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BIOLOGIE
Les Chétognathes se rencontrent dans toutes les mers et à toutes les profondeurs.
Il semble que le plus grand nombre de formes habitent surtout les eaux chaudes ou
tempérées chaudes. On les a capturées de la surface jusqu’à 6000 m de profondeur; mais
le maximum de densité des espèces se trouverait entre 0 et 200 m. Un certain nombre
de formes de grande taille (S. lyra, S. hexaptera) ne se reproduisent semble-t-il qu’en
profondeur, vers 1000 m. Les individus pris au-dessus sont toujours immatures ou
des jeunes; d’autant plus jeunes que la capture est plus superficielle.
Les Sagitta auraient ainsi leur distribution verticale, en partie commandée par le
cycle évolutif; et leur reproduction n’aurait lieu que dans les zones profondes, aphotiques. Les Chétognathes ne semblent pas avoir de phototropisme franchement caractérisé ; ils recherchent surtout une région d’intensité lumineuse optimum (photopathie) ;
mais ils ont une sensibilité lumineuse différentielle franche, et surtout une sensibilité
différentielle thermique assez délicate. Les Sagittes réagissent pour un écart d’environ
1°, et ainsi elles peuvent servir de véritables indicateurs de courants, lorsque ceux-ci
sont bien individualisés par leur température. De même, les réactions aux variations de salinité sont nettes, délicates et contribuent encore à les localiser dans des eaux
définies.
Le genre Spadella seul, n’est pas franchement pélagique. Il vit au-dessus des prairies
de Posidonies, sur lesquelles les individus peuvent se poser.
Les Chétognathes se déplacent par mouvements brusques, par bonds saccadés. Ils
sont dus aux contractions puissantes des muscles longitudinaux. Les nageoires ne sont
que des stabilisateurs et non des organes propulseurs.
Tous sont des carnassiers voraces qui attaquent les proies les plus diverses : alevins,
Copépodes, autres Chétognathes, larves très variées. Un pareil régime leur transmet des
parasites nombreux dont ils sont les hôtes transitoires ou définitifs (PI. 153, 1). Nous
pouvons citer deux Paramoeba : P. pigmentifera et P. chetognathi qui infestent les
testicules, les vésicules séminales et la nageoire caudale; Trypanophis sagittae (flagellé)
chez Sagitta lyra, S. decipiens (tube digestif); Metaphrya sagittae (infusoire apostome),
dans la cavité générale de S. inflata, etc. ; Lankesterella sagittae (grégarine monocystidée)
dans le tube digestif; une grégarine polycystidée (tube digestif); des métacercaires
d’Hémiurides (cavité générale), dont l’adulte vit chez les Poissons; un nématode (cavité générale) qui a été considéré comme une larve d’Ascaris (?). Enfin on a signalé
récemment un protiste (?) parasite énigmatique qui n’a pas été baptisé et dont l’étude se
poursuit.
Récemment (1951) on a observé la régénération de la tête coupée, chez Sagitta inflata
et S. helenae, sur la côte ouest de Floride.
Rappelons l’existence des particularités curieuses de la reproduction, que nous avons
signalée.
AFFINITÉS
Elles ont été fort discutées et ne sont pas encore bien nettement définies. On a rapproché les Chétognathes des Cœlentérés, des Nématodes, des Mollusques, des Entéropneustes. On en a fait aussi un groupe spécial des Vermidiens. Actuellement certains
zoologistes tendent à en faire des Brachiopodes néoténiques, c’est-à-dire devenus sexuellement mûrs à l’état larvaire. Ce sont des animaux très anciens connus dès le Primaire.
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