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ROLE DU CLIMAT
glaces autour de l'Islande durent cinq semaines par an. L'avancée de glaciers devient notable dans les Alpes et c'est
ainsi qu'en 1599-1600 "on est en plein maximum historique des glaciers" (Le Roy Ladurie, 1983). Vers 1580, le détroit
de Danemark est bloqué par les glaces pendant plusieurs étés et, de 1570 à 1720, de grands ouragans dévastateurs
sévissent sur les côtes européennes (Lamb, 1982). Ce climat froid semble avoir eu des répercussions sur les pêches à
Terre-Neuve car, de 1570 à 1600, on recense 239 morutiers, soit une moyenne annuelle de 8 bateaux, si l'on excepte le
chiffre douteux de 100 bateaux répertoriés à Olonne en 1596. Cette diminution sensible des morutiers peut bien sûr être
due au manque de documents d'archives ou à leur imprécision, mais aussi aux conditions plus difficiles et dangereuses
des pêches : glaces flottantes, icebergs, fuite des morues de ces eaux trop froides de température inférieure à 2°.
• Au début du XVII
e siècle, les rigueurs du climat sont beaucoup plus marquées. Le centre de l'Angleterre a
une température moyenne de 8°7 (Manley, 1974), les glaces entourent l'Islande douze semaines par an (Koch, 1945),
des tempêtes auraient englouti cinq cent navires au cours du siècle (Comou et Giot, 1977). Alors qu'auparavant on
péchait la morue aux îles Féroé, en 1625 et 1629 (le poisson aurait totalement manqué (Lamb, 1979). Vers 1640, les
glaces entourent l'Islande pendant quinze semaines, en 1650 le port de Riga est bloqué quatre cents jours par les
glaces (Lamb, 1979).
On ne compte plus les excès du climat qui s'ajoutent aux malheurs humains tels que la Grande Peste en
1665 et l'incendie de Londres en 1666, suite à un été très chaud. A partir de 1675, l'absence de morue aux Féroé dure
de nombreuses années. A la fin du siècle, l'avancée des glaciers est importante en Islande et en Norvège. L'hiver le
plus froid en Angleterre depuis les temps glaciaires est celui de 1683-1684, où la température en janvier fut de de -10° à
-11°C en dessous de la moyenne habituelle (Gribbin, 1978). Lamb (1979) considère que l'année 1695 est l'année la plus
terrible, la mer de Norvège et le sud des Féroé sont envahies par l'eau polaire qui sera dominante pendant 20 à 30 ans
et restera sur place jusqu'à 1830. Selon cet auteur, les années de 1685 à 1704 marquent la phase la plus sévère du
"petit âge glaciaire" où les glaces autour de l'Islande persistent plusieurs mois, empêchent toute pêche et provoquent
une grande baisse de la température de surface.
Ces conditions climatiques extrêmes se sont bien sûr répercutées sur les pêches mais celles-ci avaient lieu
en été. De 1600 à 1650, les lieux de pêche se diversifient bien que la majeure partie des 1 323 morutiers aillent à TerreNeuve et sur les Bancs, 49 vont sur les côtes canadiennes et seulement 21 partent vers l'Islande (entre 1610 et 1620).
Au cours de la seconde moitié du siècle, le nombre de morutiers augmente de façon significative et nous recensons
3 021 bateaux, soit une moyenne de 60 par année.
Nombre de morutiers
900
800
700
600
500
400
300
Temperature CCI
lO'O
Petit Age Glaciaire
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Figure 35 - Le nombre des morutiers et les températures au centre de l'Angleterre,
moyenne de 50 ans (Partie du diagramme LAMB, 1965)
ROLE DU CLIMAT
glaces autour de l'Islande durent cinq semaines par an. L'avancée de glaciers devient notable dans les Alpes et c'est
ainsi qu'en 1599-1600 "on est en plein maximum historique des glaciers" (Le Roy Ladurie, 1983). Vers 1580, le détroit
de Danemark est bloqué par les glaces pendant plusieurs étés et, de 1570 à 1720, de grands ouragans dévastateurs
sévissent sur les côtes européennes (Lamb, 1982). Ce climat froid semble avoir eu des répercussions sur les pêches à
Terre-Neuve car, de 1570 à 1600, on recense 239 morutiers, soit une moyenne annuelle de 8 bateaux, si l'on excepte le
chiffre douteux de 100 bateaux répertoriés à Olonne en 1596. Cette diminution sensible des morutiers peut bien sûr être
due au manque de documents d'archives ou à leur imprécision, mais aussi aux conditions plus difficiles et dangereuses
des pêches : glaces flottantes, icebergs, fuite des morues de ces eaux trop froides de température inférieure à 2°.
• Au début du XVII
e siècle, les rigueurs du climat sont beaucoup plus marquées. Le centre de l'Angleterre a
une température moyenne de 8°7 (Manley, 1974), les glaces entourent l'Islande douze semaines par an (Koch, 1945),
des tempêtes auraient englouti cinq cent navires au cours du siècle (Comou et Giot, 1977). Alors qu'auparavant on
péchait la morue aux îles Féroé, en 1625 et 1629 (le poisson aurait totalement manqué (Lamb, 1979). Vers 1640, les
glaces entourent l'Islande pendant quinze semaines, en 1650 le port de Riga est bloqué quatre cents jours par les
glaces (Lamb, 1979).
On ne compte plus les excès du climat qui s'ajoutent aux malheurs humains tels que la Grande Peste en
1665 et l'incendie de Londres en 1666, suite à un été très chaud. A partir de 1675, l'absence de morue aux Féroé dure
de nombreuses années. A la fin du siècle, l'avancée des glaciers est importante en Islande et en Norvège. L'hiver le
plus froid en Angleterre depuis les temps glaciaires est celui de 1683-1684, où la température en janvier fut de de -10° à
-11°C en dessous de la moyenne habituelle (Gribbin, 1978). Lamb (1979) considère que l'année 1695 est l'année la plus
terrible, la mer de Norvège et le sud des Féroé sont envahies par l'eau polaire qui sera dominante pendant 20 à 30 ans
et restera sur place jusqu'à 1830. Selon cet auteur, les années de 1685 à 1704 marquent la phase la plus sévère du
"petit âge glaciaire" où les glaces autour de l'Islande persistent plusieurs mois, empêchent toute pêche et provoquent
une grande baisse de la température de surface.
Ces conditions climatiques extrêmes se sont bien sûr répercutées sur les pêches mais celles-ci avaient lieu
en été. De 1600 à 1650, les lieux de pêche se diversifient bien que la majeure partie des 1 323 morutiers aillent à TerreNeuve et sur les Bancs, 49 vont sur les côtes canadiennes et seulement 21 partent vers l'Islande (entre 1610 et 1620).
Au cours de la seconde moitié du siècle, le nombre de morutiers augmente de façon significative et nous recensons
3 021 bateaux, soit une moyenne de 60 par année.
Nombre de morutiers
900
800
700
600
500
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Temperature CCI
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Figure 35 - Le nombre des morutiers et les températures au centre de l'Angleterre,
moyenne de 50 ans (Partie du diagramme LAMB, 1965)
