LA PRODUCTION
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raison de 1 à 13 bateaux par an. Parfois, la flottille est plus importante et atteint 49 morutiers en 1559, 29 en 1561, 44
en 1564, 42 en 1565 et 15 en 1598 (Trocmé et Delafosse, 1952). La production de La Rochelle est estimée à 25 216
tonnes métriques essentiellement en morue sèche.
Bordeaux commence vers 1526 à envoyer deux bateaux en pêche et continue par la suite à armer
régulièrement entre deux et dix morutiers selon les années. Les meilleures sont 1546 avec 22 bateaux 1549 avec 21,
1565 avec 38,1575 avec 18 et 1585 avec 47 (Bernard 1968). Au total, 195 morutiers quittent Bordeaux, dont on estime
le tonnage à 18 915 tonneaux et la production à 18 347 tonnes métriques (fig. 8). Pendant tout le XVI
e siècle, Bordeaux
est un port de pêche et de commerce de morue sèche, qui évoluera au siècle suivant en un grand port de décharge
(débarquement de morue).
Pour Honfleur (fig. 9), débute l'évolution de ce port morutier qui s'affirmera tout au long du siècle suivant,
puis encore au XVII
e siècle et s'arrêtera définitivement en 1789. Un morutier quitte Honfleur en 1520, puis quatre en
1564. Entre ces deux années, il est vraisemblable que des départs en pêche ont eu lieu fréquemment mais les données
manquent. Après 1564, le nombre de morutiers se maintient régulièrement : 17 en 1577, 11 en 1578 et 1579, 15 en
1582, 10 en 1597 (Bréard, 1899). On estime que le tonnage global des morutiers a été de 11 737 tonneaux pour le
siècle, la production étant de l'ordre de 11 385 tonnes métriques.
Des Sables d'Olonne et d'Olonne partent 108 morutiers. Quelques uns vont à Terre-Neuve en 1543,1549,
1571, et il y aurait eu 100 départs en 1596 (La Morandière, 1962). Nous estimons donc à 10 476 le tonnage de ces
bateaux et à 10 162 tonnes métriques la production de poisson rapportée en France.
Les autres ports, encore peu actifs au XVI
e siècle sont au nombre de six, Fécamp envoie 32 morutiers en
pêche entre 1520 et 1595, avec une bonne année en 1564 où partent 11 unités de pêche.
On compte 21 morutiers au Havre, 25 en 1565 au Croisic, 14 à Granville en 1552, 8 à Saint-Malo en
1565/66, 4 à Saint-Brieuc/Binic et Bayonne. Huit autres ports envoient un ou quelques navires à Terre-Neuve : Saint
Valéry, Harfleur, Régneville, Coutances, Lannion, Saint-Pol-de-Léon, Ploemeur et Ré.
• Le XVII
e siècle marque l'essor de la "Grande Pêche" par une forte augmentation des départs de terrreneuviers. Sur les lieux de pêche, on assiste à la concentration de la pêche sédentaire dans certaines régions et à la
création de colonies de pêcheurs, notamment à la fin du siècle, bien que sévisse toujours un climat froid avec une
avancée importante des glaces polaires (Lamb, 1979). L'Etat par ailleurs, encourage la formation de matelots. Au XVII
e
siècle, se pose la question de l'hégémonie maritime en Europe entre la France et l'Angleterre, il est donc important de
disposer d'un grand nombre de matelots endurcis.
Les facteurs politiques comme la guerre de la Ligue d'Augsbourg de 1688 à 1697 perturbent de façon
importante les campagnes de pêche et surtout les colonies de pêcheurs de Terre-Neuve, notamment à Plaisance qui
est dévastée. D'autres facteurs, comme la Révocation de l'Edit de Nantes en 1685, portent un coup très dur au
commerce terre-neuvier de Nantes, La Rochelle et le Havre, de nombreux armateurs quittent ces régions. Le trafic
morutier augmente cependant considérablement (fig. 10). De 1600 à 1650,1 323 bateaux partent en pêche, de 1650 à
1700 on en compte 3 021 soit un total de 4 344 terre-neuviers pour le siècle, correspondant à une forte augmentation
par rapport au XVI
e siècle.
