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plus on moins vite absorbées par l’eau. Le rouge disparaît le premier, le bleu et le violet
pénètrent le plus loin.
Il résulte de tout ceci, qu’à mesure qu’on descend dans la mer la qualité et la quantité
d’énergie lumineuse disponibles, diminuent rapidement. Les réactions photochimiques
deviennent de plus en plus lentes et difficiles dans les Algues planctomques. Mais, il
y a des « adaptations » certaines, bien que peu étudiées et mal connues. Les cellules produisent des « pigments sensibilisateurs » qui augmentent la gamme des radiations
absorbées et leur quantité; des couples d’oxydo-réduction et des enzymes nouveaux
interviennent dans la chaîne des réactions synthétisantes; la chimiosynthèse s’associe
de plus en plus à la photosynthèse et, de fait, la matière organique continue à se construire. On trouve en Méditerranée des Algues vivantes jusqu’à 250 m de profondeur;
tandis que dans l’Océan, elles ne dépassent guère 60 m. Dans nos eaux, la couche euphorique éclairée active, est particulièrement grande, grâce à l’absence de marées et de vase
en suspension, d’où une grande transparence des eaux marines.
Mais nous avons vu également, que les réactions chimiques initiales exigent pour
s’accomplir et se poursuivre de l’acide phosphorique, pour phosphoryler les premiers
glucides formés; et des nitrates qui fourniront l’azote nécessaire à la synthèse des
protides. Ces deux catégories de sels (sans doute d’autres aussi, dont le rôle est mal
connu) sont absolument indispensables aux synthèses cellulaires et à la croissance des
Algues planctoniques. Aussi les a-t-on désignés du nom de « sels nutritifs ». On sait les
doser actuellement dans les eaux marines, par des méthodes colorimétriques fort sensibles ; car ils y sont en très faible quantité. Par exemple, on trouve à 20 milles au large
de Plymouth de 10 à 16 milligrammes de P total au mètre cube ; et comme chiffre moyen
pour tous les océans, 50 mmgs selon certains auteurs, tandis que d’autres disent 20 mmgs.
L’azote inorganique aurait pour moyenne 450 mmgs, dont 30 d’N ammoniacal, 10 d’N
nitreux et 410 d’N nitrique (nitrates).
Les analyses, expériences, constatations au laboratoire et en mer, ont, de plus, montré
que ces deux éléments, N et P, doivent avoir entre eux un rapport défini pour une
bonne assimilation par les Algues.
Quand l’éclairage est suffisant, les sels nutritifs en proportion convenable, les végétaux planctoniques se développent, croissent et se multiplient. La quantité de matière
vivante végétale dans l’unité de volume d’eau marine augmente. Or, ces végétaux sont
la proie d’animaux herbivores et omnivores, parmi lesquels les Copépodes sont les plus
destructeurs et les plus abondants. De nombreuses recherches sur les Crustacés de ce
groupe, ont montré que beaucoup d’espèces pouvaient vivre en absorbant uniquement
des Diatomées, dont ils font une consommation considérable. On a pu déterminer la
valeur, les conditions et les modalités de celle-ci. Ces Copépodes se multiplient et sont
à leur tour la proie d’autres organismes pélagiques, Chétognathes, Siphonophores, Méduses, alevins de Poissons, larves de Mollusques, Vers, etc., et l’on voit que de proche
en proche, la matière vivante augmente sa masse et sa variété. L’ensemble de tous les
organismes vivants dans un volume d’eau défini prend le nom de « biomasse ».
Mais tous ces êtres vivants respirent, absorbent l’O dissous, brûlent une partie de
leur substance et de leurs aliments pour en tirer l’énergie nécessaire aux manifestations
vitales. Il en résulte des déchets variés, comme CO2, des produits incomplètement
brûlés, comme l’urée, l’acide urique, etc., qui sont rejetés au dehors. Une partie de
la matière vivante dégradée par la combustion respiratoire et simplifiée, retourne au
milieu extérieur, soit sous forme jninérale, soit sous forme organique par les émonctoires
naturels (résidus digestifs, urines, etc.). Ces résidus peuvent être solubles et se dissoudre,
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