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LA PRODUCTION
pèchent 32 514 tonnes métriques de morue. En 1918, la guerre provoque la suppression des armements qui reprennent
à partir de 1920, à raison de un à deux bateaux par an, en direction de l'Islande, juqu'à 1930. Ensuite, quelques navires
se rendent à Paimpol pour s'associer à des campagnes de pêche au Groenland. On peut cependant considérer que la
pêche morutière de Dunkerque se termine dans les années trente.
On compte 697 morutiers qui partent de Boulogne pêcher en Islande, à Terre-Neuve et sur le Dogger Bank
en mer du Nord, et rapportent 90 099 tonnes métriques de morue. A Boulogne, on observe une chute brutale des
armements après la Guerre de 1914-1918 puis, un état assez stationnaire des départs en pêche jusqu'en 1950.
Jusqu'en 1915 on dénombre 592 terreneuviers soit 37 bateaux en moyenne par an. De 1915 à 1918 la pêche s'arrête.
De 1919 à 1950, seulement 105 morutiers quittent Boulogne soit une moyenne de six bateaux par an pour les années
de paix.
Au total, 306 morutiers vont en Islande soit 44 % des bateaux qui pèchent 55 % de la production soit 49 478
tonnes métriques. A Terre-Neuve partent 128 terre-neuviers soit 18 % qui pèchent 37 803 tonnes métriques de morue
représentant 42 % de la pêche de Boulogne au cours du demi-siècle. Enfin, sur le Dogger Bank, vont 263 bateaux
(38 %) qui pèchent peu : 3 095 tonnes métriques et ne représentent que 3 % de la production. Boulogne est l'un des
rares port qui continuent une activité morutière après la Seconde Guerre mondiale.
Tous les morutiers de Cancale se rendent à Terre-Neuve en ce début de siècle, on en compte 329 qui
capturent 46 237 tonnes métriques de poisson. Jusqu'en 1911, une vingtaine de bateaux vont sur les bancs chaque
année, ensuite le nombre diminue fortement, de 1917 à 1929 on en compte de 1 à 5 par an en période de paix mais le
port cesse toute activité morutière en 1929.
De Saint-Brieuc et Binic partent 282 morutiers qui capturent 35 570 tonnes métriques. Sur ce total, 202
bateaux vont en Islande soit 72 % et 80 à Terre-Neuve soit 28 %. Ils rapportent d'Islande 19 644 tonnes métriques et de
Terre-Neuve 15 926 tonnes métriques. Les départs de morutiers vers l'Islande sont relativement soutenus jusqu'en
1910, de 11 à 20 par an, puis ils chutent en 1911 pour cesser définitivement en 1920. On observe de 1 à 10 bateaux par
an armant pour Terre-Neuve jusque 1920, quelques uns y repartent de 1925 à 1927, puis c'est l'arrêt de l'activité
morutière pour Saint-Brieuc et Binic.
Les trois derniers ports morutiers du XX
e siècle sont, par ordre d'importance, La Rochelle, Arcachon et Le
Havre.
Au XX
e siècle, La Rochelle semble renaître à la pêche morutière. En cinquante ans, 121 départs de
morutiers ont lieu et rapportent d'importantes quantités de morues chiffrées à 79 544 tonnes métriques. Les Rochelais
retournent principalement à Terre-Neuve où 82 bateaux, soit 68 %, rapportent 51 212 tonnes métriques de poisson. De
1930 à 1935, ils partent aussi vers le Groenland qui attire 25 bateaux, soit 21 % du total, qui pèchent 18 828 tonnes
métriques de morue. Enfin, 14 morutiers vont aussi en Islande soit 11 % et rapportent 9 504 tonnes métriques de
morue. En 1929, La Rochelle a été le port de débarquement de la morue du Groenland (Stat. de Pêche, 1930).
La pêche morutière à Arcachon est assez faible et s'arrête en 1932. On compte 76 morutiers au total, dont
54 vont à Terre-Neuve (soit 71 %), et pèchent 24 603 tonnes métriques de morue. En Islande, 19 bateaux (25 %)
partent entre 1900 et 1921 et rapportent 3 022 tonnes de morue, enfin trois bateaux représentant 4 % du total vont
pêcher au Groenland de 1929 à 1932 et reviennent avec 2 110 tonnes métriques de morue.
Le Havre peut être considéré comme le plus petit port morutier du XX
e siècle avec, en 38 ans, 50 morutiers
en pêche qui se répartissent en 33 à Terre-Neuve (66 %), 14 en Islande (28 %) et 3 au Groenland (6 %). Ces morutiers
ont rapporté au total 33 809 tonnes métriques de poisson soit 23 686 de Terre-Neuve, 7 244 d'Islande et 2 879 du
Groenland.
Enfin, le port commercial de Bordeaux occupe un peu une place à part, vis-à-vis des divers ports morutiers.
Il se trouve en dixième position dans l'ordre d'importance des captures avec 225 morutiers en cinquante ans. Mais c'est
surtout un grand port de débarquement de la morue de Terre-Neuve.
La pêche proprement dite s'y fait sur les trois lieux habituels : Terre-Neuve, Islande et Groenland. On estime
que 186 bateaux partent de Bordeaux à Terre-Neuve de 1915 à 1950. On ne connaît pas de pêche entre 1900 et 1915.
Les terre-neuviers rapportent 185-460 tonnes métriques soit 88 % de la production du port. D'Islande, 25 bateaux
reviennent avec 13 583 tonnes métriques correspondant à 7 % des captures, fin. Au Groenland, 14 bateaux pèchent,
entre 1931 et 1938,10 613 tonnes, soit 5 % du total, qui se monte à 209 656 tonnes métriques de morue.
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