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de cette coloration massive et de l’opacité de leur corps, rempli à 1 intérieur d un amas
cellulaire, parfois spiculaire, que leur étude in vivo est difficile et leur discrimination
spécifique devient à peu près impossible.
REPRODUCTION ASEXUEE
Bourgeons. — Les bourgeons externes des Éponges marines contiennent déjà, au
moment de leur libération, tous les éléments constitutifs de 1 Éponge adulte, y compris
les spicules caractéristiques de son squelette normal. Ils ne sont pas planctoniques et
se fixent aussitôt soit à proximité immédiate de l’Éponge-mère, soit même en rapport
direct avec cette dernière, en formant ainsi des colonies.
Gemmules. — Parmi les bourgeons internes des Éponges marines, qu’on désigne
sous le nom de gemmules, on peut distinguer 2 sortes :
1. les gemmules entourées d’une simple enveloppe de spongine et contenant
déjà généralement les éléments du squelette normal de l’Éponge. Elles sont encore
mal connues, les divers auteurs ayant une opinion personnelle et différente sur leur
mode de formation et leur mise en liberté;
2. Les gemmules armées. Ce terme est plus approprié que celui des « germes à
armure », proposé par Topsent pour désigner les gemmules internes, observées par lui
dans l’intérieur du corps de 2 Éponges, draguées en profondeur, Thoosa armata Topsent
et Alectona millari Carter. Ces gemmules sont munies d’un squelette mégasclérique,
différent chez chacune des 2 Éponges, et qui n’existe pas chez les individus adultes. Les
gemmules de Thoosa armata T., très jeunes, connues seulement de l’intérieur du corps
de l’Éponge-mère, n’ont pas été revues depuis leur découverte. Par contre, comme il
va être exposé, la morphologie et le sort des gemmules armées d? Alectona millari C.
après leur libération nous sont mieux connus.
GEMMULES ARMEES ü’aLECTONA MILLARI CARTER
La description des gemmules d'Alectona millari C. de Topsent (1920) était basée sur
l’examen de 3 exemplaires, déjà très développés, trouvés par lui dans l’intérieur d’un
petit morceau de cette Eponge, draguée par Talisman en 1883 sur la Côte du Sénégal,
fixée simplement à l’alcool. Elle n’est pas exacte au point de vue morphologique, et
son hypothèse relative au sort ultérieur de ces gemmules n’est pas admissible. Tgpsent
a supposé, en effet, que les gemmules armées d’Alectona poursuivaient toute leur évolution à l’intérieur du corps de f Éponge-mère, y acquéraient leur squelette mégasclérique
particulier et, une fois mises en liberté, « se débarrassaient de ce fardeau lourd et inutile »
et se fixaient directement sur le sol. L’hypothèse aussi peu fondée de Topsent ne peut
être expliquée que par le fait qu’au moment de la publication de son travail (1920),
il ignorait que des organismes, semblables à ses « germes à armure » d’Alectona, étaient
connus du plancton de Villefranche depuis 1892 et étaient même décrits par Karawaiew (1896), d’une manière, pour le moins inattendue, comme « un nouveau Radiolaire de Villefranche ». Comme depuis 1892 on les rencontre d’une manière constante,
et parfois en abondance, dans le plancton de surface de Villefranche surtout pendant
la saison froide, il est hors de doute que les gemmules d’Alectona, dont nous ignorons
toujours le mode de formation et la morphologie au moment de leur libération, mènent
ensuite, pendant quelque temps, la vie planctonique, à laquelle elles sont parfaitement
adaptées par suite de l’acquisition par elles d’un squelette mégasclérique particulier
provisoire, propre à assurer leur flottabilité dans la mer. Dans l’état de nos connaissances
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