52
LA PRODUCTION
du début de cette activité, à 1899 ils rapportent 18 766 tonnes métriques de morue pour un tonnage de 11 763 tonneaux
(statistiques de Pêche).
Les six derniers ports du XIX
e siècle envoient moins de 60 morutiers en cent ans, ce sont : Nantes (53
bateaux), Bordeaux (41 bateaux), le Havre (15 bateaux), La Rochelle (13 bateaux), les Sables d'Olonne (10 bateaux) et
Honfleur (2 bateaux).
Entre 1818 et 1835, Nantes envoie de 6 à 10 bateaux par an à Terre-Neuve mais nous n'avons que des
données ponctuelles entre 1818 et 1835. Les 23 derniers morutiers ont rapporté 1 249 tonnes métriques de morue et
l'année 1835 marque, à notre connaissance, la fin de la pêche morutière de cette ville qui reste encore port de décharge
comme Bordeaux. De 1868 à 1872, on note aussi cinq morutiers au Croisic qui vont en pêche en Islande.
De Bordeaux, que l'on peut qualifier de port morutier mais essentiellement port de débarquement de morue,
vont en pêche 41 bateaux vraisemblablement au Grand-Banc. Les quantités rapportées sont trop partielles pour qu'on
les mentionne. Les derniers navires sont partis de Bordeaux en 1867.
Quelques départs du Havre se font vers le Grand-Banc au début du siècle, puis ce port abandonne
l'armement terre-neuvien 1831 avec un seul bateau en Islande qui rapporte 81 tonnes de morue.
La Rochelle n'envoie que quelques bateaux à Terre-Neuve au cours du siècle et arrête définitivement cette
activité en 1872. Des Sables d'Olonne partent 10 morutiers, les derniers en 1818, puis c'est l'arrêt total. Honfleur stoppe
son activité morutière en 1818 avec seulement deux bateaux en pêche.
• Au début du XX
e siècle on compte encore une dizaine de ports morutiers. La Première Guerre mondiale,
la crise économique de 1929 et la Seconde Guerre mondiale vont être autant de coups d'arrêt dans le commerce de la
morue. En 1950, il ne reste plus réellement que trois ports : Saint-Malo, Fécamp, et Boulogne, ainsi que quelques
départs de bateaux de La Rochelle et de Bordeaux.
Le XX
e siècle marque en fait l'apogée puis l'effondrement de la Grande Pêche (fig. 21). On assiste aussi au
remplacement progressif des voiliers par des bateaux à vapeur, puis des bateaux à moteur mécanique, mais, en 1912,
la majorité est encore constituée de bateaux à voile.
En 1914, on compte 347 bateaux à vapeur (soit 0,28 %), 375 bateaux à propulsion mécanique (soit 1,4 %) et
25 946 voiliers (soit 97 %), tandis qu'en 1931 on observe 565 bateaux à vapeur (soit 2 %), 8 737 bateaux à propulsion
mécanique (soit 35 %) et 15 688 voiliers (soit 63 %, Statistiques de Pêche, 1931).
Le tonnage des bateaux en pêche (connu de 1900 à 1926) est en moyenne de 52 245 tonneaux chaque
année. En 1904, la France renonce à son droit de pêche exclusif sur le French-Shore et les morutiers ne peuvent
pêcher qu'au Grand-Banc, en Islande, au Groenland et sur le Dogger Bank.
Au cours de ce demi-siècle, partent cependant 10 258 bateaux qui fournissent 2 122 269 tonnes métriques
de morue. Ces morutiers représentent 40 % de la totalité des départs en pêche du XIX
e siècle. L'amélioration technique
des bateaux et l'avancée des connaissances océanographiques ont permis de meilleures captures malgré les guerres
qui ne permettent que de faibles pêches de 1915 à 1918 et interdisent toute capture de 1939 à 1945.
Malgré tout, on observe une décroissance lente de cette pêche depuis le début du siècle jusqu'à 1950. De
1900 à 1914, partent annuellement de 264 à 848 morutiers, de 1919 à 1932 on compte de 110 à 188 morutiers par an
et, chaque année de 1933 à 1938, moins d'une centaine. De 1939 à 1944, il y a interruption totale de l'armement et
destruction des deux tiers du tonnage (Stat. Pêches, 1948). Après la Seconde Guerre mondiale, la pêche ne reprend
que très timidement à raison de 5 à 41 bateaux par an.
Entre 1900 et 1950, on peut distinguer trois périodes où la pêche morutière disparaît de plus en plus de
l'activité des divers ports de pêche :
- après la Première Guerre mondiale : la pêche est arrêtée à Saint-Brieuc (en 1927) et une forte réduction est
observée à Dunkerque, Gravelines, Boulogne, Granville, Paimpol et Cancale,
- après la débâcle financière de 1929, on constate l'arrêt de l'activité de Cancale (1929), Dunkerque (1930),
Arcachon (1932), Granville et Paimpol (1935), ainsi qu'une forte réduction de la pêche à Fécamp et à Bordeaux.
- la Seconde Guerre mondiale provoque l'arrêt de la pêche de la morue du Havre et à Gravelines en 1938 et
une forte réduction à Fécamp et à Saint-Malo.
Cependant, tout au long de ces cinquante ans, certains ports tels que Boulogne, La Rochelle et Bordeaux ont
continué à envoyer quelques bateaux par an vers Terre-Neuve ou le Groenland. Bordeaux devenant de plus en plus un
important port de décharge (Latreille, 1970).
L'essentiel de nos données provient désormais des Statistiques de Pêche.
Précédent

- 55/133

Suivant