CHAPITRE XXV
SIPHONOPHORES
par
G. TRÊGOUBOFF
CARACTÈRES GÉNÉRAUX
Les Siphonophores sont des Cœlentérés marins holoplanctoniques, considérés actuellement comme proches des Hydraires Gymnoblastiques. Quelques-unes de leurs formes
méditerranéennes ont été décrites, pour la première fois et d’une manière reconnaissable, par Forskal dans son travail posthume, publié en 1775. Elles ont été réétudiées
ensuite, avec plus de précision, également en provenance de la Baie de Villefranche et
de la Mer de Nice, par Vogt en 1854.
La majorité des Siphonophores sont extrêmement fragiles et ne peuvent être récoltés
intacts et en parfait état qu’avec beaucoup de précaution et, de préférence, en voisinage immédiat de certains Laboratoires maritimes, parmi lesquels celui de Villefranchesur-Mer, localité justement réputée, depuis Vogt, pour la facilité qu’elle présente pour
la capture de ces Cœlentérés infiniment délicats. Leur préparation et la conservation
exigent également le recours aux ressources d’un Laboratoire bien outillé.
De nombreuses formes exotiques, de haute mer ou bathypélagiques, ont été décrites
depuis Vogt d’après les échantillons récoltés au cours de diverses expéditions océanographiques. Malheureusement les Siphonophores, d’une fragilité extrême et qui se dissocient au moindre choc, se présentent, le plus souvent, dans les pêches planctoniques
sous forme d’éléments isolés, détachés des colonies et plus ou moins « roulés » dans les
filets. En outre, comme ils sont généralement fixés sans anesthésie préalable, pourtant
absolument indispensable, ils sont plus ou moins fortement contractés et altérés. Leur
reconnaissance, ainsi que la reconstitution des colonies, sont ainsi malaisées, sont susceptibles de provoquer des confusions et donnent lieu à des descriptions pour le moins
incomplètes et souvent erronées ou contradictoires.
On doit reconnaître cependant qu’à la suite des recherches de divers auteurs, échelonnées sur 175 années depuis leurs premières descriptions dues à Forskal, la morphologie et le développement de nombreuses formes sont connus actuellement d’une manière
satisfaisante.
Il n’en était pas de même, jusqu’à ces derniers temps, de l’origine des Siphonophores
et des affinités entre leurs divers ordres. En ce qui concerne la première, diverses théories
ont été émises à ce sujet. L’une, polypomorphe, faisait dériver les Siphonophores des
Hydraires; l’autre, médusomorphe, des Méduses proliférantes, et même d’une combinaison d’un polype et d’une méduse pour les « Siphonophores » classés dans l’ordre des
Chondrophorides. Ces théories viennent d’être résumées et longuement discutées par
SIPHONOPHORES
par
G. TRÊGOUBOFF
CARACTÈRES GÉNÉRAUX
Les Siphonophores sont des Cœlentérés marins holoplanctoniques, considérés actuellement comme proches des Hydraires Gymnoblastiques. Quelques-unes de leurs formes
méditerranéennes ont été décrites, pour la première fois et d’une manière reconnaissable, par Forskal dans son travail posthume, publié en 1775. Elles ont été réétudiées
ensuite, avec plus de précision, également en provenance de la Baie de Villefranche et
de la Mer de Nice, par Vogt en 1854.
La majorité des Siphonophores sont extrêmement fragiles et ne peuvent être récoltés
intacts et en parfait état qu’avec beaucoup de précaution et, de préférence, en voisinage immédiat de certains Laboratoires maritimes, parmi lesquels celui de Villefranchesur-Mer, localité justement réputée, depuis Vogt, pour la facilité qu’elle présente pour
la capture de ces Cœlentérés infiniment délicats. Leur préparation et la conservation
exigent également le recours aux ressources d’un Laboratoire bien outillé.
De nombreuses formes exotiques, de haute mer ou bathypélagiques, ont été décrites
depuis Vogt d’après les échantillons récoltés au cours de diverses expéditions océanographiques. Malheureusement les Siphonophores, d’une fragilité extrême et qui se dissocient au moindre choc, se présentent, le plus souvent, dans les pêches planctoniques
sous forme d’éléments isolés, détachés des colonies et plus ou moins « roulés » dans les
filets. En outre, comme ils sont généralement fixés sans anesthésie préalable, pourtant
absolument indispensable, ils sont plus ou moins fortement contractés et altérés. Leur
reconnaissance, ainsi que la reconstitution des colonies, sont ainsi malaisées, sont susceptibles de provoquer des confusions et donnent lieu à des descriptions pour le moins
incomplètes et souvent erronées ou contradictoires.
On doit reconnaître cependant qu’à la suite des recherches de divers auteurs, échelonnées sur 175 années depuis leurs premières descriptions dues à Forskal, la morphologie et le développement de nombreuses formes sont connus actuellement d’une manière
satisfaisante.
Il n’en était pas de même, jusqu’à ces derniers temps, de l’origine des Siphonophores
et des affinités entre leurs divers ordres. En ce qui concerne la première, diverses théories
ont été émises à ce sujet. L’une, polypomorphe, faisait dériver les Siphonophores des
Hydraires; l’autre, médusomorphe, des Méduses proliférantes, et même d’une combinaison d’un polype et d’une méduse pour les « Siphonophores » classés dans l’ordre des
Chondrophorides. Ces théories viennent d’être résumées et longuement discutées par
