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ROLE DU CLIMAT
Au cours du XVIII
e siècle, on remarque qu'il n'y a aucun départ en pêche vers le Groenland, seulement vingtdeux bateaux vont au Labrador et 131 pèchent dans les eaux canadiennes au début du siècle, jusque 1743. Malgré les
conditions climatiques très dures, 1 795 morutiers vont en Islande, ils partent essentiellement de Dunkerque à raison de
30 à 60 unités par an de 1764 à 1789. La grande majorité des morutiers est allée dans la zone de Terre-Neuve malgré
les terribles conditions climatiques et les guerres, les pêches estivales bien moins poissonneuses que celles de
printemps étant les seules possibles, mais on ignorait cela à cette époque.
De plus, Innis (1954) rapporte que, de 1789 à 1792, le poisson aurait manqué sur les côtes de Terre-Neuve
car il aurait migré à la suite d'une inhabituelle quantité de glaces refroidissant la mer. En 1799, celle-ci amenèrent des
phoques vers le sud et les gens de Saint-Jean de Terre-Neuve en capturèrent 80 000.
• Le Petit âge glaciaire est pratiquement terminé au XIX
e siècle et les excès du climat deviennent plus rares
bien que le réchauffement ne se fasse réellement sentir que dans les dernières décennies du XIX
e siècle. En 1800, le
climat est encore froid, ceci étant dû à une réduction du temps d'ensoleillement. De 1812 à 1817, les conditions
climatiques ne sont toujours pas bonnes, certaines années connaissent même des famines comme en 1816 et 1817
(Lamb, 1982). L'auteur cite également l'été froid de 1816 en Europe de l'Ouest, au Canada et en Nouvelle-Angleterre où
il neigea et gela. Le graphique de Manley indique une chute de la température en Angleterre vers 1815-1817. (fig. 32).
A partir de 1827, H. du Rin (1936) constate l'abandon de la pêche morutière en mer du Nord, car on y pêche
de moins en moins de poisson, ce qui provoque la chute des armements. Serait-ce dû au réchauffement temporaire des
eaux?
En Islande, par contre, 1828 est une année de pêche exceptionnelle tandis que les campagnes de 1837 et
1839 sont désastreuses (Rev. Mar. et Col. des années concernées).
Entre 1840 et 1860, se situe vraisemblablement une période de mauvais temps marquée par un raz de
marée en Bretagne en 1840 (Cornou et Giot, 1977) et diverses observations diverses de marins à partir desquelles se
crée l'idée d'un accroissement progressif de la masse des glaces du pôle nord. Le graphique de Manley indique
également une chute des températures au centre de l'Angleterre autour de 1845. Entre 1862 et 1868, on mentionne en
Norvège de mauvaises pêches de morue et des glaces tardives jusqu'au Cap Nord.
• A partir de cette époque cependant, les conditions climatiques s'améliorent, Jones (1990) estime que, de
1861 à 1960, la terre s'est réchauffée de 0°5C. La pêche en Islande devient meilleure d'année en année à compter de
1864, ce qui provoque le développement de l'armement de Fécamp. On part souvent pour deux campagnes, en févriermars et en septembre-octobre et on observe que lorsque les pêches sont bonnes en Islande et à Terre-Neuve, elles
sont mauvaises en Norvège. En 1880, la pêche norvégienne s'effondre (Innis, 1954) mais, en 1893, elle est revenue à
son maximum tandis qu'à Terre-Neuve elle est minimale (Beaugé, 1929).
Autour des îles Féroé, certaines périodes sont froides avec une température moyenne de 6°5 à 6°9, de 1867
à 1869, de 1888 à 1891 et de 1965 à 1969 ; d'autres sont plus chaudes comme entre 1894 et 1951, avec une
température de 8°5 à 8°9 (Lamb, 1979).
A partir de 1896, les campagnes morutières ne se font plus uniquement en été mais sur deux saisons,
notamment en Islande (février-mars et septembre-octobre) et sur le Dogger Bank, la saison de pêche à Terre-Neuve
étant dorénavant d'avril à octobre. De plus en plus les voiliers sont délaissés et remplacés par des bateaux à moteur.
Au cours du XIX
e siècle nos données indiquent, bon an mal an, une forte progression des pêches de morue
que l'on peut attribuer en partie à l'amélioration des techniques de pêche. Pourtant, de 1800 à 1814, la pêche est
pratiquement nulle et le climat ne peut être la cause majeure de ce manque total ou quasi total de départs en pêche, il
s'agit plutôt d'une insécurité politique.
On a répertorié ainsi 30 334 morutiers qui ont quitté les ports alors qu'au XVIII
e siècle il y en avait eu 11 648.
Une bonne période de pêche se situe de 1815 à 1842 où on compte 9 026 morutiers péchant 205 343 tonnes métriques
de poisson soit une moyenne annuelle de 325 bateaux ayant capturé 7 333 tonnes de morue, malgré certaines années
aux conditions climatiques peu favorables.
De 1843 à 1848, on note un fléchissement des départs en pêche, seulement 593 soit 98 par an. Les années
correspondent d'une part à une période de mauvais temps mais aussi à des troubles politiques en France.
