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des poussées exceptionnelles qui se produisent à certaines époques favorables de 1 année.
Leur nombre, qui peut varier de 10.000 à 30 millions dans 1 litre d’eau, est, en moyenne,
de quelques centaines de mille, soit près d’i mlgr. par litre. Dans la Méditerranée ils
représentent, suivant les saisons et les localités, de 30% à 98% du total des Protistes qu’elle contient, d’où le nom de la Mer à Flagellés qu’on lui donne quelquefois.
Au point de vue saisonnier, les Coccolithophorides abondent surtout en hiver et
an printemps, certains parmi eux, tels Coccolithus fragilis, sont toutefois pérennants.
Ils font partie généralement du plancton oligotrophe et habitent les « eaux bleues »,
de 0 à 100 m. pauvres en nourriture, mais riches en oxygène, et peuvent provoquer à
ce niveau l’opacité de la mer, leurs chromoplastes de couleur rouge-brun, retenant
électivement les radiations bleues. Toutefois la distribution verticale des Coccolithophorides est bien plus vaste; dans la Méditerranée on les a rencontrés jusqu’à 1000 m,
limite des pêches effectuées, et dans l’Atlantique jusqu’à 4000 m. Les spécialistes ont
pu distinguer parmi les Coccolithophorides 5 catégories biologiques d’après les profondeurs auxquelles ils vivent.
Nutrition. — La grande majorité des Coccolithophorides, habitant la zone éclairée
où ils peuvent réaliser la photosynthèse, sont autotrophes. Il est probable que ceux
des zones plus profondes peuvent absorber encore, grâce à leurs pigments, les rayons
les plus pénétrants de la lumière; mais il semble qu’ils deviennent en même temps
hétérotrophes et plus spécialement saprophytes, puisque Bernard avait observé, à ce
niveau, de jeunes colonies palmelloïdes des Coccolithophorides fixées sur des Copépodes en décomposition ou sur des débris de nature végétale, envahis par les Bactéries.
Epiphytisme.
Plusieurs cas de l’épiphytisme des Coccolithophorides sur les Diatomées, et en particulier sur des Coscinodiscus, ont été relatés. Lohmann avait signalé,
sous le nom de Pontosphaera sessilis, un Coccolithophoride épiphyte sur le Coscinodiscus,
observé par lui près des Côtes du Brésil. Lecal-Schlauder a décrit un Coccolithophoride, nommé par elle Coccolithus sessilis, peut-être identique à celui de Lohmann,
vivant en épiphyte sur un Coscinodiscus des Côtes algéroises (PI. 5, fig. 6), et a mentionné l’existence, toujours sur des Coscinodiscus, d’un autre épiphyte, appartenant
au genre Syracosphaera, en provenance des Côtes marocaines.
Rôle des Coccolithophorides dans l’économie de la mer. —- Par suite de leur
extrême abondance dans la mer, les Coccolithophorides présentent une grande importance au point de vue alimentaire pour les divers planctontes hétérotrophes et holozoïques. Ainsi, les Tintinnides en font une grande consommation et utilisent leurs
coccolithes, principalement ceux des Syracosphaerides, pour la consolidation de leurs
lorica. Les Diatomées peuvent attaquer également les Coccolithophorides brisés ou en
mauvais état. Ils sont ingérés par des Copépodes et surtout par les Tuniciers pélagiques,
tels que les Appendiculaires et les Salpes. D’après les évaluations récentes de LecalSchlauder (1951), le contenu cloacal et stomacal des Salpes est constitué pour les 2/3
par des coques des Coccolithophorides et le 1/3 restant par les Diatomées, les Dinoflagellés et les Radiolaires.
Les Coccolithophorides jouent, en outre, un rôle très important dans la sédimentation des mers actuelles. Un grand nombre de leurs coques tombe au fond, et on estime
que dans la Méditerranée, à partir de 50 m de profondeur, 90% des vases molles sont
constituées par des coques des Coccolithophorides, plus ou moins décomposées.
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