LA PRODUCTION
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Saint-Malo est sans conteste, le premier port morutier de la première moitié du XX
e siècle et il le restera bien
après 1950 (fig. 22). En cinquante ans, 2 454 morutiers partent en pêche et rapportent 644 531 tonnes métriques de
poisson. Jusqu'à 1938, on dénombre une moyenne annuelle de 62 départs en pêche, après la guerre de 1939-1945, la
chute des morutiers est sévère et ne vont pêcher qu'environ huit bateaux par an.
Les lieux de pêche privilégiés des malouins sont la région de Terre-Neuve avec les Bancs, le Groenland à
partir de 1931 et l'Islande pour quelques bateaux. On constate que 94 % soit 2 304 morutiers vont à Terre-Neuve dont
2 264 avant 1939. La pêcherie du Groenland est redécouverte en 1929 et 143 bateaux y partent jusqu'en 1949, ce qui
représente 6 % des morutiers répertoriés, ils y pèchent 64 000 tonnes métriques. Enfin, sept bateaux vont en Islande et
en rapportent 2 222 tonnes métriques de morue.
Avant 1914, il part vers Terre-Neuve entre 56 bateaux (en 1904) et 146 (en 1912), assurant à la ville une
activité prospère. La Première Guerre mondiale ralentit l'activité du port, les départs ne sont que de 7 à 52 morutiers par
an. La reprise se fait dès 1919 puis augmente pour atteindre 91 terre-neuviers en 1925 (88 voiliers et 3 chalutiers) et 83
en 1926, l'activité reste assez stable de 1930 à 1938 avec une trentaine de bateaux à Terre-Neuve, au Groenland et en
Islande. En 1939, on compte 20 voiliers et 8 chalutiers et c'est à la veille de la guerre que se place la fin de la marine à
voile (La Morandière, 1962). La Seconde Guerre mondiale interdit toute pêche de 1940 à 1945 et après ce coup d'arrêt
très important, la pêche ne reprend que lentement à raison de huit à dix morutiers par an malgré les pénuries d'aprèsguerre. Saint-Malo reste cependant un des seuls ports morutiers à résister aux conséquences économiques de cette
guerre.
Fécamp est le second port important avec 1 625 départs en pêche de morutiers qui se rendent comme au
siècle précédent à Terre-Neuve, en Islande mais aussi sur le Dogger Bank et au Groenland. On estime à 1 280 bateaux
soit 79 % du total, les morutiers se rendant à Terre-Neuve, à 196 bateaux soit 12 % ceux qui vont en Islande, puis 97
bateaux soit 6 % sur le Dogger Bank et 52 bateaux soit 3 % au Groenland. Les morutiers de Fécamp ont rapporté
652 662 tonnes métriques de morue, (fig. 20)
Comme pour Saint-Malo, la pêche est importante jusqu'en 1929 si on excepte les quelques années plus
faibles de 1915 à 1919. On note aussi les bonnes années de 1902 avec 89 morutiers, 1905 avec 67, 1914 avec 74
bateaux. La crise de 1929 réduit beaucoup les pêches à Terre-Neuve et en Islande, tandis que commence la pêche au
Groenland avec quelques bateaux qui atteignent au maximum 14 en 1930. On observe que la pêche sur le Dogger
Bank s'arrête en 1914 et ne reprend plus par la suite : la morue aurait-elle déserté la mer du Nord au début du siècle ?
Jusqu'en 1938, les pêches en Islande sont assez régulières et de l'ordre de six bateaux par an. Les pêches
au Groenland se font pendant dix années et sont alors en moyenne de cinq bateaux annuellement. Après la guerre de
1939-1945, Fécamp ne dispose plus que de 10 morutiers en 1950.
Gravelines est toujours un port important au début du XX
e siècle et on recense 1 287 départs de morutiers
principalement vers le Dogger Bank avec 769 bateaux qui constituent 60 % de la flotte. En Islande, on relève 499
navires soit 39 % et enfin 19 morutiers vont au Groenland et représentent 1 % du total. Du Dogger Bank, les morutiers
rapportent 5 182 tonnes métriques de morue entre 1900 et 1923 mais ce lieu de pêche est ensuite abandonné à partir
de 1924. D'Islande, les morutiers rapportent 29 709 tonnes métriques de morue dont 13 533 de 1900 à 1918 avec une
moyenne annuelle de 21 départs. Ensuite, la guerre de 1914-1918 provoque une forte réduction du nombre des navires
qui ne partent plus qu'à 7 ou 8 par an jusqu'à 1934, mais pèchent malgré tout 16 176 tonnes métriques grâce à
l'amélioration des navires et des techniques. Quelques morutiers vont au Groenland et rapportent de 1933 à 1938,
2 505 tonnes métriques de poisson par année. La totalité de la morue pêchée par ce port s'élève à 37 396 tonnes
métriques jusqu'à 1938, qui marque l'arrêt définitif de ce port morutier.
Le quatrième port de quelque importance est Paimpol, en effet, 438 départs de morutiers rapportent 75 069
tonnes métriques de morue venant essentiellement d'Islande. Cette destination, fréquentée jusqiï à 1935 rassemble
90 % des bateaux soit 661 qui pèchent 63 600 tonnes métriques de morue. Jusqu'en 1910, les paimpolais ne vont qu'en
Islande, à partir de 1911 et jusqu'en 1926, 60 morutiers vont aussi à Terre-Neuve, constituent 8 % du total des bateaux
et pèchent 9 815 tonnes métriques de morue (Statistiques de pêche des années concernées). Le début de la Guerre
1914-1918 provoque une forte réduction des pêches qui passent de 39 départs annuels avant 1915 à sept par an après.
Prenant la suite des pêches à Terre-Neuve et à partir de 1929 quelques 17 morutiers partent au Groenland,
soit 2 % de l'effectif du demi-siècle, ces bateaux rapportent 1 654 tonnes métriques de morue.
L'essentiel des débarquements de poisson péché par les Paimpolais se fait à Bordeaux qui est devenu, à
partir de la fin du XIX
e siècle un important port de décharge et le principal marché français de la morue. L'activité
morutière de Paimpol s'arrête en 1935, peut-être faute de débouchés ou par crainte d'une nouvelle guerre.
De Dunkerque, partent vers l'Islande 736 morutiers qui rapportent 34 093 tonnes métriques de morue entre
1900 et 1930. La pêche est active jusqu'en 1914 et 48 bateaux en moyenne partent annuellement. Au total 721 bateaux
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