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LA PRODUCTION
1870 à 1879 où l'on totalise 412 départs de bateaux en neuf ans. On observe aussi de très bonnes années, en 1854
avec 84 départs (La Morandière, 1962) et 1867 avec 104 (Revue Maritime et Coloniale, 1869).
Une bonne partie de la morue rapportée par les bateaux de Granville est déchargée, outre Granville, à
Bordeaux, Marseille et La Rochelle pour le poisson sec, et au Havre et à Dieppe pour la morue verte, (fig. 19).
Les Granvillais vont pêcher principalement dans la zone de Terre-Neuve, mais, depuis 1858, quelques
bateaux partent sur les côtes d'Islande jusqu'en 1876. En 1858, on y compte 6 navires, 3 en 1860, 4 en 1861, 6 en 1862
et 1863 (Revue Maritime et Coloniale de 1861 à 1864). Après 1876, la pêche en Islande n'a plus lieu, de nombreux
naufrages en seraient la cause.
Les deux ports de Saint-Brieuc et de Binic continuent leur évolution au cours de ce siècle et prennent
même un grand développement avec 2 452 départs de morutiers sur 100 ans. Pendant la période de guerre de 1800 à
1815, partent en pêche seulement treize morutiers. Ensuite, de 1816 à 1820, une vingtaine de bateaux par an vont à
Terre-Neuve, puis jusqu'à 1827 on ne peut évaluer la pêche par manque de données. De 1827 jusqu'à la fin du siècle, il
existe une série chronologique quasi complète (Archives Nationales Marine CC5) qui permet de comprendre l'évolution
de ces deux ports au cours du siècle. Pendant trente ans, jusqu'à 1857 les bateaux vont en pêche essentiellement à
Terre-Neuve.
A partir de 1858 où sept morutiers partent pour l'Islande, le beau temps exceptionnel de l'année 1860, la
maniabilité des goélettes et l'attrait de la morue verte qui se vend mieux que la morue sèche, font que de plus en plus
de morutiers vont pêcher en Islande. On en compte :
8 en 1860
13 en 1862
20 en 1863
28 en 1864
34 en 1867.
Jusqu'en 1876, le nombre de bateaux partant à Terre-Neuve reste supérieur à ceux partant en Islande puis la
tendance s'inverse à partir de cette année là :
30 bateaux à Terre-Neuve et 32 en Islande,
en 1878 : 30 à Terre-Neuve et 37 en Islande
en 1882: 25 à Terre-Neuve et 31 en Islande
en 1884: 22 à Terre-Neuve et 40 en Islande
en 1891 : 3 à Terre-Neuve et 23 en Islande.
A la fin du siècle, cette tendance se poursuit bien que le nombre de morutiers diminue fortement jusqu'à 20
bateaux au total en 1899 (Revue Maritime et Coloniale de 1877 à 1900).
Les quantités pêchées ne sont connues qu' à partir de 1875. En cinq ans, de 1875 à 1880,144 morutiers (25
031 tonneaux de jauge) et 7 215 tonnes métriques de morue sont revenus de Terre-Neuve. Ce qui fait une moyenne de
29 bateaux par an avec 5 000 tonneaux de jauge et 1 443 tonnes métriques de morue sèche. Pendant ces mêmes
années sont partis en Islande 147 bateaux jaugeant 17 570 tonneaux qui ont rapporté 9 469 tonnes métriques de morue
verte. Ce qui équivaut à une moyenne de 29 bateaux par an avec 3 514 tonneaux et 1 894 de morue verte. La pêche
paraissait donc intéressante en Islande. Les vingt dernières années du siècle sont partis à Terre-Neuve 200 morutiers et
en Islande 518. Ceux de Terre-Neuve ont rapporté 12 569 tonnes de morue sèche et ceux d'Islande 38 854 tonnes de
morue verte. L'orientation vers l'Islande des capitaines de pêche de Saint-Brieuc est peut-être due au fait que la morue
s'est montrée plus rare en 1862-63 à Terre-Neuve et au fait que de mauvaises pêches ont eu lieu aussi en 1877,1882
et 1889 (Revue Maritime et Coloniale des années concernées).
Fécamp et Paimpol sont les derniers ports morutiers importants au XIX
e siècle, d'où partent vers TerreNeuve ou vers l'Islande plus de 2 000 bateaux au cours du siècle. On compte 2 158 départs de Fécamp et 2 002 de
Paimpol. De nombreuses données manquent de 1800 à 1858 et les séries chronologiques retrouvées ne peuvent être
utilisées, au mieux, qu'à partir de 1859.
Ces deux ports ont un développement assez proche, soit peu de pêche au XVIII
e siècle, puis quelques
pêches morutières dans les premières années du siècle après les guerres napoléoniennes, ensuite une montée en
puissance de ces deux ports de morue verte, qui atteint 90 bateaux pour Fécamp et 76 pour Paimpol en une année. Au
cours de la seconde partie du siècle, de 1850 à 1899, on compte pour Fécamp, 1968 départs en pêche soit 339 589
tonneaux, et pour Paimpol, 1926 départs soit 180 892 tonneaux.
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