LA PRODUCTION
51
A Fécamp, les deux tiers des pêches se font dans la zone de Terre-Neuve à raison d'une trentaine à une
cinquantaine de morutiers par an tout au long du siècle. Ainsi, on compte 24 bateaux en 1828, 38 en 1845, 39 en 1860,
95 en 1867, 65 en 1879, 80 en 1898 (Statistiques des Pêches Maritimes des années considérées). Les quantités
pêchées à Terre-Neuve sont véritablement connues depuis 1876 et s'élèvent à 191 842 tonnes métriques pour 969
morutiers en 23 ans soit une moyenne de pêche annuelle de 8 341 tonnes métriques pour 42 morutiers et une moyenne
de 197 tonnes de morue par bateau.
Il part aussi, régulièrement, des morutiers pour l'Islande, de l'ordre d'une quinzaine par an de 1859 à 1880,
puis quelques uns par an jusqu'à la fin du siècle. Les cargaisons de morue pêchée en Islande depuis 1876 s'élèvent à
8 304 tonnes métriques pour 151 goélettes ce qui équivaut en moyenne à 361 tonnes métriques pour six goélettes par
an et à 55 tonnes par bateau ce qui est très inférieur à la production de Terre-Neuve. A partir de 1895 les Fécampois
vont aussi sur le Dogger Bank à raison de 21 à 27 bateaux par an. Mais la pêche ne semble pas très rentable ; au cours
des cinq dernières années du siècle, 126 bateaux ont rapporté 330 tonnes de morue, ce qui donne 66 tonnes pour 25
bateaux par an et 2,6 tonnes par bateau.(fig. 20).
Paimpol est typiquement un port morutier islandais même si, jusqu'à 1842, il est vraisemblable qu'un certain
nombre de pêches aient eu lieu à Terre-Neuve. Nos données ne sont relativement précises qu'à compter de 1856 et on
se rend compte, à partir de cette date, que pour 8 bateaux partis à Terre-Neuve il y en a 1 915 qui sont allés en Islande.
Les meilleures années de pêche islandaise sont :
1869 avec 63 morutiers
1879 avec 61 bateaux chargés de 13 811 tonnes métriques de poisson
1893 avec 62 navires et 6 303 tonnes
1894 avec 74 bateaux et 5 843 tonnes
1895 avec 76 départs et 4 919 tonnes de morue.
Le tonnage des bateaux en pêche de 1850 à la fin du siècle est de 180 892 tonneaux soit la moitié moins
qu'à Fécamp pour la même durée et un nombre voisin de morutiers. Les goélettes armées pour l'Islande étaient de
capacité bien inférieure à celle des brigantins qui revenaient chargés de Terre-Neuve. Les quantités pêchées ne sont
connues que pour les vingt-cinq dernières années du siècle ; au total la pêche a rapporté 87 257 tonnes métriques de
morue dont 87 038 d'Islande et 219 de Terre-Neuve.
A la fin du siècle, Paimpol est un port morutier important dont l'ascension rapide et l'importance se
poursuivront encore au XX
e siècle.
De Boulogne et Dieppe partent respectivement 956 et 932 morutiers pendant le XIX
e siècle mais chacun
des ports suit une évolution propre. A Boulogne, les pêches se font presque uniquement en Islande jusqu'à 1878 et on
a totalisé 264 morutiers dont 238 en Islande, soit 90 %, et 26 sur les Bancs de Terre-Neuve soit 10 %. De 1879 à 1900,
692 bateaux sont affrétés et se partagent entre l'Islande, 36 morutiers soit 5 % et le Dogger Bank, 656 morutiers soit
95 %. Il y a donc eu un changement important des destinations de pêche à partir de 1879 bien que la pêche islandaise
ait connu de bonnes saisons au cours de cette période. Sans doute la proximité de la morue au Dogger Bank et les
deux époques de pêche que l'on pouvait y faire ont sensibilisé les pêcheurs de Boulogne qui ont ainsi rapporté 33 762
tonnes métriques, les meilleures pêches ayant lieu en 1882 et 1888. Après cette dernière année, le nombre de bateaux
diminue fortement, il passe de 111 bateaux en 1884 à 80 en 1887 puis à moins de 10 de 1896 à 1899. De 1818 à 1900
et pour les 56 années connues, on compte 274 morutiers en Islande, soit une moyenne de cinq morutiers par an, qui
ont rapporté 8 219 tonnes métriques de morue. De nombreuses données restent manquantes.
