’insectes, d’araignées.
Sans que les organismes disponibles
en quantité et en qualité changent,
les contenus stomacaux évoluent.
Ainsi les mysidacés perdent de leur
importance à partir de septembre
alors que les amphipodes, qui jusqu’à cette époque ne constituaient
qu’une nourriture d’appoint, deviennent des proies préférentielles. A
plus de 20 cm, le bar mange beaucoup de crevettes et de crabes, surtout au moment de leur mue. Les
adultes se nourrissent surtout de
poissons (sardine, anchois, sprat, hareng, merlan, tacaud, lançons, gobies.), mais également de crustacés
(crevettes, crabes) et de mollusques
céphalopodes (encornets).
Le bar mange aussi bien le jour que
la nuit. Il chasse soit seul à l’affût
dissimulé près du fond ou se tenant
dans un remous ou un courant attendant les proies à contre-courant,
soit en groupe s’attaquant alors aux
bancs de poissons pélagiques. Il a
des préférences pour certaines
proies. Les pêcheurs à la ligne savent
bien que le bouquet est plus apprécié du bar que la crevette grise.
■ Pêche
Le bar se pêche surtout à la ligne, industriellement aux palangres flottantes, palangres de fond, lignes de
traîne, mitraillette. Il s’en prend également à la senne et au chalut pélagique, relativement peu au chalut de
fond. Il est recherché en pêche sportive. Sa chair est très appréciée.
Les statistiques des pêches maritimes françaises font état d’une capture annuelle de 1 500 à 2 000
tonnes entre 1974 et 1979, de
2 500 tonnes en 1994.
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du sud-ouest de la Grande-Bretagne
n’ont pas de contacts entre eux. Sur
ces côtes, les juvéniles sont sédentaires, mais à partir d’octobre les
adultes vont plus ou moins loin vers
le sud revenant au printemps pour
pondre. En Méditerranée, les bars
vivant dans les estuaires et les étangs
littoraux quittent leur habitat l’hiver
pour aller frayer en mer.
Reproduction : le bar commun acquiert sa première maturité sexuelle
au cours de sa 2e année chez le mâle
en Méditerranée (28 à 30 cm), de
sa 4e année dans le golfe de Gascogne (32 à 37 cm), de sa 4e à sa 7e
année dans les Iles Britanniques, au
cours de sa 3e année (37 à 40 cm)
chez la femelle en Méditerranée, de
sa 6e année (42 cm) dans le golfe de
Gascogne et de sa 5e à 8e année
dans les Iles Britanniques. En Méditerranée la ponte a lieu de décembre à mars avec un maximum
en janvier, dans le golfe de Gascogne de février à mai, et en Irlande
en mai et juin. Les frayères sont situées à la côte généralement à
moins de 10 m dans des anfractuosités rocheuses. Toutefois, des individus en état de ponte ont été capturés vers 40 à 50 m de profondeur
sur des fonds sableux ou graveleux.
Le mâle (parfois au nombre de 2, rarement de 3) suit les lents déplacements de la femelle, légèrement en
arrière et en dessous d’elle. Celle-ci,
juste avant la ponte, présente un
énorme gonflement abdominal qui
serait dû à l’absorption d’eau par les
ovocytes. Les ovules et la laitance
sont émis dans l’eau. La fécondation est externe. Certains auteurs
écrivent que le mâle inonderait la
femelle de laitance avant la ponte
qui aurait lieu dans un trou de rocher. La femelle se frotterait sur les
œufs, provoquant alors leur fécondation. En Méditerranée les œufs
pélagiques ont un diamètre de 1,1 à
1,2 mm, en Atlantique de 1,1 à
1,5 mm. La larve éclôt après 5 jours
d’incubation à 13 °C, 4 jours à
18 °C. A l’éclosion elle mesure
3,5 mm. Tout d’abord passive, elle
commence à nager le ventre en l’air.
