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En résumé, l’énergie lumineuse captée par un transformateur spécial, la cellule
verte autotrophe, est devenue de l’énergie chimique qui a servi à réduire CO2 et H2 0,
en faire des glucides et des lipides, puis des substances organiques phosphorées et azotées, après réduction des phosphates et des nitrates minéraux. C’est la phase des réductions endothermiques. Mais en même temps, s’accomplissent des oxydations exothermiques d’abord faibles, puis de plus en plus intenses, jusqu’à un équilibre avec les
réductions, c’est l’âge mûr et la reproduction, aussi bien des individus que des populations. Enfin, les oxydations l’emportent jusqu’à la mort, et au-delà. La matière
organique retourne à l’état minéral originel. On assiste donc à une évolution cyclique
et couplée de la matière et de l’énergie; et le plancton en est le siège, comme tout ce
qui vit. 11 représente une étape fondamentale dans ce double circulus de matière et
d’énergie à la surface du globe.
Mais dans la mer, les éléments minéraux, dans une région définie, n’ont pas une
répartition régulière et stable. Le P total par exemple, dans la Manche à un point
précis varie de 10 mmgr par mètre cube à 20 ou 30 mmgr dans des endroits très voisins.
Dans une aire définie, il est passé de 10 à 16 mmgr en peu de temps. On attribue ces
variations à l’arrivée de masses d’eaux étrangères amenées par les courants plutôt qu’à
l’influence des saisons. On n’a pas trouvé d’accroissement du P total sur le fond, comme
on l’a signalé ailleurs. La salinité n’a aucune influence. En hiver 85-90% de P total
est sous formes de phosphates minéraux dissous qui tombent à 45% en été.
Le rapport de P organique à P minéral dissous varie avec les saisons. P total diminue
dans les 20 premiers mètres en été, bien que les eaux superficielles soient souvent les
plus riches en phosphates et en P total. Celui-ci semble mesurer la fertilité potentielle
de l’eau et conditionner la production annuelle en plancton et la survie des alevins nés,
en été.
Les nitrates sont plus abondants en surface l’hiver, et dans les mers calmes et chaudes
que dans les eaux agitées et froides.
Sur le fond, où les dégradations bactériennes de la matière organique sont particulièrement importantes, le P et le N tendent à s’accumuler, du moins dans certaines
régions. Des courants verticaux remettent ces éléments dans le circuit.
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