Les morutiers de Dieppe se partagent sur trois zones de pêche : le Grand-Banc et l'Islande jusqu'en 1880
puis le Grand-Banc et le Dogger Bank à la fin du siècle alors que le nombre de bateaux en pêche n'est plus que de
quelques unités par an. A Dieppe, 89 % des navires vont au Grand-Banc 9 % en Islande et 1% au Dogger Bank. Les
quantités pêchées ne sont connues que de 1875 à 1900. Les pêches sur le Grand-Banc rapportent 10 576 tonnes
métriques de morue, celles d'Islande 498 tonnes et celles du Dogger Bank 124 tonnes.
Deux ports envoient une centaine de morutiers en pêche au XIX
e siècle : Cancale et Bayonne. Cancale
commence la Grande Pêche à la fin du siècle avec 144 bateaux. Bayonne termine son évolution de port morutier avant
la guerre de 1870, avec 123 bateaux pour le siècle. Les quantités de morue rapportées par les morutiers de Bayonne
sont mal connues et les tonnages ne peuvent donner qu'une approximation avec 8 654 tonneaux en cent ans. Les
bateaux partis de Bayonne vont essentiellement au Grand-Banc pour 36 % et à Saint-Pierre-et-Miquelon pour 24 %. La
destination des 40 % restant n'est pas connue. Les morutiers de Cancale vont tous au Grand-Banc et de 1886, année
51
A Fécamp, les deux tiers des pêches se font dans la zone de Terre-Neuve à raison d'une trentaine à une
cinquantaine de morutiers par an tout au long du siècle. Ainsi, on compte 24 bateaux en 1828, 38 en 1845, 39 en 1860,
95 en 1867, 65 en 1879, 80 en 1898 (Statistiques des Pêches Maritimes des années considérées). Les quantités
pêchées à Terre-Neuve sont véritablement connues depuis 1876 et s'élèvent à 191 842 tonnes métriques pour 969
morutiers en 23 ans soit une moyenne de pêche annuelle de 8 341 tonnes métriques pour 42 morutiers et une moyenne
de 197 tonnes de morue par bateau.
Il part aussi, régulièrement, des morutiers pour l'Islande, de l'ordre d'une quinzaine par an de 1859 à 1880,
puis quelques uns par an jusqu'à la fin du siècle. Les cargaisons de morue pêchée en Islande depuis 1876 s'élèvent à
8 304 tonnes métriques pour 151 goélettes ce qui équivaut en moyenne à 361 tonnes métriques pour six goélettes par
an et à 55 tonnes par bateau ce qui est très inférieur à la production de Terre-Neuve. A partir de 1895 les Fécampois
vont aussi sur le Dogger Bank à raison de 21 à 27 bateaux par an. Mais la pêche ne semble pas très rentable ; au cours
des cinq dernières années du siècle, 126 bateaux ont rapporté 330 tonnes de morue, ce qui donne 66 tonnes pour 25
bateaux par an et 2,6 tonnes par bateau.(fig. 20).
Paimpol est typiquement un port morutier islandais même si, jusqu'à 1842, il est vraisemblable qu'un certain
nombre de pêches aient eu lieu à Terre-Neuve. Nos données ne sont relativement précises qu'à compter de 1856 et on
se rend compte, à partir de cette date, que pour 8 bateaux partis à Terre-Neuve il y en a 1 915 qui sont allés en Islande.