Elle ne se retournera qu’après l’absorption du vitellus. Trois jours
plus tard les yeux se pigmentent.
Au 4e jour la bouche s’ouvre.
Dans les étangs littoraux méditerranéens, les premières concentrations
de bars, appelées « compagnes » en
Provence, s’effectuant à la sortie des
étangs pour aller pondre en mer apparaissent à partir de la première
lune qui suit le 1er novembre. Fin février après le frai les bars se regroupent pour regagner les étangs. C’est
le phénomène de la « repasse ».
Croissance : la croissance du bar est
très variable selon les régions et dans
un même endroit selon le milieu
(mer, étang.). Elle est très importante de mai à octobre (maximale en
août), plus faible d’octobre à mai en
Méditerranée et dans le sud du golfe
de Gascogne, presque nulle vers le
nord de son aire de répartition. La
température a un rôle prépondérant.
La première année le bar mesure, en
mer, 17 cm en Méditerranée, de 9 à
11 cm dans le golfe de Gascogne, 7 à
8 cm en Irlande. La femelle grandit
un peu plus vite que le mâle. Ainsi à
5 ans nous avons respectivement 54
et 48 cm en Méditerranée, 40 et
39 cm sur les côtes bretonnes, 35 et
33 cm en Irlande.
D’après un exemplaire de l’aquarium d’Amsterdam, la longévité du
bar serait d’une trentaine d’années.
Elle est plus courte en Méditerranée
où les individus de plus de 6 ans
sont rares. Toutefois, un spécimen
méditerranéen de 92,5 cm et 11 kg
devait avoir 14 ou 15 ans. Notons
que des bars de 16 kg y ont été signalés. En Irlande des individus de
78 cm sont âgés de 24 ans. Les valeurs données à titre indicatif dans la
figure concernent la côte atlantique.
Alimentation : les jeunes se nourrissent essentiellement de crustacés
dont les tailles et, moins nettement,
les espèces sont différentes chez les
bars de moins de 6 cm et chez ceux
de 6 à 12 cm. Ainsi, ils avalent
d’abord des larves zoés de crustacés,
puis des copépodes harpacticoides.
Sur les côtes bretonnes les mysidacés, les larves de crustacés et les copépodes ne sont ingérés que le jour.
La nuit, le régime alimentaire des
jeunes bars est surtout constitué
d’isopodes, d’insectes, d’araignées.
Sans que les organismes disponibles
en quantité et en qualité changent,
les contenus stomacaux évoluent.
Ainsi les mysidacés perdent de leur
importance à partir de septembre
alors que les amphipodes, qui jusqu’à cette époque ne constituaient
qu’une nourriture d’appoint, deviennent des proies préférentielles. A
plus de 20 cm, le bar mange beaucoup de crevettes et de crabes, surtout au moment de leur mue. Les
adultes se nourrissent surtout de
poissons (sardine, anchois, sprat, hareng, merlan, tacaud, lançons, gobies.), mais également de crustacés
(crevettes, crabes) et de mollusques
céphalopodes (encornets).
Le bar mange aussi bien le jour que
la nuit. Il chasse soit seul à l’affût
dissimulé près du fond ou se tenant
dans un remous ou un courant attendant les proies à contre-courant,
soit en groupe s’attaquant alors aux
bancs de poissons pélagiques. Il a
des préférences pour certaines
proies. Les pêcheurs à la ligne savent
bien que le bouquet est plus apprécié du bar que la crevette grise.
■ Pêche
Le bar se pêche surtout à la ligne, industriellement aux palangres flottantes, palangres de fond, lignes de
traîne, mitraillette. Il s’en prend également à la senne et au chalut pélagique, relativement peu au chalut de
fond. Il est recherché en pêche sportive. Sa chair est très appréciée.
Les statistiques des pêches maritimes françaises font état d’une capture annuelle de 1 500 à 2 000
tonnes entre 1974 et 1979, de
2 500 tonnes en 1994.
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