Jusqu' à 1660, les départs vers Terre-Neuve sont réguliers et en augmentation nette par rapport aux périodes
antérieures. On observe des pics d'abondance, en 1617 avec 133 morutiers, en 1620 avec 118, en 1627 avec 159. De
1654 à 1662, nous n'avons que très peu de données sur les pêches de morue. La deuxième moitié du siècle est mieux
connue, les morutiers sont de plus en plus nombreux. Dès 1662, on note un pic de 125 bateaux puis l'inventaire Colbert
de 1664 indique avec précision 345 morutiers répertoriés. Par la suite, les départs annuels oscillent pour la plupart entre
la dizaine et plus de 100 navires. Certaines années, les départs sont importants, ainsi en 1675,145 morutiers partent en
pêche, en 1681 on en compte 162 et 247 en 1687. La guerre de la Ligue d'Augsbourg fait chuter les départs entre 1689
et 1697. La fin du siècle est de nouveau une période de pêche active avec 192 morutiers en 1698 et 165 en 1699.
Cependant les données que nous avons recensés sur les tonnages ne correspondent pas réellement au nombre de v
morutiers partis en pêche, par ailleurs, la production de morues est pratiquement inconnue.
Entre 1600 et 1650, on estime le tonnage des 1 323 morutiers à 152 145 tonnes métriques. Par rapport au
demi-siècle précédent, le nombre des morutiers a augmenté de 58 %, le tonnage et la production de 87 %. Pour la
seconde moitié du XVII
e siècle, on a répertorié 3 021 unités de pêche, l'estimation du tonnage est de 347 415 tonneaux
et la production de 336 992 tonnes métriques. En comparant avec la première moitié du siècle, la pêche traduit un
accroissement de bateaux, tonnage et production, de 128 %. D'un siècle à l'autre, l'augmentation du nombre des
morutiers est de 277 % ce qui accroît les tonnages et la production de 347 % en cent ans (tab. 4).
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raison de 1 à 13 bateaux par an. Parfois, la flottille est plus importante et atteint 49 morutiers en 1559, 29 en 1561, 44
en 1564, 42 en 1565 et 15 en 1598 (Trocmé et Delafosse, 1952). La production de La Rochelle est estimée à 25 216
tonnes métriques essentiellement en morue sèche.
Bordeaux commence vers 1526 à envoyer deux bateaux en pêche et continue par la suite à armer
régulièrement entre deux et dix morutiers selon les années. Les meilleures sont 1546 avec 22 bateaux 1549 avec 21,
1565 avec 38,1575 avec 18 et 1585 avec 47 (Bernard 1968). Au total, 195 morutiers quittent Bordeaux, dont on estime
le tonnage à 18 915 tonneaux et la production à 18 347 tonnes métriques (fig. 8). Pendant tout le XVI
e siècle, Bordeaux
est un port de pêche et de commerce de morue sèche, qui évoluera au siècle suivant en un grand port de décharge
(débarquement de morue).
Pour Honfleur (fig. 9), débute l'évolution de ce port morutier qui s'affirmera tout au long du siècle suivant,
puis encore au XVII
e siècle et s'arrêtera définitivement en 1789. Un morutier quitte Honfleur en 1520, puis quatre en
1564. Entre ces deux années, il est vraisemblable que des départs en pêche ont eu lieu fréquemment mais les données
manquent. Après 1564, le nombre de morutiers se maintient régulièrement : 17 en 1577, 11 en 1578 et 1579, 15 en
1582, 10 en 1597 (Bréard, 1899). On estime que le tonnage global des morutiers a été de 11 737 tonneaux pour le
siècle, la production étant de l'ordre de 11 385 tonnes métriques.
Des Sables d'Olonne et d'Olonne partent 108 morutiers. Quelques uns vont à Terre-Neuve en 1543,1549,
1571, et il y aurait eu 100 départs en 1596 (La Morandière, 1962). Nous estimons donc à 10 476 le tonnage de ces
bateaux et à 10 162 tonnes métriques la production de poisson rapportée en France.