A compter de 1849, les départs des morutiers sont de plus en plus importants, la guerre de 1870 ne parait
pas avoir des répercussions sur le nombre des bateaux. Les quantités de morue rapportées sont minimes mais
l'absence de données font qu'elles ne reflètent pas la réalité des pêches et ce n'est qu'à partir de 1875 que les
statistiques de pêche constituent des données fiables. De 1849 à 1899, on recense 20 334 morutiers soit 406 par an
avec une forte augmentation des pêches islandaises. Ce demi-siècle correspond il est vrai à un meilleur climat mais
ROLE DU CLIMAT
Au cours du XVIII
e siècle, on remarque qu'il n'y a aucun départ en pêche vers le Groenland, seulement vingtdeux bateaux vont au Labrador et 131 pèchent dans les eaux canadiennes au début du siècle, jusque 1743. Malgré les
conditions climatiques très dures, 1 795 morutiers vont en Islande, ils partent essentiellement de Dunkerque à raison de
30 à 60 unités par an de 1764 à 1789. La grande majorité des morutiers est allée dans la zone de Terre-Neuve malgré
les terribles conditions climatiques et les guerres, les pêches estivales bien moins poissonneuses que celles de
printemps étant les seules possibles, mais on ignorait cela à cette époque.
De plus, Innis (1954) rapporte que, de 1789 à 1792, le poisson aurait manqué sur les côtes de Terre-Neuve
car il aurait migré à la suite d'une inhabituelle quantité de glaces refroidissant la mer. En 1799, celle-ci amenèrent des
phoques vers le sud et les gens de Saint-Jean de Terre-Neuve en capturèrent 80 000.
• Le Petit âge glaciaire est pratiquement terminé au XIX
e siècle et les excès du climat deviennent plus rares
bien que le réchauffement ne se fasse réellement sentir que dans les dernières décennies du XIX
e siècle. En 1800, le
climat est encore froid, ceci étant dû à une réduction du temps d'ensoleillement. De 1812 à 1817, les conditions
climatiques ne sont toujours pas bonnes, certaines années connaissent même des famines comme en 1816 et 1817
(Lamb, 1982). L'auteur cite également l'été froid de 1816 en Europe de l'Ouest, au Canada et en Nouvelle-Angleterre où
il neigea et gela. Le graphique de Manley indique une chute de la température en Angleterre vers 1815-1817. (fig. 32).
A partir de 1827, H. du Rin (1936) constate l'abandon de la pêche morutière en mer du Nord, car on y pêche
de moins en moins de poisson, ce qui provoque la chute des armements. Serait-ce dû au réchauffement temporaire des
eaux?
En Islande, par contre, 1828 est une année de pêche exceptionnelle tandis que les campagnes de 1837 et
1839 sont désastreuses (Rev. Mar. et Col. des années concernées).
Entre 1840 et 1860, se situe vraisemblablement une période de mauvais temps marquée par un raz de
marée en Bretagne en 1840 (Cornou et Giot, 1977) et diverses observations diverses de marins à partir desquelles se
crée l'idée d'un accroissement progressif de la masse des glaces du pôle nord. Le graphique de Manley indique
également une chute des températures au centre de l'Angleterre autour de 1845. Entre 1862 et 1868, on mentionne en
Norvège de mauvaises pêches de morue et des glaces tardives jusqu'au Cap Nord.
• A partir de cette époque cependant, les conditions climatiques s'améliorent, Jones (1990) estime que, de
1861 à 1960, la terre s'est réchauffée de 0°5C. La pêche en Islande devient meilleure d'année en année à compter de
1864, ce qui provoque le développement de l'armement de Fécamp. On part souvent pour deux campagnes, en févriermars et en septembre-octobre et on observe que lorsque les pêches sont bonnes en Islande et à Terre-Neuve, elles
sont mauvaises en Norvège. En 1880, la pêche norvégienne s'effondre (Innis, 1954) mais, en 1893, elle est revenue à
son maximum tandis qu'à Terre-Neuve elle est minimale (Beaugé, 1929).
Autour des îles Féroé, certaines périodes sont froides avec une température moyenne de 6°5 à 6°9, de 1867
à 1869, de 1888 à 1891 et de 1965 à 1969 ; d'autres sont plus chaudes comme entre 1894 et 1951, avec une
température de 8°5 à 8°9 (Lamb, 1979).
A partir de 1896, les campagnes morutières ne se font plus uniquement en été mais sur deux saisons,
notamment en Islande (février-mars et septembre-octobre) et sur le Dogger Bank, la saison de pêche à Terre-Neuve
étant dorénavant d'avril à octobre. De plus en plus les voiliers sont délaissés et remplacés par des bateaux à moteur.
Au cours du XIX
e siècle nos données indiquent, bon an mal an, une forte progression des pêches de morue
que l'on peut attribuer en partie à l'amélioration des techniques de pêche. Pourtant, de 1800 à 1814, la pêche est
pratiquement nulle et le climat ne peut être la cause majeure de ce manque total ou quasi total de départs en pêche, il
s'agit plutôt d'une insécurité politique.
On a répertorié ainsi 30 334 morutiers qui ont quitté les ports alors qu'au XVIII
e siècle il y en avait eu 11 648.
Une bonne période de pêche se situe de 1815 à 1842 où on compte 9 026 morutiers péchant 205 343 tonnes métriques
de poisson soit une moyenne annuelle de 325 bateaux ayant capturé 7 333 tonnes de morue, malgré certaines années
aux conditions climatiques peu favorables.
De 1843 à 1848, on note un fléchissement des départs en pêche, seulement 593 soit 98 par an. Les années
correspondent d'une part à une période de mauvais temps mais aussi à des troubles politiques en France.
A compter de 1849, les départs des morutiers sont de plus en plus importants, la guerre de 1870 ne parait
pas avoir des répercussions sur le nombre des bateaux. Les quantités de morue rapportées sont minimes mais
l'absence de données font qu'elles ne reflètent pas la réalité des pêches et ce n'est qu'à partir de 1875 que les
statistiques de pêche constituent des données fiables. De 1849 à 1899, on recense 20 334 morutiers soit 406 par an
avec une forte augmentation des pêches islandaises. Ce demi-siècle correspond il est vrai à un meilleur climat mais
