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L’étude morphologique comparative des coques a montré que chez la même espèce
les tests de divers individus ne sont pas identiques : les uns, les plus nombreux, ont une
loge initiale relativement grande, et on les a désignés sous le nom de mégalosphériques
ou des formes A; chez les autres cette loge est petite, et on leur a donné le nom de
microsphériques ou de formes B. L’étude biologique de 2 types de la même espèce
a permis de constater que ce dimorphisme ne résulte pas de la différence des sexes,
comme on l’avait cru d’abord, mais correspond aux 2 générations distinctes des Foraminifères, chez lesquels existe généralement l’alternance des générations : asexuée, avec
la multiplication végétative par des schizozoïdes, et sexuée, aboutissant à la formation
des gamètes. Le cycle évolutif des Foraminifères peut être résumé ainsi de la manière
suivante : la forme B microsphérique, un schizonte, se résout, par voie végétative, en
schizozoïdes ou « embryons »; ces derniers s’accroissent, deviennent mégalosphériques,
les gamontes ou les formes A, et produisent des gamètes; les copula, qui résultent de
l’union des gamètes, évoluent en nouveaux schizontes microsphériques, les formes B.
Chez quelques espèces on a constaté l’existence d’un trimorphisme, se manifestant
par le fait que certains individus, morphologiquement mégalosphériques, sont néanmoins des schizontes. On explique actuellement (Le Calvez, 1953) cette sorte d’anomalie par la nature diploïde des noyaux de ces individus, n’ayant pas subi accidentellement de réduction chromatique.
STRUCTURE INTERNE
Corps cytoplasmique. — Le corps plasmatique des Foraminifères est constitué par
l’ectoplasme, débordant souvent à l’extérieur de la coque, qui devient ainsi interne,
et par l’endoplasme.
L’ectoplasme forme les pseudopodes réticulés, anastomosables, qui servent pour les
déplacements ou la fixation des Foraminifères, ainsi que pour la capture des proies, le
transport de la nourriture dans l’endoplasme et l’expulsion à l’extérieur des déchets
de la digestion et de l’assimilation. Les pseudopodes jouent en outre un rôle important
dans la formation de nouvelles loges des tests et des membranes kystiques, sous la protection desquelles elle a lieu généralement. Ils se disposent à cet effet en éventail et
accumulent à la limite de la future nouvelle loge une sorte de bourrelet, fait de divers
débris d’origine étrangère. A l’intérieur de ce rempart kystique s’organise une fine pellicule chitinoïde perforée, raccordée aux loges adjacentes, laquelle, dans le cas du test
de nature calcaire, s’enrichit graduellement de minuscules dépôts de carbonate de
calcium. Dans cette ultime loge du test se forme ensuite, en un endroit approprié, un
orifice, la nouvelle bouche du Foraminifère.
L’endoplasme, plus compact que l’ectoplasme, est souvent coloré par suite de la présence dans son intérieur de nombreuses inclusions de nature diverse, soit exogènes, soit
représentant les éléments pigmentés de l’assimilation ou de l’excrétion, et notamment
les xanthosomes, produits de son métabolisme, et analogues, en quelque sorte, aux phaeodelles des Radiolaires Phaeodariés.
Appareil nucléaire. — Suivant les espèces, et surtout en rapport avec leur état
physiologique, les Foraminifères sont soit uninucléés, soit plurinucléés, ce dernier caractère étant 1 indice de la schizogonie chez les formes supérieures. Les noyaux végétatifs
des schizontes et ceux des gamontes n’ont pas la même structure. Les premiers, de
forme diverse, sont du type massif, sans corps central chromatique. Ils sont entourés
d’une membrane d’épaisseur variable, contiennent le suc nucléaire, des éléments chro-
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