— 346 —
de la cloche existe le canal circulaire, duquel partent 4 canaux radiaires, communiquant par un pédicule creux avec la cavité ou le canal du stolon (st). L’extrémité antérieure de ce dernier, renflée et aveugle, placée horizontalement au-dessus de la cavité
ombrellaire, appelée parfois le nectosac, porte le nom d oleocyste (ol) ou de somatocyste. L’oléocyste contient une, ou plusieurs, gouttelettes d’huile, et on l’interprète
généralement comme une réserve de matières nutritives. Contrairement à l’opinion
de Rose (1931), qui considère que l’oléocyste, rempli, d’après lui, d’un liquide huileux
à réaction acide, participe et contribue à certains processus de la digestion et de l’assimilation, la plupart des auteurs admettent que l’oléocyste, à cause de la densité
différente de l’huile en comparaison de celle d’eau de mer, peut jouer un rôle statique,
analogue, en une certaine mesure, à celui du pneumatophore des Siphonophores Physonectes. Dans la mésoglée de la cloche natatoire est creusée une cavité allongée, se terminant en cul-de-sac, appelée l’hydroecie (hy), au fond de laquelle est inséré le stolon;
ce dernier peut soit s’étendre à l’extérieur de la cloche, soit, en se contractant, se retirer
entièrement dans l’intérieur de l’hydroecie. La cloche larvaire du Sphéronecte étant
permanente, le stolon ne présente aucune trace de la zone de bourgeonnement nectosomien. Immédiatement au-dessous de l’oléocyste existe, en conséquence, seule la
zone de bourgeonnement siphosomien (zbs), sur laquelle naissent les cormidies. Elles
sont bourgeonnées suivant le même processus que chez les Physonectes, c’est-à-dire
que les cormidies les premières formées, donc les plus âgées, sont refoulées vers l’extrémité distale du stolon, lequel s’allonge au fur et à mesure de leur formation. Chaque
cormidie provient d’un bourgeon initial, qui s’allonge et évolue en un gastrozoïde.
Avant de former sa bouche, il bourgeonne sur sa face supérieure les ébauches de 2 bourgeons secondaires, l’un basilaire et l’autre médian. Le bourgeon basilaire évolue en
filament pêcheur, tandis que le médian se divise en 2 bourgeons tertiaires, dont le supérieur formera la bractée et l’inférieur le blastostyle ou le gonophore, tous les 2 médusoïdes, et qui restent en communication avec la cavité du stolon par des pédicules creux.
C’est ce complexe cormidial, dit eudoxiforme, ou simplement eudoxie, qui se détache
du stolon en entier encore avant la maturité des produits génitaux. L’eudoxie (PI. 76,
fig. 10) a l’aspect d’un petit Calycophore à 2 cloches médusoïdes superposées, dont la
supérieure, morphologiquement la bractée (br), pourvue d’un volumineux oléocyste
(lo), est creusée d’une hydroecie (hy) pour le logement d’un petit stolon (st), portant
un gastrozoïde et un filament pêcheur. La cloche inférieure, ayant la valeur d’un blastostyle (bl), ou gonophore, montre, dans son intérieur, un manubrium, rattaché par
un pédicule creux au pédicule du gastrozoïde du stolon. Dans la cavité du manubrium,
les sexes étant séparés, se développent soit les spermatozoïdes, soit les nombreux œufs
(gon). Les anciens auteurs, ignorant les modalités du cycle évolutif des Calycophorides,
avaient interprété ces complexes cormidiaux, flottant dans la mer, comme étant de
petits Calycophorides indépendants et leur avaient donné des noms génériques et spécifiques particuliers, tels que Eudoxïa, Ersoea, Cuboïdes, Aglaïsma, Diplophysa, Sphénoïdes, dénominations actuellement sans valeur, puisqu’elles ne désignent, en réalité,
que les stades sexués de divers Calycophorides.
DÉVELOPPEMENT
L’œuf du Sphéronecte, fécondé dans la mer, évolue en une planule allongée, ciliée,
creuse à l’intérieur, qu’on désigne sous le nom de calyconule. Elle ne tarde pas à former
latéralement un bourgeon inédusoïde, l’ébauche de la cloche natatoire larvaire (PI. 76,
Précédent

- 345/590

Suivant