LA PRODUCTION
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métriques, 1856 avec 104 bateaux et 7 941 tonnes, 1858 avec 124 bateaux et 7 522 tonnes, 1860 avec 132 bateaux et
7 577 tonnes, 1862 avec 134 bateaux et 6 093 tonnes, 1868 avec 149 bateaux et 5 090 tonnes, 1879 avec 152 bateaux
et 6 583 tonnes. A partir de 1880, s'amorce le lent déclin de, le nombre de bateaux par an décroît progressivement : 97
en 1887 puis 96, 84, 76 etc et 81 en 1899 qui rapportent 3 604 tonnes de morue. La guerre de 1870 semble ne pas
avoir eu de répercussions sur les pêches, par contre celle de 1914-1918 portera le coup de grâce à la pêche morutière
de Dunkerque.
Saint-Malo est le second port morutier du XIX
e siècle avec 5 404 départs en pêche connus, dont 1 200 entre
1800 et 1850 et 2 704 pour la seconde moitié du siècle. Mais, de nombreuses données sont manquantes. Ainsi, de
1800 à 1859, elles sont éparses, proviennent de documents d'archives ponctuels et ne reflètent donc pas l'activité
morutière réelle du port. En 1827, 1828 et 1830, la source provient des Archives Nationales (série Marine, CC5), pour
quelques autres années des Archives d'llle-et-Vilaine. De 1860 à 1900, ce sont des informations annuelles plus fiables
mais parfois incomplètes tirées des statistiques de la Revue Maritime et Coloniale de la dernière moitié du siècle. Ainsi,
les quantités pêchées sont, pour la plupart, inconnues jusqu'en 1875 et partiellement entre 1891 et 1900, les tonnages
apparaissant plus souvent.
On estime que les guerres napoléoniennes ont eu une répercusion sur les activités morutières malouines,
mais rien n'est connu avant 1818 où 48 bateaux jaugeant 6 250 tonneaux partent dont 46 à Terre-Neuve et 2 au GrandBanc. Pour les années suivantes, on n'a que des données ponctuelles de l'ordre de 70 à 141 bateaux par an (Arch. Nat.
Marine CC5), ce qui est comparable avec les pêches de Dunkerque. Entre 1830 et 1842, on estime à 89 bateaux par an
en moyenne les effectifs terre-neuviers avec un tonnage annuel moyen de 11 700 tonneaux. Ensuite jusqu'à 1860, on a
des chiffres précis pour quelques années : 31 bateaux en 1847, 67 en 1849,141 en 1852, 84 en 1853.
A partir de 1860 et jusqu'à la fin du siècle, les données chronologiques sont fiables bien qu'il y ait quelques
manques dans les chiffres de production. De 1865 à 1874, on observe de 64 à 119 départs de morutiers par an soit une
moyenne de 76, jaugeant en moyenne et au total 10 545 tonneaux par an, les quantités pêchées ne sont pas connues.
La guerre de 1870 semble avoir eu peu d'influence sur l'activité morutière de Saint-Malo : en 1868 69 terre-neuviers
sont partis, en 1869 on en compte 68, en 1870 :64, en 1871 : 63 et en 1872 : 81. Les meilleures campagnes sont celles
de 1867 avec 119 morutiers en pêche et celles de 1874 avec 85 bateaux, la plus faible étant 1870. De 1874 à 1900 les
données sont correctes bien que les quantités pêchées de 1891 à 1900 ne concordent pas avec le nombre des
bateaux.
Pendant cette période de 25 ans, on compte 1 621 départs en pêche, correspondant à une moyenne
annuelle de 65 terre-neuviers dont le tonnage total moyen par an est de 8 587 tonneaux. De plus, on estime à 6 984
tonnes métriques de morue la production de 1875 à 1890 correspondant à une moyenne de 69 morutiers par an.
Pour l'ensemble du siècle, La Morandière (1966) pense que la pêche sédentaire nationale a donné des
signes de défaillance, au profit de la morue verte et le fléchissement de cette pêche à Saint-Malo est sensible comme
ailleurs à partir du milieu du siècle. Il est cependant difficile de mettre ceci en évidence à cause du manque de données
de la première moitié du siècle. On ne peut qu'observer de 64 à 119 morutiers annuellement de 1800 à 1867 et aux
environs de 62 de 1867 à 1900. Le fléchissement de la pêche est surtout perceptible dans les quinze dernières années.
Les Malouins vont toujours pêcher tout particulièrement sur les Bancs et sur les côtes de Terre-Neuve mais
aussi à Saint-Pierre-et-Miquelon où des liens se sont créés. Quelques navires cependant se dirigent vers l'Islande.
Granville arrive en troisième position dans l'ordre des ports morutiers au XIX
e siècle avec 2 731 bateaux
partis pêcher la morue, dont 1 056 au cours de la première moitié du siècle et 1 675 entre 1850 et 1900. Nous n'avons
pas de données de 1804 à 1813, ce qui correspond à la période des guerres napoléoniennes. Par contre, pour celle qui
a suivi, de 1815 à 1835, les chiffres sont suffisants pour estimer à 42 bateaux en moyenne par an, les départs en pêche,
la meilleure année étant 1827 avec 107 morutiers (La Morandière, 1962). Les tonnages, trop ponctuels, ne reflètent pas
la réalité de la pêche.
De 1836 à 1853, la majorité des données nous fait défaut à l'exception de 1841 et 1842 où on observe
respectivement 70 et 68 morutiers (Archives Nationales Marine CC5). Il est vraisemblable de supposer que les départs
annuels sont voisins de ces valeurs pendant ces dix sept années.
Par contre, nous avons retrouvé une série chronologique continue de 1854 à 1900, qui permet d'observer
une lente décroissance de l'activité morutière de Granville au cours de la seconde partie du siècle dont une des causes
est peut-être l'inadaptation de cette pêche effectuée par des chalutiers de taille insuffisante (La Morandière, 1962).
Cette décroissance se continue jusqu'à la Guerre de 1914. Au cours de ces quarante cinq ans, en moyenne 37
morutiers par an partent de Granville avec un tonnage moyen annuel de 5 338 tonneaux. La période optimale va de
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