— 17 —
titatif, du plancton méditerranéen en général. Si le plancton de la Mer Égée a pu être
comparé à celui de la Mer des Sargasses, une des régions les plus déshéritées à ce point
de vue de toutes les mers du globe, d’après les estimations de Lohmann (1903), le
plancton de Messine, une des localités les plus riches à l’époque de la Méditerranée,
serait 10 fois plus pauvre que dans les parages de Héligoland, 20 fois moins abondant
qu’au voisinage du Groenland; il le serait même 30 fois en comparaison de certaines
régions de l’Atlantique Nord, d’après les estimations de Jespersen (1923, 1935).
Comme autres facteurs chimiques qui influent sur l’abondance du plancton on doit
signaler la salinité de l’eau, sa teneur en oxygène et autres gaz dissous, le pH, les quantités de diverses substances minérales autres que les phosphates et les nitrates, ainsi que
celles des matières organiques qui s’y trouvent également et soit proviennent d’apports
extérieurs terrestres ou atmosphériques, soit résultent de l’excès de leur production par
des organismes vivants ou sont représentées par des cadavres de ces derniers, décomposés
par les bactéries.
Facteurs physiques. — Les propriétés physiques de l’eau de mer, telles que la
densité, la viscosité, en relation avec la température, peuvent jouer également un rôle
dans la distribution du plancton parce qu’elles déterminent les échanges, réguliers à
certaines saisons de l’année et notamment en hiver, entre les couches profondes et
superficielles de la mer. D’autres échanges semblables sont dus aux facteurs d’ordre
météorologique et mécanique et se manifestent par des courants marins locaux, purement occasionnels, verticaux ascendants ou horizontaux, s’étalant à la surface de la
mer, et qui modifient en conséquence la composition du plancton de surface.
Courants marins. — On connaît d’après la carte dressée par Nielsen (1912) les
grands courants venant de l’Atlantique par le détroit de Gibraltar et leur circulation
dans la Méditerranée. Mais ces courants, théoriquement fixes, subissent près des côtes
des modifications fréquentes sous l’action des vents côtiers, lesquels, en conformité
avec le relief de la côte, chassent au large les couches superficielles de la mer et provoquent la montée à la surface des eaux froides, venant de profondeur. Ces courants
verticaux s’étalent généralement à la surface sous forme des taches lisses, arrondies
ou irrégulières, et disparaissent rapidement au fur et à mesure de leur mélange avec
l’eau de la surface. D’autres courants, en forme des bandes longues et plus ou moins
larges, se forment à la surface de la mer sous l’action de vents soufflant parallèlement
à la côte. Ils sont uniquement superficiels et ne contiennent pas d’éléments planctoniques de profondeur. Les deux sortes de courants, horizontaux et verticaux ascendants,
sont désignés sous le nom de zoocourants car ils entraînent dans leurs sillages les planctontes accumulés en grande quantité, ou uniquement ceux de surface, ou additionnés
d’éléments venus de profondeur. Ainsi le plancton n’est pas distribué à la surface de
la mer d’une manière uniforme, contrairement à ce qui peut se produire à une certaine
profondeur, à partir de 200 m, où peut exister la concordance sur de grandes étendues
des caractères physico-chimiques du milieu (zones isohydres) et, en conséquence, une
uniformisation relative, stable, de la composition du plancton (espaces isoplanctoniques).
IMPORTANCE DU PLANCTON
L’importance du plancton au point de vue de l’économie générale de la mer a été
reconnue pratiquement déjà par les pêcheurs italiens du Moyen Age, chez lesquels
existait l’adage : « che i pesci crede, che sia plancton », ce qui veut dire à peu près :
2 —
Précédent

- 18/590

Suivant