Les autres ports, encore peu actifs au XVI
e siècle sont au nombre de six, Fécamp envoie 32 morutiers en
pêche entre 1520 et 1595, avec une bonne année en 1564 où partent 11 unités de pêche.
On compte 21 morutiers au Havre, 25 en 1565 au Croisic, 14 à Granville en 1552, 8 à Saint-Malo en
1565/66, 4 à Saint-Brieuc/Binic et Bayonne. Huit autres ports envoient un ou quelques navires à Terre-Neuve : Saint
Valéry, Harfleur, Régneville, Coutances, Lannion, Saint-Pol-de-Léon, Ploemeur et Ré.
• Le XVII
e siècle marque l'essor de la "Grande Pêche" par une forte augmentation des départs de terrreneuviers. Sur les lieux de pêche, on assiste à la concentration de la pêche sédentaire dans certaines régions et à la
création de colonies de pêcheurs, notamment à la fin du siècle, bien que sévisse toujours un climat froid avec une
avancée importante des glaces polaires (Lamb, 1979). L'Etat par ailleurs, encourage la formation de matelots. Au XVII
e
siècle, se pose la question de l'hégémonie maritime en Europe entre la France et l'Angleterre, il est donc important de
disposer d'un grand nombre de matelots endurcis.
Les facteurs politiques comme la guerre de la Ligue d'Augsbourg de 1688 à 1697 perturbent de façon
importante les campagnes de pêche et surtout les colonies de pêcheurs de Terre-Neuve, notamment à Plaisance qui
est dévastée. D'autres facteurs, comme la Révocation de l'Edit de Nantes en 1685, portent un coup très dur au
commerce terre-neuvier de Nantes, La Rochelle et le Havre, de nombreux armateurs quittent ces régions. Le trafic
morutier augmente cependant considérablement (fig. 10). De 1600 à 1650,1 323 bateaux partent en pêche, de 1650 à
1700 on en compte 3 021 soit un total de 4 344 terre-neuviers pour le siècle, correspondant à une forte augmentation
par rapport au XVI
e siècle.
Jusqu' à 1660, les départs vers Terre-Neuve sont réguliers et en augmentation nette par rapport aux périodes
antérieures. On observe des pics d'abondance, en 1617 avec 133 morutiers, en 1620 avec 118, en 1627 avec 159. De
1654 à 1662, nous n'avons que très peu de données sur les pêches de morue. La deuxième moitié du siècle est mieux
connue, les morutiers sont de plus en plus nombreux. Dès 1662, on note un pic de 125 bateaux puis l'inventaire Colbert
de 1664 indique avec précision 345 morutiers répertoriés. Par la suite, les départs annuels oscillent pour la plupart entre
la dizaine et plus de 100 navires. Certaines années, les départs sont importants, ainsi en 1675,145 morutiers partent en
pêche, en 1681 on en compte 162 et 247 en 1687. La guerre de la Ligue d'Augsbourg fait chuter les départs entre 1689
et 1697. La fin du siècle est de nouveau une période de pêche active avec 192 morutiers en 1698 et 165 en 1699.
Cependant les données que nous avons recensés sur les tonnages ne correspondent pas réellement au nombre de v
morutiers partis en pêche, par ailleurs, la production de morues est pratiquement inconnue.
Entre 1600 et 1650, on estime le tonnage des 1 323 morutiers à 152 145 tonnes métriques. Par rapport au
demi-siècle précédent, le nombre des morutiers a augmenté de 58 %, le tonnage et la production de 87 %. Pour la
seconde moitié du XVII
e siècle, on a répertorié 3 021 unités de pêche, l'estimation du tonnage est de 347 415 tonneaux
et la production de 336 992 tonnes métriques. En comparant avec la première moitié du siècle, la pêche traduit un
accroissement de bateaux, tonnage et production, de 128 %. D'un siècle à l'autre, l'augmentation du nombre des
morutiers est de 277 % ce qui accroît les tonnages et la production de 347 % en cent ans (tab. 4).
