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qui dit poissons, dit plancton. De simples praticiens ont décele ainsi, depuis des siècles,
les relations étroites qui existent entre l’abondance du plancton et le rendement des
pêches qui les faisaient vivre. Toutefois l’importance du plancton au point de vue alimentaire ne se limite pas aux seuls Poissons, mais intéresse tous les habitants de la mer
non autotrophes, qu’ils soient benthiques, nectoniques ou pélagiques. Tous, des Protistes aux Mammifères marins, ils sont tributaires du plancton et ses consommateurs
aux divers degrés, et on distingue parmi eux, suivant les modalités de leur nutrition,
des euryphages, des sténophages, des sestonophages, des nécrophages, ainsi que des
saprophytes et des parasites. Le plancton « profite » indirectement même à l’homme
quand il consomme les divers organismes marins, provenant soit du benthos, les Mollusques, les Échinodermes, soit du necton, les Céphalopodes et les Poissons.
Il ne s’agit pas de traiter ici en détail l’importance économique du plancton. La
nature de la nourriture que consomment les divers planctontes sera indiquée dans les
chapitres qui leur sont consacrés. Quant à la notion de la « biomasse » du milieu marin,
représentée principalement par le plancton et liée étroitement en conséquence à la
« production » du phytoplancton, elle doit être définie dans un chapitre particulier.
Dans cet aperçu général on doit mentionner toutefois l’importance du plancton au
point de vue d’études biologiques.
Comme on a pu s’en rendre compte par la description sommaire de la faune pélagique,
le plancton apparaît comme un véritable monde et présente par la variété de ses éléments un intérêt capital pour des études biologiques. D’un côté, les représentants de
nombreux groupes d’animaux marins, uniquement holoplanctoniques, ne peuvent être
étudiés qu’au moyen des pêches planctoniques ; de l’autre, les éléments méroplanctoniques représentent, pour ainsi dire, toute l’embryologie normale de la population
marine, et leurs études réservent encore actuellement des surprises incessantes, en
révélant des stades évolutifs de divers animaux soit jamais observés, soit même
nouveaux, de provenance parfois abyssale, souvent amenés à la portée des pêches planctoniques par des courants verticaux ascendants.
PLANCTONOLOGIE MÉDITERRANÉENNE
SES ÉTAPES ET SES DIRECTIVES ACTUELLES
Les débuts de la planctonologie méditerranéenne, limités d’abord aux études d’éléments
du macroplancton, se situent vers la fin du XVIIIe siècle quand Forskal eût décrit,
d’une manière vraiment scientifique, quelques Siphonophores de cette mer. Celles du
microplancton, tout à fait élémentaires au cours de la première moitié du XIXe siècle,
ne se sont développées qu’à partir de 1845 à la suite de l’invention à cette date par F.
Müller du filet pélagique actuel, permettant d’effectuer de vraies pêches planctoniques. A partir de ce moment a commencé la première étape de la planctonologie, qu’on
peut qualifier de qualitative, ayant pour but, comme c’était normal, la reconnaissance
et la description morphologique et anatomique de planctontes et l’interprétation de
divers éléments méroplanctoniques au point de vue embryologique.
L’emploi généralisé du sac planctonique de Müller, plus ou moins modifié et perfectionné, soit pendant les diverses expéditions océanographiques, soit au cours des pêches
effectuées par des Laboratoires maritimes, a permis non seulement de constater, la
variabilité du plancton suivant les endroits et les zones de profondeur, auxquels elles
ont été effectuées, mais de concevoir également le plancton comme une biocœnose,
dans laquelle, comme dans toute association, les composants dépendent les uns des
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