Les meilleures années de pêche islandaise sont :
1869 avec 63 morutiers
1879 avec 61 bateaux chargés de 13 811 tonnes métriques de poisson
1893 avec 62 navires et 6 303 tonnes
1894 avec 74 bateaux et 5 843 tonnes
1895 avec 76 départs et 4 919 tonnes de morue.
Le tonnage des bateaux en pêche de 1850 à la fin du siècle est de 180 892 tonneaux soit la moitié moins
qu'à Fécamp pour la même durée et un nombre voisin de morutiers. Les goélettes armées pour l'Islande étaient de
capacité bien inférieure à celle des brigantins qui revenaient chargés de Terre-Neuve. Les quantités pêchées ne sont
connues que pour les vingt-cinq dernières années du siècle ; au total la pêche a rapporté 87 257 tonnes métriques de
morue dont 87 038 d'Islande et 219 de Terre-Neuve.
A la fin du siècle, Paimpol est un port morutier important dont l'ascension rapide et l'importance se
poursuivront encore au XX
e siècle.
De Boulogne et Dieppe partent respectivement 956 et 932 morutiers pendant le XIX
e siècle mais chacun
des ports suit une évolution propre. A Boulogne, les pêches se font presque uniquement en Islande jusqu'à 1878 et on
a totalisé 264 morutiers dont 238 en Islande, soit 90 %, et 26 sur les Bancs de Terre-Neuve soit 10 %. De 1879 à 1900,
692 bateaux sont affrétés et se partagent entre l'Islande, 36 morutiers soit 5 % et le Dogger Bank, 656 morutiers soit
95 %. Il y a donc eu un changement important des destinations de pêche à partir de 1879 bien que la pêche islandaise
ait connu de bonnes saisons au cours de cette période. Sans doute la proximité de la morue au Dogger Bank et les
deux époques de pêche que l'on pouvait y faire ont sensibilisé les pêcheurs de Boulogne qui ont ainsi rapporté 33 762
tonnes métriques, les meilleures pêches ayant lieu en 1882 et 1888. Après cette dernière année, le nombre de bateaux
diminue fortement, il passe de 111 bateaux en 1884 à 80 en 1887 puis à moins de 10 de 1896 à 1899. De 1818 à 1900
et pour les 56 années connues, on compte 274 morutiers en Islande, soit une moyenne de cinq morutiers par an, qui
ont rapporté 8 219 tonnes métriques de morue. De nombreuses données restent manquantes.
Les morutiers de Dieppe se partagent sur trois zones de pêche : le Grand-Banc et l'Islande jusqu'en 1880
puis le Grand-Banc et le Dogger Bank à la fin du siècle alors que le nombre de bateaux en pêche n'est plus que de
quelques unités par an. A Dieppe, 89 % des navires vont au Grand-Banc 9 % en Islande et 1% au Dogger Bank. Les
quantités pêchées ne sont connues que de 1875 à 1900. Les pêches sur le Grand-Banc rapportent 10 576 tonnes
métriques de morue, celles d'Islande 498 tonnes et celles du Dogger Bank 124 tonnes.
Deux ports envoient une centaine de morutiers en pêche au XIX
e siècle : Cancale et Bayonne. Cancale
commence la Grande Pêche à la fin du siècle avec 144 bateaux. Bayonne termine son évolution de port morutier avant
la guerre de 1870, avec 123 bateaux pour le siècle. Les quantités de morue rapportées par les morutiers de Bayonne
sont mal connues et les tonnages ne peuvent donner qu'une approximation avec 8 654 tonneaux en cent ans. Les
bateaux partis de Bayonne vont essentiellement au Grand-Banc pour 36 % et à Saint-Pierre-et-Miquelon pour 24 %. La
destination des 40 % restant n'est pas connue. Les morutiers de Cancale vont tous au Grand-Banc et de 1886, année
